08 décembre 2012

PARTAGE DE FICHIERS... oui mais...

GOOGLE DRIVE et compagnie... OUI MAIS...

Vous apprendrez peut-être grâce à TOS;DR que Facebook n’autorise pas l’utilisation de pseudonymes et que vos données ne disparaissent pas du site même si vous supprimez votre compte. Ou encore que Google peut utiliser vos données pour tous ses services présent et futur. De quoi vous faire réfléchir avant de donner votre confiance et vos données personnelles à tel ou tel site.

1. A propos de Google Drive

Bien plus qu'un simple espace de stockage, Google Drive vous permet de partager vos fichiers avec qui vous voulez et de les modifier à plusieurs, à partir de n'importe quel appareil. Avec Google Drive, accédez instantanément à Google Documents, une suite d'outils d'édition qui favorise la collaboration, où que vous soyez.
Gmail : Dites adieu aux pièces jointes volumineuses. Grâce à un lien Google Drive envoyé via Gmail, vos destinataires disposent automatiquement de la même version du fichier.Google+ : Les vidéos et photos que vous stockez dans Google Drive sont instantanément disponibles dans Google+. Il vous suffit d'un clic pour les partager avec vos cercles.

Vous pouvez partager des fichiers ou des dossiers avec les personnes de votre choix, et déterminer si celles-ci peuvent visualiser, modifier ou commenter vos documents.

http://www.webrankinfo.com/dossiers/produits-google/drive



2. Oui mais...

Un bémol cependant : l'auteur de l'article signale un point qui mérite des précisions...

Conditions d'utilisation de Google Drive

"A l'heure où j'écris, il reste un point qui me perturbe : les conditions générales d'utilisation (CGU). Désormais chez Google (depuis mars 2012) ces CGU sont très globales, si bien qu'il faut aller lire les CGU générales de Google. Voici un extrait du contenu de la partie "Vos contenus et nos Services" :

En soumettant des contenus à nos Services, par importation ou par tout autre moyen, vous accordez à Google (et à toute personne travaillant avec Google) une licence, dans le monde entier, d’utilisation, d’hébergement, de stockage, de reproduction, de modification, de création d’œuvres dérivées (des traductions, des adaptations ou d’autres modifications destinées à améliorer le fonctionnement de vos contenus par le biais de nos Services), de communication, de publication, de représentation publique, d’affichage ou de distribution public desdits contenus.

Comment interprétez-vous cela ? On a étrangement l'impression qu'on accorde à Google le droit de publier tous nos documents où il veut et globalement d'en faire ce qu'il veut !!!"

Mais je pense que ce genre de conditions est commun à tous les produits américains, Blogs de Google, Microsoft ou Apple y compris...

3. Alors on cherche...

Et voici deux ou trois choses que je trouve, bien intéressantes et à faire savoir, à propos des "CGU", les conditions générales d’utilisation.

"Pour chaque service ou site que vous utilisez sur Internet, vous devez accepter les conditions générales d’utilisations reprenant les règles auxquelles vous vous soumettez. Ignorées par 99% des internautes, les lire est un véritable parcours du combattant. Il faudrait presque être juriste pour se frayer un chemin parmi les phrases de 130 mots remplies de termes juridiques vagues comme le soulignait PC Impact il y a quelques mois."
(Maurin, voir http://www.blogdumoderateur.com/les-cgu-enfin-accessibles-a-tous/)

4. Vos données valent de l’or : Microsoft investit dans Klout

Publié par Flavien Chantrel | 28 septembre 2012
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"Vous connaissez peut-être déjà Klout. Ce site fait partie des multiples services qui vous proposent d’évaluer votre influence en ligne. Le site se charge de créer automatiquement des profils pour un maximum de monde, chacun pouvant venir le compléter an ajoutant les différents réseaux sociaux auquel il est inscrit pour faire grimper ses points. Son activité est ensuite étudiée, de même que son entourage, ses habitudes, ses « moments de gloire » qui suscitent plus d’échanges… Bref, Klout a lancé un fichage organisé des internautes sous un vernis de gamification amusante. Mais si, tu es influent, la preuve il y a 67 personnes qui t’ont souhaité ton anniversaire sur Facebook. On en profite pour garder la date au chaud et archiver ceux qui nous semblent être les plus proches.
Le constat peut faire peur... LIRE LA SUITE->

L’investissement est stratégique. Les données issues de Klout pourront désormais apparaitre dans les résultats de recherche de Bing. (...) On ne sait pas encore exactement l’implication de Microsoft dans le site, mais c’est très révélateur de la course à l’échalote sociale qui se joue actuellement avec vos données.
Mettre le social à toutes les sauces a ses limites, voir sa vie exposée en ligne, ses données croisées et utilisées pour une pertinence dont on n’a pas besoin, et si le cercle devenait vicieux et menait les réseaux sociaux dans l’impasse ? L’intimité est devenue difficile en ligne, la protection de ses données personnelles est un chemin de croix. Savoir configurer les sites sur lesquels on est inscrit mais aussi ceux qui en récupèrent les données n’est pas offert à tout le monde. Attention au retour de bâton, l’histoire du bug Facebook est assez instructive en la matière. A suivre…

5. Mais alors, est-ce désespéré ?


Les CGU enfin accessibles à tous !

Ignorées par 99% des internautes, lire les conditions générales d’utilisation est un véritable parcours du combattant, on l'a vu.

Mais tout ceci va peut-être changer, car certains les ont lues pour vous. En effet le site TOS;DR (pour « Terms of service; Didn’t Read ») ambitionne de remédier à cette situation et de faire mentir ce qui est connu comme étant un des plus gros mensonges sur Internet : « j‘ai lu et j’accepte les conditions d’utilisation ». Débuté en juin dernier, ce projet libre et collaboratif veut redonner le pouvoir aux utilisateurs en mettant en place un système simple de notations affichant clairement les règles que l’on accepte presque sans s’en apercevoir.

Chaque service reçoit un classement de A à E en fonction des points jugés négatifs ou positifs extraits et résumés depuis les conditions générales de chaque site. On retrouve entre autre Google, Facebook, Twitter, Steam, Skype, Soundcloud et le plus mauvais élève pour le moment : Twitpic.

Prévu pour être officiellement lancé à la fin du mois, le site est encore en phase de développement et il manque encore des informations, vous pouvez d’ailleurs participer au projet de plusieurs manières. On ne peut que saluer cette initiative tant les « CGU » sont importantes pour votre identité numérique. En effet elles peuvent regrouper la politique du site concernant les informations qui vont être collectées à votre sujet, quelles mesures de sécurité vous protèges, quelles informations seront partagées ou utilisées, si vous avez la possibilité de supprimer les données vous concernant, et bien d’autres.

Vous apprendrez donc peut-être grâce à TOS;DR que Facebook n’autorise pas l’utilisation de pseudonymes et que vos données ne disparaissent pas du site même si vous supprimez votre compte. Ou encