06 février 2018

J'adopte l'île Hans


Un rocher polaire plus qu’une véritable île, que le Canada et le Danemark se disputent, et qui est au cœur du projet Hans Universalis. L’objectif ?  Que l’île obtienne le statut de terre dédiée à notre humanité et à notre conscience, une terre n’appartenant à aucun État, que tout le monde peut adopter.

À travers son voyage en kayak de mer vers le cercle arctique, l’aventurier veut nous informer sur les enjeux politiques et écologiques de notre monde : l’île Hans pourrait alors devenir une des clés de notre avenir climatique.
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http://www.hansuniversalis.org/proteger_hans.html


VOUS ÊTES ICI CHEZ VOUS...



INFORMATIONS PRATIQUES
- L’île Hans étant depuis toujours inhabitée, prévoyez l’autonomie totale : tente, réchaud, sac de couchage « grand froid », ainsi qu’un fusil pour se protéger des plantigrades, et une balise de détresse en cas de petit imprévu.
- Vous l'avez compris, il n'y a pas d'hébergement. Pas de route non plus, ni aérienne, ni maritime. Pas âme qui vive à moins de quatre cents kilomètres. Rien, quoi !
- Un défaut dans l’équipement ne pardonnera pas : avec une température hivernale qui peut descendre à -60°C (avec le vent) votre espérance de vie ne dépasserait pas quelques minutes. Vous pouvez surveiller la température qu'il fait sur l'île Hans un peu plus haut sur cette page.
- En saison hivernale, préférez l’avion affrété au départ de Resolute, au Canada. La réservation est pratiquement impossible pendant la nuit permanente pour des raisons de sécurité et la plupart des pilotes sont en Antarctique. La banquise environnante n’est pas propice à un atterrissage. Si vous y tenez vraiment, vous serez déposé au début du printemps à 220 kilomètres au sud, et vous finirez le trajet à pied. Budget prévisionnel : 45 000 euros
- En été, en voilier ou en kayak depuis Qaanaaq, au Groenland. Personne n’a encore réussi à atteindre l’île Hans par ses propres moyens, ou n’en est revenu. Tentez votre chance !
- Pour être sûr de réussir votre voyage, vous pouvez affréter un brise-glace, l’Amundsen par exemple, pour la modique somme de 55 000 dollars… par jour.
- Maintenant que vous êtes arrivé, survivez comme vous pouvez. Vous constaterez qu’il n’y a rien à voir, hormis deux mâts avec chacun un drapeau métallique. Évitez de déclencher la balise de détresse : vous n’êtes pas à portée d’hélicoptère. Vous récupérer, si la météo le permet, prendrait au moins 72 heures. En outre, rares sont les compagnies d’assurance qui accepteront de vous couvrir, et une opération de sauvetage vous endetterait pour trente ans.
- Surtout, ne laissez rien : pour que cette île continue d’appartenir à chacun, il ne faut rien y placer qui puisse la réduire à la démarche de quelque Nation, groupe ou individu que ce soit. Vous constaterez en moins d’une journée que vous n’avez rien à faire ici. Faites donc comme si vous n’étiez jamais venu.
- Il n'y a pas de formalités administratives.
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 À mille kilomètres du pôle Nord, l'île Hans possède un intérêt stratégique pour le pays qui en obtiendrait le contrôle : elle est le point de passage obligé de la route maritime qui s'ouvrira quand les banquises de l'océan Glacial auront terminé de fondre...

Coup de coeur pour le nom de ce site... et son contenu


https://zerocarabistouille.be


https://zerocarabistouille.be/

Le quotidien d'une famille.be vers le zéro déchet

Zéro quoi ?

Articles à la Une :
En route vers le zéro déchet !

Si comme nous, vous en avez marre qu’on vous raconte des carabistouilles au travers de publicités, de méthodes commerciales … notre aventure zéro déchet devrait vous plaire !

03 février 2018

Pour que l’agriculture contribue à éviter le chaos climatique et financier

Coup de coeur :

"Et si préserver notre climat était l’un des meilleurs moyens d’endiguer la prochaine crise financière ? Pour sauver les banques, on a mis 1 000 milliards. Pourquoi ne pas mettre 1 000 milliards pour sauver le climat ? Pour diviser par 4 les émissions de CO2, dégonfler la bulle financière et créer plus de 5 millions d’emplois." (Bruno Parmentier)

"Nous ne pouvons pas rester sans agir. Aujourd’hui, l’esprit se révolte contre le sort qui est promis à l’homme. Nous n’acceptons pas que l’humanité se dirige, sans réagir, vers le chaos climatique…" : un appel solennel a été lancé par des économistes, des responsables politiques, artistes, philosophes, syndicalistes, etc. relayé dans le journal Le Monde.
Extraits de l'article http://s365327531.onlinehome.fr/2017/12/21/pour-que-lagriculture-contribue-a-eviter-le-chaos-climatique-et-financier/

Lire de larges extraits sur mon site de l'ARC EN CIEL 





Les propositions de Bruno Parmentier sur la question Agriculture, alimentation et réchauffement climatique, font l’objet d’une annexe du livre "Pour éviter le chaos climatique et financier."




Pour voir directement sur Youtube : https://youtu.be/rbaECasZd5g

Victoire!! Fermeture du plus grand marché d'ivoire!

Un message reçu d'AVAAZ : 
 Chères amies, chers amis, 

Le plus grand marché d'ivoire vient de fermer!! Et notre mouvement a joué un rôle crucial dans ce combat! 

Hong Kong représente un gigantesque marché d'ivoire -- responsable de la disparition de dizaines de milliers d'éléphants. Alors que ces incroyables créatures se rapprochent chaque jour davantage de l'extinction, les membres d'Avaaz ont lancé une immense pétition, envoyé des milliers de messages aux législateurs de Hong Kong, convaincu certains de rejoindre la campagne, et déclenché une véritable tempête médiatique juste avant le vote -- des législateurs ont même brandi les pancartes de notre campagne pendant le débat! 

Et cette semaine, nous avons gagné!!!
Remise de l'appel de 1,1 million de personnes pour l'interdiction du commerce de l'ivoire aux législateurs de Hong Kong avant le vote
Tout d'abord, nous avons été plus d'un million à signer une pétition demandant l'interdiction de l'ivoire. Un législateur influent nous a contactés pour discuter de cette campagne juste après son lancement -- nous avons vraiment attiré leur attention!

La semaine dernière, nous avons reçu un email urgent de la part d'activistes hongkongais nous avertissant que le gouvernement allait organiser un vote sur l'interdiction de l'ivoire dans un délai de cinq jours. Nous nous sommes tout de suite mis en action:
Nous avons saturé les réseaux sociaux de Hong Kong avec une vidéo de nos amis de WildAid Hong Kong où la vedette chinoise Li Bing Bing expose les terribles conséquences du commerce de l'ivoire.
Puis nous avons publié un bel encart publicitaire dans le plus grand quotidien de Hong Kong le jour du vote, rappelant aux législateurs que l'avenir des éléphants était entre leurs mains.
Dans la foulée, des milliers de membres d'Avaaz ont envoyé des messages aux législateurs pour les appeler à voter en faveur d'une interdiction.
Juste avant leur vote, les membres d'Avaaz ont participé à une manifestation haute en couleurs, organisée par d'autres activistes.


"Le soutien de plus d'un million de personnes du monde entier a pesé lourd au moment du vote. Merci aux membres d'Avaaz!"
Alex Hofford, WildAid Hong Kong

Enfin, lors du débat précédant le vote, une des législatrices soutenant l'interdiction a brandi une version géante de notre encart, prouvant à tous que le monde entier suivait ce qu'il se passait!
 

"Cea nous a vraiment aidés de pouvoir faire entendre un million de voix lors du débat précédant le vote. Le monde entier était avec nous, et cela a fait une vraie différence."
Hon. Elizabeth Quat, législatrice à Hong Kong

Nous avons fini par l'emporter largement!

 
Partout dans le monde, les médias ont qualifié ce vote d'historique -- le plus grand marché d'ivoire au monde est désormais condamné à cesser ses activités!
 
Comme souvent lors des campagnes d'Avaaz, nous n'étions pas seuls. Ce résultat historique n'a été possible que grâce à des années de campagnes menées par WildAid et d'autres organisations, ainsi que grâce à un groupe de législateurs passionnés qui s'est battu pour que le vote ait lieu.

Aujourd'hui, grâce à chacun d'entre nous, les braconniers et les marchands d'ivoire sont furieux, et les majestueux éléphants ont gagné une chance de survie. Je suis tellement heureux pour la planète, mais aussi de manière très personnelle pour ma propre famille. Je viens de devenir papa, et aujourd'hui j'ai l'espoir que mon enfant vive un jour cette expérience inoubliable d'observer des éléphants dans la nature.

Avec gratitude et fierté pour tout ce que nous avons construit ensemble,

Bert et toute l'équipe d'Avaaz

P.S. Nous avons remporté une victoire à Hong Kong -- mais en Europe, il y a encore des marchés d'ivoire que nous devons fermer. Cliquez ici et ajoutez aussi votre nom à cette campagne!
Qui est Avaaz ? VOIR ici

28 novembre 2017

Une image qui parle toute seule

J'ai repris une image publiée par le Centre Culturel Arabe en Pays de Liège à l'occasion d'une conférence de Hassan Al Balawi, Diplomate palestinien auprès de l'Union Européenne, la Belgique et le Luxembourg


09 novembre 2017

La culture sur butte Sandwich, à la portée de tous

"On vit une époque formidable !"

Robert Morez, avec Terre et Humanisme, présente la culture sur butte Sandwich.

Un de mes coup de coeur !





https://youtu.be/oHFF_D7MaP8

Visiter aussi la chaîne Terre et Humanisme sur Youtube :

25 juillet 2017

JEFTA : un accord à rééquilibrer


Une opinion d'Arnaud Zacharie (secrétaire général du Centre national de coopération au développement CNCD-11.11.11.) et Michel Cernak (chargé de recherche au CNCD-11.11.11.).

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Japon (Jefta) deviendrait l’accord de commerce et d’investissement le plus important à ce jour. Mais plusieurs points sensibles restent encore à négocier.

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Japon (Jefta), dont une première conclusion politique a été officialisée ce 6 juillet 2017, comporte des opportunités pour les secteurs d’exportation, en particulier pour les exportations européennes de produits agricoles et les exportations japonaises d’automobiles.

Toutefois, le Jefta représente une nouvelle version d’accord de nouvelle génération, sur le modèle du Ceta (Union européenne-Canada), dont le champ d’application dépasse les seules barrières tarifaires. Négocié dans le plus grand secret, il comporte un chapitre sur la clause d’arbitrage investisseur-Etat, dans une version plus favorable aux investisseurs étrangers que dans le Ceta, mais ne comporte pas de mécanisme de sanctions en cas de non-respect des normes sociales et environnementales. Il garantit donc les droits des firmes transnationales, mais ne garantit pas le respect des normes sociales et environnementales. C’est pourquoi plusieurs conditions doivent être remplies avant toute décision de signature du Jefta.

Le Jefta couvre un tiers de l’économie mondiale, ce qui en ferait le plus important accord de commerce et d’investissement à ce jour. L’annonce de ce 6 juillet ne concerne que la "conclusion politique" de la négociation, tandis que plusieurs points sensibles sont encore à négocier (notamment concernant la clause d’arbitrage et la protection du droit à la vie privée dans les échanges de données personnelles). La signature pourrait ne pas intervenir avant au moins un an. Etant donné qu’il comporte un chapitre sur la clause d’arbitrage, il requiert la ratification des Etats membres, tel que l’a stipulé en mai 2017 l’arrêt de la Cour européenne de Justice sur l’accord Union européenne-Singapour.

Plus problématique que le Ceta

Le Jefta comporte une clause d’arbitrage investisseur-Etat très avantageuse pour les firmes transnationales. Dans le cas du Ceta, la Commission européenne avait promu un mécanisme nommé "ICS" (Investment Court System) plutôt que le traditionnel "ISDS" (Investor-to-State Dispute Settlement), afin d’apporter certaines améliorations. Elle s’était par ailleurs engagée à promouvoir l’instauration d’une Cour multilatérale permanente sur l’investissement. Or le Japon a fait savoir qu’il ne voulait pas de l’ICS. Les négociations pourraient dès lors déboucher sur une clause d’arbitrage plus problématique que dans le Ceta. Quoi qu’il en soit, le Jefta permettrait aux firmes transnationales d’attaquer les Etats pour "expropriation indirecte" si elles estiment que leurs profits sont affectés par l’adoption de législations sociales, environnementales ou sanitaires.
Rappelons par ailleurs que dans les cas du Ceta et du TTIP, l’argument avancé pour intégrer une clause d’arbitrage était que le Canada et les Etats-Unis avaient déjà signé par le passé des accords bilatéraux avec des Etats membres de l’Union européenne comportant une clause ISDS - et qu’un mécanisme ICS aurait dès lors pour effet de remplacer l’ISDS par un dispositif amélioré. Or, dans le cas du Jefta, aucun accord bilatéral n’existe entre le Japon et un Etat membre de l’Union européenne.

Pas de normes sociales

A contrario, le Japon, tout comme l’Union européenne, le Canada et les Etats-Unis, dispose d’un système juridique parmi les plus performants au monde. Rien ne justifie dès lors l’existence d’une clause d’arbitrage permettant d’outrepasser les juridictions nationales en cas de différend. D’autant que la légalité de cette clause est sujette à caution et que la Cour européenne de Justice doit se prononcer à ce sujet sur base d’une question posée par la Belgique - tel que stipulé par l’accord intra-belge sur le Ceta.
En outre, le chapitre sur le développement durable du Jefta ne comporte pas de normes sociales et environnementales contraignantes, puisqu’aucun mécanisme de sanction n’est prévu au cas où ces normes ne seraient pas respectées. Il s’agit donc une nouvelle fois d’un accord déséquilibré : alors que les firmes transnationales disposent de droits contraignants grâce à la clause d’arbitrage, il n’en est rien pour les normes sociales et environnementales. La Commission européenne reste sourde aux demandes de la société civile.

Refus de la mondialisation débridée

Enfin, le Jefta procède, tout comme le Ceta, à la libéralisation des services via un système dit de "listes négatives", ce qui signifie que tous les services sont libéralisés, à la seule exception des secteurs explicitement cités en annexe du traité - contrairement aux "listes positives" de l’OMC qui ne libéralisent que les secteurs explicitement engagés. Les services d’intérêt général pourraient donc être menacés de libéralisation par le Jefta s’ils ne sont pas explicitement protégés.
C’est pourquoi plusieurs conditions doivent être remplies avant toute décision de signature du Jefta. En particulier, il est nécessaire de garantir une hiérarchie des normes donnant la primauté aux droits humains et aux normes sociales et environnementales sur les droits des investisseurs, via des dispositions en ce sens dans l’accord. Cela implique notamment de rendre contraignant le chapitre sur le développement durable par l’introduction d’un mécanisme de sanctions, de refuser l’intégration d’une clause d’arbitrage, d’adopter l’approche des listes positives pour la libéralisation des services et de garantir la protection des services publics d’intérêt général.

Faire des accords de commerce et d’investissement un levier au service des objectifs de développement durable des Nations unies, dont le suivi sera opéré à New York du 10 au 19 juillet, nécessite de refuser aussi bien le repli sur soi protectionniste que la mondialisation débridée, au profit d’échanges encadrés par des normes sociales et environnementales véritablement contraignantes. Il est regrettable que la Commission européenne s’obstine à ne pas le comprendre.

Contribution externe publiée dans La Libre le vendredi 14 juillet 2017 
Voir l'original : http://www.lalibre.be/debats/opinions/jefta-un-accord-a-reequilibrer-opinion-596791b7cd706e263ec9622e

22 juillet 2017

Les nouveaux OGM et la bio : enjeux paysans et citoyens

Les agriculteurs bio refusent tous les OGM, anciens comme nouveaux. Découvrez pourquoi ! 
Interview de Daniel Evain, maraîcher bio dans l'Essonne, secrétaire national OGM à la FNAB.



Pour mieux comprendre :
Qu'est-ce que la mutagenèse ?

Ces documents sont issu du site inf'OGM, veille citoyenne d'information sur les OGM et les semences.

14 juin 2017

Chaîne humaine contre le nucléaire : on était 50.000 !

• Voir les résultats : 
REACTION EN CHAINE à TIHANGE

• L'ANNONCE :
Le dimanche 25 juin 2017 de 14 à 15h, se formera la grande Chaîne humaine ! Elle s'étendra sur 90 km partant de Tihange pour arriver à Aix-la-Chapelle en passant par Liège et Maastricht. Le message porté par ses maillons sera celui de l'arrêt immédiat des centrales nucléaires épuisées Tihange 2 et Doel 3. Ce rassemblement se composera de personnes originaires de trois pays et de langues différentes qui protesteront main dans la main pour ce but commun. 

Avec cette Chaîne humaine regroupant un maximum de citoyens, il s’agira de donner ensemble un signal visible et fort de la menace qui pèse sur des millions de personnes en Europe. Il est plus que temps d’agir !
CHAQUE MÈTRE COMPTE ! – Nous avons besoin de TOI !
Ce n’est qu’ensemble que nous arriverons à faire de la Chaîne humaine une réalité.
Afin de remplir les 90km, les personnes seront réparties sur la chaîne en fonction de leur lieu de résidence ou de l’organisation avec laquelle ils s’inscrivent.

09 juin 2017

Une jeune fille de 90 ans


Coup de coeur pour une ressurgence de la vie en gériatrie.Retour ligne automatique
Comment la danse, comme le mandala, peut redonner vie à des personnes figées par l’une ou l’autre forme de démence. Miracle de la vie qui remonte à la surface dans des corps que l’esprit semble avoir bloqué.Retour ligne automatique
Valeria Bruni Tedeschi et Yann Coridian filment la résurgence des sentiments que produit chez des patients atteints de démence sénile la présence d’un chorégraphe.
C’était sur Arte le mercredi 7 juin à 20 h 55.Retour ligne automatique
Malheureusement, en Belgique, il nous est impossible de revoir le film.Retour ligne automatique
Voici ce qu’en dit LE MONDE du 07.06.2017

{{Comme le prince charmant, Thierry Thieû Niang arrive dans le château endormi pour le réveiller. Chorégraphe enclin à franchir les frontières (il a souvent travaillé au théâtre, entre autres avec Patrice Chéreau), il anime deux journées à Ivry-sur-Seine dans le service de gériatrie de l’hôpital Charles-Foix. Valeria Bruni Tedeschi et Yann Coridian, les réalisateurs, Hélène Louvart, l’opératrice, le filment dansant ­devant et surtout avec les patients, souvent atteints d’une forme ou une autre de démence.}}

S’il ne s’agissait que de cela – voir des corps affaissés sur des fauteuils roulants reprendre conscience d’eux-mêmes, des regards éteints se rallumer, entendre des paroles enfouies remonter à la surface –, ce film, qui a été présenté dans nombre de festivals, à commencer par celui de Locarno en 2016, aurait déjà trouvé sa raison d’être.

Pour une fois, le regard porté sur la démence sénile ne suit pas le mouvement descendant de la perte de la mémoire puis de la conscience, mais part en prospection à la recherche de pépites – souvenirs, expressions, gestes –, que la seule présence du chorégraphe sort de leur gangue : les larmes d’une vieille dame d’origine asiatique, que l’on aurait crue catatonique, les bonnes histoires d’une autre, qui préservera jusqu’à son dernier mot un accent parisien en voie de disparition… Tout ce que la routine de l’internement, de la vie hospitalière tend à masquer est évident, par la grâce de la musique et de la danse.

Et, en plus, il y a Blanche, la jeune fille du titre. Elle a 90 ans, elle est belle et triste. Elle tombe amoureuse de Thierry Thieû Niang, d’un coup, absolument. Ce qui se passe entre l’homme au corps presque parfait et la femme qui n’est plus maîtresse de ses mouvements va au-delà de l’incident amusant, de l’histoire que se raconteront les soignants pendant des semaines. L’attachement que forme Blanche est violent, douloureux, comme n’importe quelle histoire d’amour.

Le chorégraphe est bouleversé, mais aussi – et la caméra le saisit parfaitement – un peu accablé par cette responsabilité, qui s’abat sur lui à l’improviste. Pour lui, Blanche sort de sa torpeur, de sa résignation. Son esprit altéré par la maladie retrouve des éclairs de lucidité qui semblent la porter aux nues avant de l’abattre dans une tristesse sans fond. Ce qui a commencé comme une promenade au fond des bois de la fin de vie devient une tragédie amoureuse, un peu comme si le roi Lear s’invitait chez Roméo et Juliette.
http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/06/07/tv-une-jeune-fille-de-90-ans-coup-de-foudre-en-geriatrie_5140147_1655027.html

Si vous avez vu ce documentaire très émouvant, vous serez peut-être intéressé à voir la vidéo où Valeria Bruni Tedeschi et Thierry Thieû Niang s'expliquent :



Et il y a aussi, sur Youtube, cet interview où Valeria Bruni Tedeschi explique avec délicatesse les implications morales et artistiques de ce documentaire :
https://youtu.be/5CKxpXY-fnQ

29 novembre 2016

Un visage, une histoire

























 Une exposition à HUY, à l'initiative de Dora-Dorës

Les difficultés d'intégration socioprofessionnelle de femmes et d'hommes issus de l'immigration - témoignages.

Un projet imaginé et conçu par Paola Guillen, animatrice de l'ASBL Dora Dorës *

1. Le contexte
2. Le projet
3. Ce qu'en dit Paola
4. Et bientôt une rencontre-débat, à Huy (Hôtel de Ville), le jeudi 15 décembre à 19h. ; "Venus d'ailleurs... Où sont passées nos compétences ?" 
5. Textes en marge de l'exposition

1. Le contexte ...

Plus d'une centaine de femmes et d'hommes étudient le français langue étrangère à l'ASBL Dora Dorës. Outre cette offre de formation, l'équipe de Dora Dorës accompagne au quotidien les femmes et les hommes qui fréquentent l'ASBL : elle écoute leurs témoignages et les difficultés qu'ils rencontrent, elle les guide dans leurs démarches professionnelles et leur intégration sociale, elle organise une permanence juridique ...

Ce travail de terrain a fortement sensibilisé le personnel de Dora Dorës à la problématique de ces hommes et de ces femmes dont un grand pourcentage a une formation professionnelle dans son pays d' origine. C'est d'ailleurs dans ce questionnement que se trouve l'origine de l'ASBL. En 2003, Hamide Canolli, elle-même issue de l'immigration, a créé Dora Dorës pour contribuer à la reconnaissance des migrants. Elle s'est engagée pour que ceux-ci puissent exister dans la ville. Elle s'est particulièrement battue pour permettre à d'autres femmes de participer à la vie de Huy et d'être reconnues pour leurs propres qualités. Ce combat fut mené alors que les habitants hutois étaient peu préparés à l'accueil des migrants (le phénomène migratoire était alors assez récent) et que la culture albanaise, dont elle est originaire, laisse peu de place aux femmes en dehors de la cellule familiale.

Depuis la création de l'ASBL, la Ville de Huy a donc vu les origines migratoires se multiplier et se diversifier. Beaucoup d'institutions et d'associations hutoises manquent cependant encore d'outils pour s'adapter à ce contexte, ce qui engendre encore trop de comportements discriminatoires et racistes à Huy. L'ASBL n'a cessé d'être confrontée à la réalité actuelle qui est telle que les travailleurs immigrés, hommes ou femmes, occupent des postes ma1 payés pour lesquels ils sont surqualifiés. Ils sont également soumis à des horaires contraignants et atypiques dans les secteurs du nettoyage ou encore de la restauration. Il n'est de plus pas rare qu'ils soient employés en noir, ce qui les prive d'une protection sociale. Une majeure partie des travailleurs issus de l'immigration occupe un emploi nettement inférieur et ne correspondant pas à leurs qualifications. Comme souligné à plusieurs reprises, cela signifie que nombre d'entre eux ont un parcours professionnel dans leur pays d'origine qui est dévalorisé dans le pays d'accueil.
Dans ce contexte, le projet "Un visage, un projet de vie" permet aux personnes migrantes de travailler la confiance en soi et l'expression libre (essentielle pour pouvoir revendiquer ses qualification et son projet de vie), de réfléchir sur la thématique et d'oser participer à la vie de leur ville.

2. Le projet ...


Depuis que Paola Guillen Crespo est active à l'ASBL Dora Dorës, elle a côtoyé de nombreuses personnes issues de l'immigration avec qui elle a partagé les difficultés d'intégration socioprofessionnelle dans la société belge. Elle a réalisé que cette réflexion sur les difficultés d'insertion était le point commun du parcours socioprofessionnel des personnes migrantes. Certaines personnes ont un parcours professionnel dans leur pays d'origine, parcours qui n'est pas reconnu en Belgique malgré les équivalences. Parmi les obstacles rencontrés, elles sont confrontées à la barrière de la langue, aux stéréotypes, aux démarches administratives mais surtout à un manque d'estime de soi. Ce manque de confiance en soi rend l'intégration sur le marché du travail difficile.

Paola a eu envie de compiler les témoignages de ces hommes et de ces femmes, d'offrir à ceux-ci un espace de parole, d'échanges et de partages sur leur parcours de vie socioprofessionnel. Concrètement, les personnes migrantes sont invitées à partager leur projet de vie, leurs sentiments, leurs rêves pour le futur, leur parcours socioprofessionnel dans leur pays d'origine et celui depuis leur arrivée en Belgique.

Au-delà de la création d'un espace de partage des témoignages et de valorisation des apprenants, l'exposition du projet vise à sensibiliser, interpeller et déconstruire, auprès d'un large public, les stéréotypes et les préjugés liés à la vie professionnelle et aux projets de vie des migrants.

3. Ce qu'en dit Paola, auteure du projet

"Un visage, une histoire"
par Paola Guillen Crespo

Ce projet signifie beaucoup pour moi : cela a été un vrai plaisir de vivre cette expérience. Avoir l'opportunité de partager avec tant de personnes de cultures différentes, c'est une chance incroyable, l'une des plus riches qui soient arrivées dans ma vie.

Découvrir toutes ces histoires multicolores a transformé mon regard et l'a élargi. Les parcours qui sont cachés derrière chaque visage que j'ai rencontré m'ont fait sourire, pleurer, réfléchir et m'ont tout autant émerveillée.

Ce sont des histoires qui me donnent de l'élan, des histoires qui ne peuvent pas rester enfermées parce qu'elles gagnent à être entendues. Des histoires qui montrent qu'il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour dépasser les difficultés et les obstacles, afin que l'insertion socioprofessionnelle soit une réalité, soit une possibilité.

Ces rencontres avec plus d'une vingtaine de nationalités ont confirmé ce que mon expérience m'a appris : l'un des premiers obstacles pour trouver un travail, c'est la confiance en soi, celle que l'on perd lorsqu'on arrive ici. Sans le vouloir, sans nous en rendre compte et même si l'on a un grand bagage professionnel dans notre parcours, quand on arrive ici, au début, on est simplement des "étrangers" et beaucoup d'entre nous ont peur de ce que ce mot signifie. On a peur de ne pas être acceptés, de ne pas être à la hauteur intellectuellement ou de par nos études. Dans le regard des autres, il y a tous ces préjugés que l'on entend à la radio, à la télé, dans notre voisinage. Tous ces préjugés, malheureusement toujours d'actualité, renforcent l'idée que, parce qu'on est étranger, on devrait laisser toutes nos études, toutes nos expériences, tous nos rêves derrière nous et recommencer à zéro, en nous limitant à ces emplois qui nous sont destinés du fait que nous soyons étrangers.

Ces rencontres qui m'ont confirmé que des phrases comme : "Tu peux", "Essaye", "Persévère", "Je crois en toi", nous donnent un vrai élan, le courage pour au moins essayer de commencer ce long chemin vers notre inclusion sociale et professionnelle.

Ces rencontres qui m'ont aussi confirmé que cette envie d'agir, d'aller plus loin, de résister, de nous battre, de réfléchir aux solutions pour réussir à atteindre nos rêves, elle est à l'intérieur de chacune des personnes que j'ai rencontrées et elle a juste besoin d'un petit coup de pouce pour prendre vie.

Grâce à Dora Dores, à ces rencontres et à ces partages, toutes les histoires des participants sortiront à la lumière.
Quel est le but de cette exposition? Interpeller, sensibiliser, réfléchir ensemble, chercher des pistes de solution et démonter les stéréotypes, les préjugés et la discrimination, très présents dans le regard de la société, et qui contribuent à créer une approche simpliste de la problématique sur l'insertion socio-professionnelle et le projet de vie de ces hommes et de ces femmes issus de l'immigration.

Peut-être, après avoir pris connaissance de ces histoires, la société qui nous accueille nous regardera-t-elle au-delà des apparences et de nos différences. Peut-être découvrira-t-elle ce qui nous rapproche, ce qui nous est commun et l'envie de travailler ensemble.

Il y a de nombreuses années d'expériences de travail de toutes sortes parmi nous. Au lieu de les gaspiller, ne gagnerions-nous pas tous à les reconnaître ? Il y a l'envie d'être des citoyens actifs et productifs dans le pays qui nous accueille. Nous aussi nous rêvons de construire une société plus juste, plus tolérante, plus interculturelle. Allons-y ensemble !

4. Une rencontre-débat, à Huy (Hôtel de Ville), le jeudi 15 décembre à 19h. :

 "Venus d'ailleurs... Où sont passées nos compétences ?" 

Conférence –Débat 

En présence de témoins de Dora dorës et animée par  Hervé Persain, Animateur / Formateur au Centre Culturel de Huy

Dans le cadre de l’exposition “Un visage - Une histoire “

Dora dorës asbl en partenariat avec le Ville de Huy, Centre Culturel de Huy et Comité d’action laîque de Huy
Réservation souhaitées chez Dora dorës 085 514346
Info: Ville de Huy 085217821


* Dora Dorës asbl
Lieu de ressources, de formation et de solidarité 
pour les personnes issues de l'immigration

 5. Information en marge de l’exposition UN VISAGE, UNE HISTOIRE : voir sur mon site de larcenciel (où se trouve un pdf à télépcharger)

07 novembre 2016

CETA, pour conclure ?


Bonjour,
Ayant envoyé, mon épouse et moi, un message de soutien à Paul Magnette au sujet du Ceta, nous avons reçu, comme tous les auteurs de messages de soutien, je suppose, la réponse qui suit.
Je la publie vu son intérêt, et je me permets de souligner (en bleu) quelques passages sur lesquels je trouve utile d'attirer l'attention du lecteur.
bonne lecture.
Michel Simonis


Chère Madame,
Cher Monsieur,

Votre message de soutien m’est bien parvenu et je tenais, à présent, à prendre le temps de vous écrire pour vous dire qu’avec de très nombreux autres témoignages de confiance et de sympathie, il a contribué à affermir ma position et celle du Gouvernement wallon au cours de ces importantes journées. Ce soutien m’a donné beaucoup d’énergie et de courage dans cette négociation qui a été très difficile. C’est grâce à lui que j’ai pu résister aux pressions et aux ultimatums et qu’aujourd’hui nous pouvons affirmer que ce combat en valait la peine.

Comme je l’ai dit d’emblée, notre action ne va pas à l’encontre d’un commerce loyal que nous souhaitons développer avec le pays partenaire et ami qu’est le Canada. Elle traduit, en revanche, la volonté d’établir ces échanges sur des bases saines, progressistes et durables, afin de faire de ce traité une référence en la matière, fixant les standards européens pour toutes les futures négociations avec les pays qui ont le même niveau de développement que nous. Grâce à cette mobilisation de la société civile et à la résistance constructive des autorités wallonnes, ce texte deviendra la nouvelle règle en la matière, ce qui signifie qu’on n’acceptera plus jamais un traité qui ne soit pas au moins aussi exigeant que celui-là.

Cette position, nous l’avons forgée sur base d’une analyse approfondie de ce projet d’accord commercial, menée depuis près de deux ans - avant même que le traité ne soit définitif - par notre Parlement, avec le concours de nombreux experts et en dialogue avec la société civile, largement mobilisée pour relayer les préoccupations des associations et des citoyens. Cette position, mûrement réfléchie, le Parlement de Wallonie l’a formalisée dans une résolution soutenue par une très large majorité, déposée dès le 2 octobre 2015, et nous l’avons exprimée à la Commission européenne depuis plus d’un an, en exposant en des termes clairs les problèmes que nous posait ce texte. Le Parlement wallon a fait son devoir démocratique, dans les cadres belge et européen qui lui confèrent cette prérogative, pour traduire les inquiétudes et les aspirations des citoyens.

Nos remarques n’ont commencé à être prises en compte que ces dernières semaines, ce que je regrette. Elles ont toutefois ouvert la voie à un dialogue, notamment avec le Canada, qui a permis d’engranger des acquis indéniables.

Ainsi, nous avons obtenu la clarification des termes du traité grâce à un « instrument interprétatif » conjoint tel que prévu à l’article 31 de la Convention de Vienne qui stipule que les instruments visant à préciser les intentions des parties ont force obligatoire. Une table de concordance des dispositions juridiques du Ceta et de l’instrument garantit cette interprétation.

Dans ce cadre, l’arbitrage privé - inacceptable pour nous - a été remplacé par un mécanisme public de règlement des différends entre États et investisseurs dont les formes ont été précisées. Il s’agira d’une Cour publique composée de juges totalement indépendants - semblables à ceux de la Cour de justice de l’Union européenne - et nommés par le Conseil européen, sur proposition des États membres. Ils seront, par ailleurs, soumis à un code de conduite strict prévenant tout conflit d’intérêts avant, pendant et après leur mandat. Les États pourront, en outre, contester les décisions de ce tribunal devant un Tribunal d’appel, qui présentera les mêmes garanties d’indépendance. Un système sera également institué pour permettre l’accès des PME à ce mécanisme. Pour garantir la mise en œuvre de tous ces éléments, les dispositions relatives au mécanisme de règlement des différends n’entreront pas en vigueur aussi longtemps que l’ensemble des procédures de ratification des parlements nationaux et régionaux ne seront pas clôturées. La Wallonie a d’ores et déjà indiqué que, si ce futur mécanisme ne correspond pas à ses ambitions, le Parlement wallon refusera la ratification du Ceta.

Autre point essentiel, nous avons préservé le droit des États à légiférer. L’instrument précise ainsi explicitement que les États pourront continuer à légiférer pour revoir à la hausse leurs normes en matière de protection et de promotion de la santé publique, de services sociaux et éducatifs, d’environnement, d’éthique, de protection des consommateurs, de la vie privée, des données et de la diversité culturelle et ce, sans craindre de devoir payer des indemnités à une entreprise qui s’estimerait préjudiciée dans ses bénéfices.
Il en va de même en matière de coopération réglementaire. Le traité laissait craindre la constitution d’un forum acquis aux multinationales, s’imposant comme une autorité régulatrice de substitution aux assemblées démocratiques. La Wallonie a obtenu que ce forum soit uniquement composé d’autorités publiques mais aussi que cette coopération se déroule exclusivement sur une base volontaire et que, si elle est utilisée, ses résultats ne soient également mis en œuvre que sur une base volontaire. En Belgique, cette faculté sera, en outre, conditionnée à un accord préalable des parlements.

Nous avons pu également éloigner le spectre du « cheval de Troie » qui planait sur l’ancien Ceta. Des entreprises multinationales américaines ne pourront pas utiliser un système de « boîte aux lettres » au Canada pour accéder au marché européen, dès lors que seules les entreprises ayant des activités économiques substantielles dans ce pays, telles que définies par le Traité de l’OMC sur le Commerce des services, pourront profiter des avantages offerts par le traité.

Les acquis sont également nombreux en matière de sauvegarde des services publics : services éducatifs, culturels, de santé, sociaux, de placement de personnel, de recherche et développement, de distribution d’eau, liés à l’énergie…   qui sont explicitement exclus de l’accord. La Wallonie a également obtenu la garantie explicite que nos services d’intérêt économique général seront protégés et que nos mutuelles pourront continuer à offrir un service accessible à tous, sans être mises en concurrence avec des assureurs privés. Personne ne pourra imposer la privatisation d’un service public, un État pourra renationaliser un service ouvert aux opérateurs privés sans crainte d’un recours devant le mécanisme de règlement des différends et la Belgique conservera le droit de définir et de protéger de nouveaux services dans l’intérêt général.

En matière d’agriculture, la Wallonie a obtenu le maintien des clauses de sauvegarde prévues par le traité du GATT. Ces clauses pourront être invoquées si l’augmentation des exportations d’un produit, telle que la viande de bœuf, risque de causer un préjudice important à notre sécurité alimentaire ou à la sauvegarde de la vie rurale, de la nature et de la biodiversité. Par ailleurs, les produits importés devront scrupuleusement respecter nos normes sanitaires, aussi bien belges qu’européennes. Le principe de précaution applicable en Wallonie est donc bien conservé et, dans ce cadre, la culture et la vente d’OGM ainsi que le recours aux hormones sont strictement interdits. La Belgique conservera également le droit de proposer ultérieurement de nouvelles appellations d’origine contrôlée.

Le texte fait aussi explicitement référence aux prescrits internationaux en matière de développement durable, de changement climatique (accords de Paris) et de protection des travailleurs (conventions de l’OIT). La Belgique et ses Régions conservent donc le droit d’édicter des normes ambitieuses dans ces matières. Tant la Belgique que la Wallonie garderont la possibilité de conditionner l’octroi d’un marché public à des clauses sociales et environnementales et le dumping social est explicitement interdit dans le texte.

Ces changements, ces précisions, ces clarifications et ces dissipations d’ambiguïtés dont nous savons combien elles sont dangereuses, la « petite » Wallonie les a obtenus seule, par l’implication sans égale de son Parlement et grâce à la vigilance précoce et la mobilisation exemplaire de la société civile européenne qui n’a guère trouvé d’autres relais institutionnels. Ce combat, la Wallonie ne l’a pas mené uniquement pour elle-même mais bien pour ces préoccupations communes et en faveur d’une Europe du progrès, conforme à ses aspirations originelles et aux attentes de ses populations.

Une chose est sûre, c’est que ce mouvement fera date. Une page est tournée dans la manière d’élaborer des traités. À l’avenir, on ne pourra plus les négocier de manière secrète. Nous avons de facto imposé l’obligation de le faire démocratiquement, dans un débat beaucoup plus précoce avec les citoyens.

En vous remerciant une fois encore pour votre soutien et pour une mobilisation qui, seule, est porteuse de tous les espoirs, je vous prie de croire, chère Madame, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Paul Magnette
Paul.Magnette@gov.wallonie.be

24 octobre 2016

"CETA, C'EST ASSEZ ?"

titre le
Le Courrier (Genève)
Vendredi 21 octobre 2016
Philippe Bach

L’histoire pourrait être drôle. La petite région de Wallonie (3,5 millions de personnes) est en train de bloquer la mise sous toit d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Depuis hier soir se tient une réunion de la dernière chance des ambassadeurs des 28 Etats-membres de l’Union européenne pour tenter de sauver ce texte controversé qui devait être signé le 27 octobre.
Connu sous l’acronyme anglo-saxon de CETA, (pour Accord économique et commercial global) ce texte libéralise les échanges entre ces deux économies. Et surtout, assure une sécurité accrue aux investisseurs. Comme pour la plupart de ces traités liberticides et visant à priver l’Etat de sa capacité d’agir –TISA, AGCS et autres TTIP –, le CETA porte en lui le principe de primauté du privé.
Dans un marché libre et non faussé, des secteurs comme la santé,  l’éducation ou l’énergie ne doivent pas souffrir de l’ingérence de l’Etat. Et cela peut mener relativement loin. En Allemagne, la gauche ferraille contre ce texte, échaudée par une plainte déposée par la société suédoise Vattenfall contre l’Etat. Cette société, qui exploite deux centrales nucléaires outre-Rhin, demande compensation à la suite de la décision du gouvernement allemand en 2012 de sortir de l’atome.
Sentant le vent du boulet, les négociateurs de l’accord CETA ont certes prévu quelques garanties minimales. Les milieux altermondialistes estiment que trop de flou subsiste sur l’indépendance des futures juridictions chargées d’arbitrer les conflits.

C’est d’ailleurs toute la transition énergétique et le respect du Traité de Paris qui sont menacés par ce texte libre-échangiste.
Les pressions exercées sur la Wallonie sont considérables. Comment une petite région ose-t-elle prendre en otage le Grand marché européen de 500 millions de consommateurs, pardon, d’habitants? Cela porte un nom. C’est la démocratie. Et cette région belge exerce un droit fondamental. Saluons donc le courage de ces élus et relevons qu’un pays qui a pu fonctionner à satisfaction sans gouvernement pendant 194 jours (1) mérite sans doute d’être écouté.

http://www.lecourrier.ch/

(1) PS. A part qu'en 2011, la crise belge a duré un peu plus que 194 jours : "Après 541 jours de crise politique pendant lesquels le pays a été dirigé par le Premier ministre par intérim Yves Leterme, la Belgique s'est enfin dotée d'un gouvernement lundi..." 
194 jours, c'était en 2007-2008.

22 octobre 2016

NON WALLON AU CETA : La presse nuancée


1. Extrait de la Presse canadienne, ce WE : "Accord Canada-UE: la Wallonie «déçue» par la nouvelle proposition" - 23 octobre 2016
2. Extraits du journal LE TEMPS de Genève - vendredi 21 octobre 10h.
3. L'article du journal LIBERATION - vendredi 21 octobre 20h.

http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201610/23/01-5033355-accord-canada-ue-la-wallonie-decue-par-la-nouvelle-proposition.php

1. Accord Canada-UE: la Wallonie «déçue» par la nouvelle proposition
 

(Extraits)


"La Wallonie voit dans le CETA, qui concerne plus de 500 millions d'Européens, les prémices du traité TTIP (ou TAFTA), très impopulaire, que l'UE négocie très laborieusement avec les États-Unis, et réclame plus de garanties face aux puissantes multinationales."

(...) Les services de la Commission européenne ont de leur côté transmis dimanche matin deux textes - obtenus par l'AFP - au chef du gouvernement wallon, le socialiste Paul Magnette, et au représentant permanent de la Belgique auprès de l'UE, selon un diplomate européen.

Le premier texte d'une page et demie contient un projet de déclaration possible du Royaume de Belgique concernant la protection des investissements « qui contient toutes les réserves dont M. Magnette a fait part », a expliqué le diplomate.

Cette question est en effet l'une des plus sensibles du CETA : elle a trait à la possibilité donnée aux multinationales investissant dans un pays étranger de porter plainte contre un État adoptant une politique publique contraire à leurs intérêts.

Le traité prévoit la création d'un tribunal permanent composé de 15 juges professionnels nommés par l'UE et le Canada, dont toutes les auditions seraient publiques. Mais les ONG jugent que cette concession ne va pas assez loin et craignent que ces « pseudo-juges » soient des avocats d'affaires liés à des cabinets privés.

Et M. Magnette a répété vendredi - jour où la Belgique et l'UE espéraient un Oui wallon - qu'« il restait des difficultés à ce sujet ».

Le second texte transmis à M. Magnette est « un questions/réponses de quelques pages «qui répond dans une langue compréhensible à toutes les questions posées par le Parlement wallon», selon le même diplomate.

Les deux documents envoyés à Paul Magnette doivent être soumis ensuite au Parlement de Wallonie, spécifiquement devant la commission chargée des Affaires européennes de l'assemblée régionale, pour approbation.

Joint par l'AFP, le porte-parole du président du Parlement wallon a confirmé qu'aucune réunion n'était prévue pour l'instant dimanche.

Dans un entretien dimanche à la télévision belge RTL, le chef du Parti socialiste (PS) francophone belge et ex-premier ministre belge, Elio Di Rupo, qui est du même parti que M. Magnette, a déclaré : Je ne crois pas qu'il soit possible de signer le CETA jeudi »

La Wallonie voit dans le CETA, qui concerne plus de 500 millions d'Européens, les prémices du traité TTIP (ou TAFTA), très impopulaire, que l'UE négocie très laborieusement avec les États-Unis, et réclame plus de garanties face aux puissantes multinationales.

http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201610/23/01-5033355-accord-canada-ue-la-wallonie-decue-par-la-nouvelle-proposition.php

2. Article du journal LE TEMPS - 21 octobre 2016 - 11h.

(Extraits)

La Commission et les milieux d’affaires s’inquiètent, les antimondialistes exultent. D’ultimes négociations sont encore prévues tout le week-end. La presse est partagée

Le Soir : "Des progrès ont été faits mais pour nous à ce stade, les avancées ne sont pas suffisantes, notamment dans les questions qui concernent les entreprises américaines, par exemple, qui sont installées au Canada et qui bénéficieraient du système». Conclusion en forme d’éditorial du journal: Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères, peut ranger son stylo."

D’où les intenses pressions qu’a subies le Wallon. «Paul Magnette n’a pas fait mystère «des menaces à peine voilées» auxquelles la Wallonie est soumise, écrit «Le Soir». Mais c’est au nom des principes que la Région s’avère intransigeante: la démocratie mise à l’honneur au cours de nombreuses heures de débats parlementaires et le respect des attentes de la société civile dans un monde où la rupture entre les citoyens et la politique est largement consommée.

La presse altermondialiste exulte – comme Bastamag. Alors que la question est posée. Une petite région peut-elle s’opposer à 28 pays, même si c’est celle qui a donné Hergé et Magritte au monde? Le caillou wallon peut-il mettre à l’arrêt la chaussure européenne? «Il faut se rendre à l’évidence: la petite région belge s’est comportée en adulte, pas en victime consentante d’une Europe bulldozer. Cela force au moins le respect et cela inspirera peut-être d’autres autorités politiques» estime Le Soir. «La particularité wallonne, c’est que notre parlement a voulu utiliser ses prérogatives. Et que cela plaise ou non, cette assemblée a le même pouvoir constitutionnel qu’un Etat membre», se justifie le ministre-président toujours dans Le Monde, soulignant que «ce qui alimente aujourd’hui la crise de l’Europe, c’est la manière de négocier des textes d’une telle importance». Les francophones belges n’ont-ils pas trop tardé à exprimer leurs griefs? «Non. Nous avons reçu la version définitive il y a moins d’un an et j’ai alerté la commissaire sur tous les problèmes qu’il nous posait dès le 2 octobre 2015. La première réaction m’est parvenue le 4 octobre… 2016, à vingt-trois jours du sommet avec le Canada.» Ambiance… 

Faire l’histoire?

Sur la Toile en tout cas, où les antilibéraux sont traditionnellement très loquaces et organisés, le coup d’éclat des Wallons est salué. (...) Négociations opaques et donnant trop de pouvoir aux compagnies, rappel que 80 eurodéputés ont signé un appel en soutien des Wallons… «Vous faites l’Histoire… Ne cédez pas… Nous sommes avec vous» écrivent des centaines d’anonymes, qui diffusent des appels à signer des pétitions.

Il y a le fond du dossier, qui divise – le libre-échange est-il une bonne chose? Le CETA n’est-il pas un cheval de Troie du TAFTA (ou TTIP), l’accord de libre-échange avec les Américains? Les réponses divergent. Il y a aussi les analystes qui pointent les calculs de politique interne de Paul Magnette.
Mais sur la forme des négociations, les voix sont majoritaires pour dire qu’elles ont été opaques voire non démocratiques. Le Vif L’Express analyse: «En barrant le CETA, la Wallonie se la joue Astérix le Gaulois. Au-delà de l’image sympathique, cette opposition francophone, très critiquée par l’UE et le gouvernement canadien, constitue un révélateur de l’état de santé démocratique de l’Europe. Diagnostic: pas brillant […] Est-ce choquant de refuser d’avaliser un accord au moment de le signer? Pourquoi alors demander aux Etats (et aux régions qui les composent) de parapher un tel accord si la possibilité de dire «non, il faut continuer à discuter» semble si choquante? Cela revient à dire que l’exercice démocratique lui-même est choquant […] Ce sont donc plutôt les pressions, les ultimatums et les menaces à peine voilées, de la Commission européenne sur Paul Magnette qui s’avèrent indignes. Et surtout aveugles. Car les institutions européennes n’ont jamais semblé aussi éloignées des citoyens qu’aujourd’hui, le Brexit l’ayant démontré de manière remarquable.»

«C’est étonnant de voir que la Commission essaie de tordre le bras à la Wallonie alors qu’elle ne fait pas la moitié de ces efforts en Hongrie et en Pologne, où les valeurs européennes sont piétinées.

Ce n’est pas une façon de restaurer la confiance en l’Europe, commente à son tour le politologue Jean-Michel DeWaele sur le site Euractive. Si la Commission trouve un moyen légal pour passer outre la Wallonie, cela ne fera qu’éroder un peu plus la confiance en l’Europe dans une région traditionnellement europhile». Et de conseiller de renvoyer la signature à un peu plus tard, en décembre. «Les Wallons ont eu le culot d’examiner le texte à fond et d’en débattre, ils nous font à nous tous une faveur», estime l’économiste Paul de Clerck, des Amis de la Terre Europe, sur le même site.

https://www.letemps.ch/
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3. L'article du journal LIBERATION - vendredi 21 octobre 20h.

La région wallonne a mis son veto, vendredi, à la signature du traité entre l’Europe et le Canada. Un échec de l’UE et une victoire pour les opinions publiques.

Le cauchemar de la Commission a pris forme : la politique commerciale extérieure de l’Union européenne mise en péril par un petit Parlement subnational représentant moins de 1 % de la population européenne. La Wallonie, une des trois entités fédérées belges avec la Flandre et la région bruxelloise, a en effet, en dépit des intenses pressions de l’exécutif européen et des vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement réunis pour un sommet à Bruxelles jeudi et vendredi, fermement maintenu son veto à la signature, par le gouvernement belge, du Ceta, l’accord de libre-échange conclu avec le Canada.
Or il faut les vingt-huit signatures des Etats membres pour que l’Union et le Canada puissent le signer à leur tour, le 27 octobre, avant que la ronde des ratifications parlementaires ne commence. La crainte de la Wallonie est surtout que le Ceta soit le cheval de Troie des entreprises américaines ayant une filiale au Canada qui leur permettrait de disposer des avantages du futur Tafta, le traité de libre-échange en cour de négociation avec les Etats-Unis, mais sans les contraintes du Tafta…

«Moment de rupture»

«Nous ne bloquons pas pour le plaisir, mais parce que nous sommes dans un moment de rupture ou face à un saut qualitatif comme l’histoire de la démocratie en a connu», a plaidé Paul Magnette, le ministre président de la Wallonie, qui fut longtemps professeur de sciences politiques et l’un des meilleurs spécialistes de l’Union : «La question qui se pose ici est de savoir quelle mondialisation nous voulons. Ce traité est un précédent qui fixera les standards des futures négociations menées par l’Union avec les Etats-Unis ou le Japon, par exemple. Nous devons aller au bout des choses pour fixer des standards de très haut niveau.» De fait, le Ceta fait partie des accords dits de nouvelles générations (comme ceux conclus avec la Corée du Sud ou Singapour), qui visent à faciliter les échanges en harmonisant ou en reconnaissant mutuellement les normes (techniques, environnementales, sanitaires, phytosanitaires, etc.), et non plus seulement en abaissant les barrières tarifaires ou non tarifaires.

Sans la négociation du Tafta (TTIP), lancée en 2013, il est probable que le Ceta, conclu avec un pays proche des standards européens, serait passé comme une lettre à la poste. Mais le mastodonte américain a fait prendre conscience à une partie sans cesse plus importante des opinions publiques européennes des risques, justifiés ou non, que font peser ces accords sur leur modèle social, sanitaire ou environnemental. Le Ceta a été emporté par la vague anti-Tafta, comme le reconnaît d’ailleurs Magnette. La Commission et les Vingt-Huit ont beau assurer qu’ils veillent aux intérêts des citoyens et que le «soldat» Ceta doit être sauvé à tout prix… rien n’y a fait. Car leur bilan ne plaide pas en leur faveur : de l’admission de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à l’incapacité à se défendre face à la concurrence déloyale des émergents en passant par des promesses de lendemain qui chantent jamais concrétisées, tout cela a laissé des traces profondes en Europe, et pas seulement en France. S’ajoute à cela la résurgence de l’antiaméricanisme, notamment allemand, attisé par les affaires d’espionnage politique et industriel. Et, cerise sur le gâteau, la crise permanente entre francophones et néerlandophones de Belgique, qui accouche d’une réforme constitutionnelle tous les huit ans en moyenne, a encore compliqué la tâche des libre-échangistes. La sixième réforme de l’Etat, entrée en vigueur en 2014, a donné le pouvoir aux six Parlements des entités fédérées de s’opposer à la signature (mais aussi à la ratification ultérieure) des accords commerciaux touchant aux compétences des régions. C’est ainsi que la Wallonie s’est retrouvée aux commandes dans cette atmosphère délétère, avant même que les autres Parlements nationaux et régionaux de l’Union (une quarantaine) n’aient eu à ratifier le Ceta, puisqu’on n’en est pas encore à ce stade de la procédure. Elle n’a pas laissé passer l’occasion de faire parler d’elle.

«De plus en plus inquiets»

Le plus beau est que l’Union aurait pu éviter ce pataquès belgo-européo-canadien : c’est à la demande de certains Etats, notamment de la France et de l’Allemagne, que la Commission a accepté, en juillet, de qualifier le Ceta, d’accord «mixte», c’est-à-dire touchant à des compétences nationales, alors que selon elle ce n’est pas le cas (et donc il aurait au départ suffi d’un accord du Conseil des ministres et, depuis le traité de Lisbonne, du Parlement européen). Mais Berlin et Paris, qui voulaient impliquer leur Parlement national dans la boucle, ont oublié les parlements subnationaux… Et surtout, ils ne savaient pas qu’en Belgique, c’était la signature du traité lui-même qui pouvait être bloquée, ce qui empêche même son entrée en vigueur provisoire, comme cela est de coutume. Vendredi, François Hollande s’est donc employé à défendre comme un beau diable un traité qu’il a lui-même contribué à plomber… Devant la détermination wallonne, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a reconnu à contrecœur que «nos citoyens sont de plus en plus inquiets du fait de savoir si les accords commerciaux que nous négocions sont dans leur meilleur intérêt. Je crains que nous ne soyons plus en mesure de continuer à négocier si nous ne prouvons pas en pratique que nous prenons la protection des consommateurs très sérieusement». Si le Ceta, dont l’avenir semble compromis, est le prix à payer pour qu’enfin les dirigeants nationaux et européens comprennent qu’il y a un problème en Europe, ce ne sera pas cher payé. «Ce n’est pas parce qu’on est seul qu’on a forcément tort», a rappelé devant ses députés Paul Magnette.

Jean Quatremer Correspondant à Bruxelles
 http://www.liberation.fr/planete/2016/10/21/libre-echange-waterloo-pour-le-ceta_1523569
(note : c'est moi qui ai souligné certains passages MS) 

21 octobre 2016

Suite de l'article "Moment de vérité en Amazonie"

PS. Je reçois ce 21 octobre l'appel d'urgence [http://www.appel-urgence-foret-surui.com/->http://www.appel-urgence-foret-surui.com/] à SIGNER : "250.000 Ha de Forêt amazonienne en grave péril.
Donc au Brésil aussi, ça urge...

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A titre d'information, et bon à savoir :
(Voir la déclaration du Durban sur le REDD signée par des activistes et plus de 70 ONG internationales dont Les Amis de la Terre et Attac, "contre la privatisation et le pillage de la nature")

Moment de vérité en Amazonie


La rencontre avec José Gualinga ce 18 décembre 2016 à Liège a mis en évidence un phénomène qui va prendre de l’ampleur : les peuples autochtones comme celui de Sarayaku, qui représentent environ 3 % de la population mondiale, et qui sont menacés dans leur survie quasi partout, sont de fait les gestionnaires de 80 % de la biodiversité sur la planète.
C’est dire si leur existence - leur survie devrait-on dire - est essentielle pour l’avenir de notre planète, et donc pour notre avenir à tous.


1. La soirée-conférence avec JOSE GUALINGA
2. SARAYAKU, EL PUEBLO DEL MEDIO DIA.
3. LA MENACE
4. Et le REDD+ ?
5. Sarayaku se lance avec la CASA NICARAGUA
6. Et avec la Région Wallonne
7. Le projet FORET VIVANTE : le Kawsak Sacha

J'ai écrit "Ils sont les gestionnaires..."
Quand je dis "ils gèrent", il faut que je précise et que je nuance.
- Précision : ils sont seuls à même de gérer la forêt et sa biodiversité parce qu’ils sont les seuls à ne pas avoir perdu la connaissance qui est au coeur d’une relation intime et sacrée avec la nature, les plantes et les animaux.
- Nuance : ils ont les moyens de gérer, et essaient de le faire, tant qu’on ne leur met pas de bâtons dans les roues.

Et dieu sait s’il y a des empêcheurs de tout acabit, et pas seulement les multinationales pétrolières.
En effet, dans le cadre des négociations internationales visant à réduire les émissions de CO2 et à lutter contre le réchauffement climatique, la gestion des espaces forestiers de la planète risque de se faire aux dépends des populations qui y vivent. Que la COP 21 puisse détruire les espoirs, c’est bien un paradoxe que j’ai découvert ce soir-là et qu’il faudra expliquer (voir plus loin).
Il est donc urgent de donner aux peuples autochtones comme celui de Sarayaku des moyens d’agir à la hauteur de l’enjeu : garantir le maintien de leur présence sur leur territoire.
C’est ce que la Région wallonne a compris en aidant les projets "Forêt vivante" dont nous parlent la Casa Nicaragua.
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1. La soirée-conférence avec JOSE GUALINGA

Moment de vérité en Amazonie

 Le peuple de Sarayaku (Equateur) est connu mondialement pour sa lutte et sa persévérance pour la défense de la nature. Ce sont des irréductibles Amazoniens qui luttent depuis plus de 30 ans contre les compagnies pétrolières qui menacent leur territoire. Ils ont réussi en 2003 à chasser de leur terre une compagnie pétrolière et en 2012, à gagner un procès contre l’État équatorien pour violation de leur droits collectifs et humains.

Face aux appétits pour le pétrole présent dans son espace de vie, le Peuple autochtone de Sarayaku ne cède à aucune intimidation.

Son secret? Une perspicacité rare, mêlant sens du sacré et sens du réel, ainsi qu’un fonctionnement démocratique radical : chacun-e participe librement aux délibérations et à la lutte, qui est permanente…

Pour Sarayaku, cette lutte s’inscrit dans la durée, avec panache : création d’une ceinture d’arbres à fleurs, qui sera visible du ciel sur des dizaines de kilomètres (« Frontière de Vie »); proposition à l’ONU d’un statut innovant pour les aires protégées (« Forêt Vivante »).

Depuis le cœur de l’Amazonie, Sarayaku se tient prêt pour les moments de vérités présents et à venir. Rencontrer ce peuple, c’est rencontrer un allié, indomptable et éclairant.
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2. SARAYAKU, EL PUEBLO DEL MEDIO DIA

 Un document de la Casa Nicaragua ([www.casanica.org->www.casanica.org])
PDF - 14.7 Mo
Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf
Un document de la Casa Nicaragua (www.casanica.org)

C'est un combat de David contre Goliath: depuis des décennies, le Peuple autochtone Kichwa de Sarayaku se bat contre l'exploitation pétrolière des sous-sols de son territoire. Il lutte pour la préservation de sa forêt, un lieu de vie qui permet la vie, une forêt vivante. Il a déjà remporté plusieurs batailles comme face à la Cour interaméricaine des Droits de l'homme, qui condamna l'État équatorien à respecter les droits des populations autochtones. Mais les menaces d'exploitation de leur territoire ainsi que des territoires voisins sont toujours bien présentes ...

Le Peuple Sarayaku est situé en Équateur, dans la province amazonienne de Pastaza. La superficie de son territoire est d'environ 135.000 hectares dont 95% sont recouverts de forêts primaires riches en biodiversité et en ressources naturelles. Ce type de territoire, qui représente un important puits carbone, joue un rôle central dans la stabilisation du climat de la planète.

Dans de nombreuses régions du monde, particulièrement importantes pour l'équilibre climatique et environnemental, des Peuples autochtones résistent face à l'exploitation de leurs territoires, qui cause la misère, La violence, la perte d'identité, l'immigration au sein de leur communauté et la destruction de l'environnement.

Dans de nombreuses aires protégées uniquement par des normes environnementales, minimisées et vulnérables, sont développées des stratégies de déplacement et de discrédit des peuples autochtones, dévalorisant jusqu'à leur philosophie de vie (VOIR CI-DESSOUS, n° 3 et 4). Le mythe de grands espaces vides et opulents pousse à promouvoir des politiques de colonisation et des projets d'exploitation non tenables.

Face aux menaces, Sarayaku, par exemple, a lancé des actions de grande ampleur pour protéger son territoire et travaille constamment sur des stratégies pour la conservation durable de ses ressources naturelles et le renforcement de son organisation. (VOIR CI-DESSOUS, n° 6)Les forêts vivantes protégées et préservées sous leur gouvernance doivent être considérées comme libres de toute exploitation et industrie qui attenteraient à leur vie!

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3. LA MENACE

Comment protéger efficacement nos forêts sans renforcer les pressions commerciales sur la terre ?

Dans le cadre des négociations internationales visant à réduire les émissions de CO2 et à lutter contre le réchauffement climatique, la gestion des espaces forestiers de la planète se trouve souvent au cœur des débats.

La création de « puits carbone » n’incite-t-elle pas les investisseurs privés et les industries polluantes des pays industrialisés à « s’approprier » d’une façon ou d’une autre d’immenses étendues de forêts dans les pays du Sud, aux dépends des populations qui y vivent ?

Les forêts, dans le cadre du MDP (Mécanisme de Développement Propre) [1] ou sur les marchés volontaires, peuvent donc être utilisées pour compenser les émissions de gaz à effet de serre et créer des crédits échangeables sur les marchés carbone.

En plus de n’apporter aucun avantage réel dans la lutte contre le réchauffement climatique, les projets de puits carbone peuvent nuire à la conservation de la biodiversité. En effet, il est particulièrement tentant pour les pays industrialisés ou leurs industries d’investir dans des projets de reforestation au Sud qui se résumeraient en réalité à la plantation à bas coûts, sur de grandes surfaces, d’arbres à potentiel élevé de séquestration. Ces projets ne sont d’aucune utilité en termes de protection de la biodiversité ou de résilience des écosystèmes.

Par ailleurs, ces projets de reforestation nécessitent pour les investisseurs d’acquérir des droits sur les surfaces à reboiser. Les terres sur lesquelles des plantations sont établies dans ce cadre sont donc le plus souvent des terres sujettes à des conflits de propriété non résolus, ou des terres sur lesquels s’exerçaient des droits coutumiers non reconnus par le droit positif. L’établissement de projets de reforestation dans le cadre du MDP favorise donc directement l’exclusion des populations paysannes qui cultivaient les terres avant l’investissement, et la négation de leurs droits formels ou coutumiers.

« La préservation de l’Amazonie devient réellement un business. […] On monétise la forêt. Or, d’un point de vue éthique, on ne peut la réduire à un simple problème marchand ».

Les risques de privatisation de la forêt amazonienne sont d’autant plus importants qu’à terme, le but est bien de permettre aux propriétaires de « forêts préservées » d’obtenir des permis d’émissions carbone monnayables sur les marchés internationaux des crédit carbone.

Aujourd’hui, l’Incra [2] annonce que 5,5 millions d’hectares d’Amazonie sont déjà la propriété d’étrangers. Et la possibilité d’obtenir, à terme, des crédits carbones échangeables pour chaque hectare de forêt protégé augmente encore les pressions commerciales sur cette zone. Ana Paulina Aguiar Soares12, interrogée par Jacques Denis, déclare que « le crédit carbone revient à privatiser la forêt au profit des entreprises internationales. Sous couvert de protection de l’environnement, celles-ci deviennent propriétaires de parcelles. Que va-t-il se passer pour les habitants, les associations, les coopératives ? »

Cette nouvelle combinaison, dans laquelle l’Etat négocie des crédits carbone à l’étranger auprès d’entreprises qui peuvent obtenir ainsi des droits à polluer introduit donc un bénéficiaire nouveau, entreprise privée la plupart du temps, qui bénéficie de la nouvelle rente ainsi créée, et doit faire respecter la politique de protection dont l’Etat se dédouane pour protéger cette rente.

VOIR AUSSI
https://www.rtbf.be/info/dossier/cop21-les-negociations-climatiques-de-paris/detail_cop21-en-amazonie-un-marche-du-carbone-florissant?id=9152882
1/12/2015

ET
http://information.tv5monde.com/info/perou-en-amazonie-un-marche-du-carbone-florissant-61224
7/12/2015



Notes :
[1] Qu’est-ce que le Mécanisme de Développement Propre (MDP)  ?
Dans les pays industrialisés où le matériel utilisé dans l’industrie est globalement de bonne qualité, il est relativement difficile de réduire ses émissions de GES en rénovant et en améliorant les installations. Ainsi, pour permettre à ces pays industrialisés de respecter leur quota, on leur donne la possibilité d’investir dans des projets (appelés projets MDP) visant à réduire les émissions de GES dans les pays en voie de développement. En échange, ces pays riches obtiennent des crédits-carbone qui correspondent à une monnaie négociée en unités d’équivalent CO2 (plus précisément, ce sont des CER pour Certified Emission Reduction ou encore UREC pour Unités de Réductions d’Emissions Certifiées) qui leur permettront de remplir leurs propres objectifs ou même de vendre ces crédits sur le marché.
(Extrait d’un article "Marché carbone, une usine à gaz ?" (http://controverses.mines-paristech.fr/public/promo10/promo10_G15]/index91e3.html?page_id=470)



[2] http://www.agter.org/bdf/es/corpus_chemin/fiche-chemin-23.html#iref:11
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4. Et le REDD+ ?

(Voir la déclaration du Durban sur le REDD signée par des activistes et plus de 70 ONG internationales dont Les Amis de la Terre et Attac, "contre la privatisation et le pillage de la nature")

Avec ses millions d’hectares de forêt amazonienne, le Pérou est un des pays pilotes du mécanisme de financement de la lutte contre la déforestation (REDD+). Des multinationales comme Disney ou Microsoft se sont déjà lancées dans ce marché en achetant des crédits-carbone en Amazonie. De plus en plus d’entreprises nationales font également ce choix.

C’est en 2008, pour lutter contre le réchauffement climatique qu’est imaginé dans le cadre de mécanisme post-Kyoto le programme REDD. Un moyen, selon ses promoteurs, de baisser la pollution atmosphérique en permettant à des entreprises ou à des Etats de compenser leurs émissions de CO2 en investissant dans des projets de protection de la forêt ou de reboisement.

En mars 2013, Walt Disney a ainsi acheté 3,5 millions de dollars de crédits-carbone en Amazonie, équivalant à 437 000 tonnes de CO2. " La compagnie a payé les crédits sept fois plus que leur valeur sur le marché " se félicite le gouvernement péruvien sur le site du Ministère de l’Environnement.

Mais ce qui inquiète le plus au Pérou, ce sont les répercussions sur le droit des populations indigènes. Alberto Pizango, l’ex-président de l’AIDESEP – association interethnique de développement de l’Amazonie - compare l’engouement du REDD et de ses crédits-carbone à la fièvre du caoutchouc au début du XXème siècle et dénonce la " piraterie du carbone ".

Il y voit une nouvelle pression sur le territoire alors que 75% de l’Amazonie péruvienne est déjà sous concession pétrolière ou gazière. Des concessions qui empiètent sur des zones d’une immense biodiversité où vivent des communautés indigènes. " Il y a un problème juridique, le droit sur le carbone se superpose au droit international, national et aux droits des populations indigènes. […] On assiste à une forme de dépossession territoriale" . Les organisations autochtones ont publié un document intitulé " REDD+ Indigène " pour définir leurs propres règles. Un programme de lutte contre la déforestation qui serait strictement déconnecté du marché du carbone.

Cf. http://www.agter.org/bdf/es/corpus_chemin/fiche-chemin-23.html#iref:11
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5. Sarayaku se lance avec la CASA NICARAGUA !

logo de la Casa Nica

C’est un combat d’Indiens contre des Géants du pétrole : depuis des décennies, le Peuple autochtone Kichwa de Sarayaku se bat contre l’exploitation pétrolière des sous-sols de son territoire. Il lutte pour la préservation de sa forêt, un lieu de vie qui permet la vie, une forêt vivante. Il a déjà remporté plusieurs batailles comme celle face à la Cour interaméricaine des Droits de l’homme qui condamna l’État équatorien et le força à respecter les droits des populations autochtones. Mais les menaces d’exploitation de leur territoire ainsi que des territoires voisins sont toujours bien présentes…

La Casa Nica est depuis 30 ans un lieu où se rencontrent et s’écoutent des activistes du monde entier. Invités par des associations amies telles qu’Identité Amérique indienne, Amnesty international ou Frontière de vie, elle a eu le plaisir d’accueillir plusieurs membres du Peuple Kichwa de Sarayaku, luttant farouchement pour la préservation de leur territoire, de leur culture, de leurs savoirs, de leur vie quotidienne au cœur de la forêt amazonienne.

Des liens se sont tissés et renforcés. Une membre de la Casa a fini par se rendre sur place, tout simplement pour faire connaissance. Une fois puis deux, pour la fête de la Uyantza. C’est là que l’idée a surgi avec l’association des femmes de Sarayaku, Kuriñampi, d’organiser une tournée de femmes en Belgique. Une idée qui est devenue réalité par l’action collective, une « minga » comme on dirait là-bas, de 14 associations wallonnes, fin octobre 2015.

Puis tout s’enclenche très vite… surgit un appel à projets de la Région wallonne dans le cadre de la Solidarité climatique de l’Agence wallonne pour l’Air et le Climat(AwAC), et c’est parti !
Un projet de coopération Sarayaku-Casa Nica-Wallonie, intitulé localement Sumak Allpa, Plan de vie, voit le jour…

Conservation durable du territoire du Peuple Sarayaku, Amazonie équatorienne, et renforcement de ses plans de gestion et d’administration.

Le Peuple Originaire Kichwa de Sarayaku est situé en Équateur, dans la province amazonienne de Pastaza. La superficie totale de son territoire est d’environ 135.000 hectares dont 95% sont recouverts de forêts primaires qui constituent un écosystème riche en biodiversité et en ressources naturelles. Ce type de territoire, qui représente un important puits carbone, joue un rôle central dans la stabilisation du climat de la planète.
Face aux menaces, Sarayaku a lancé des actions de grandes ampleurs pour protéger son territoire et travaille constamment sur des stratégies pour la conservation durable de son territoire et le renforcement de ses plans de gestion et d’administration.
L’un d’elle, la Frontière de Vie, le Sisa Ñambi, est un chemin de fleurs démarré il y a plus de 10 ans. De vastes cercles d’arbres à fleurs géants sont plantés sur tout le pourtour du territoire, soit sur plus de 300 km. En grandissant, ils deviendront visibles du ciel et marqueront la présence des hommes et des femmes immergés dans cette forêt et leur volonté de la préserver.

Los Descendientes del Jaguar d’Eriberto Gualinga
(à voir sur Youtube, sous-titré seulement en espagnol)

Un autre enjeu important de la lutte de Sarayaku est de faire reconnaître l’autorité et les droits de ses habitants sur l’administration de son territoire selon un concept innovant d’aire protégée : le Kawsak Sacha ou Forêt vivante.
Les priorités du Peuple Sarayaku et de son conseil de gouvernement, le Tayjasaruta, sont toutes liées à la protection du territoire et des droits collectifs des populations autochtones, au renforcement et à la valorisation de la culture, à la protection et à la conservation des ressources naturelles, à la valorisation du modèle d’éducation, de la science et de la médecine traditionnels kichwas. C’est dans cette optique qu’interviennent notre collaboration et notre appui, centrés sur 3 aspects.

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6. Le projet
SARAYAKU - CASA NICARAGUA - SOLIDARITÉ CLIMATIQUE
de la RÉGION WALLONNE

Conservation durable du territoire du Peuple Sarayaku, Amazonie équatorienne, et renforcement de ses plans de gestion et d'administration.

Elaboration de stratégies innovantes pour déclarer le territoire "Aire protégée par les populations qui y vivent" incluant la vision et les droits des peuples autochtones: la Forêt vivante, le "Kawsak Sacha"

Le projet veut renforcer les instruments qui permettraient au Peuple de Sarayaku d'exercer pleinement son droit à conserver ses espaces de vie, Il veut promouvoir le rôle des populations indigènes dans les préceptes qui régulent les systèmes des aires naturelles protégées, Dans le cadre de la lutte pour la réduction des émissions de GES et la préservation des puits carbone, il devient également impératif de soumettre ces thèmes à la communauté internationale,

• Planification de la gestion du territoire et de ses ressources naturelles adaptée aux conséquences du dérèglement climatique et à l'impact des activités humaines: le "Sumak Allpa"

• Diffusion du projet au sein de la population locale et avoisinante au sein d'instances nationales internationales:     la "Kampana Kaparik"
    
• Renforcement d'une équipe de gardes forestiers traditionnels et mise en œuvre de ses propres plans de conservation du territoire : les  "Kaskirunas"

• Plantation d'un grand chemin d'arbres à fleurs aux limites du territoire: le "Sisa Nambi", la Frontière de vie, symbole de l'existence et de la résistance des peuples vivant dans ces forêts.

Les partenaires:
Tayjasaruta, Casa Nicaragua, AwAC, Frontière de vie
et Oro Verde www, casanica.org 
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7. La forêt vivante : le Kawsak Sacha

La protection durable de l’environnement et du mode de vie de Sarayaku : proposer et promouvoir la création d’une aire naturelle protégée novatrice qui englobe les droits et les visions des populations qui y vivent, renforce et reconnaît leur rôle dans sa gestion et son administration.
Dans de nombreuses régions du monde, particulièrement importantes pour l’équilibre climatique et environnemental, des Peuples autochtones résistent face aux menaces que représente l’exploitation de leurs territoires, amenant la misère, la violence, la perte d’identité, l’immigration au sein de leur communauté et la destruction de l’environnement.
Dans de nombreuses aires protégées uniquement par des normes environnementales minimisées et vulnérables sont développées des stratégies de déplacement et de discrédit des peuples originaires, dévalorisant jusqu’à leur philosophie de vie. Le mythe de grands espaces vides et opulents pousse les décideurs à promouvoir des politiques de colonisation et des projets d’exploitation non tenables.
Les pressions sont fortes pour les convaincre que leur mode de vie est caduc et qu’il est temps pour eux de se convertir en femmes et hommes « modernes et civilisés », participant à l’enrichissement de leur pays. Ces peuples - et nous ! - sommes cependant convaincus que leur participation réelle au développement de la nation et au bien-être commun tient précisément dans la préservation de la richesse et de la diversité naturelle et culturelle qu’offrent ces forêts et ses habitants. De leur initiative surgissent des modèles alternatifs propres à leur pensée et à leur mode de vie.

Le projet propose de renforcer cette définition en y apportant de nouveaux concepts issus de la culture et de la philosophie kichwas de « Forêt vivante » qui incorporent des dimensions supplémentaires dans la protection de ces espaces. Il veut trouver les instruments qui permettraient au Peuple de Sarayaku d’exercer pleinement son droit à conserver ses espaces de vie. Il veut promouvoir le rôle des populations indigènes dans les préceptes qui régulent les systèmes des aires naturelles protégées. Les forêts vivantes protégées et préservées sous leur administration doivent être considérées comme libres de toute exploitation et industrie qui atteindraient à leur vie. Dans le cadre de la lutte pour la réduction des émissions de GES et la préservation des puits carbone, il devient également impératif de soumettre ces thèmes à la communauté internationale.

Soutenir le projet

Voir aussi
Facebook Sarayaku
Site de Sarayaku

Frontière de vie et Oro Verde-Allemagne.

Voir ou revoir le film "Le chant de la fleur" et les vidéos d’Eriberto Gualinga.

Un lien vers une présentation détaillée du projet Forêt vivante se trouve sur mon site de larcenciel.be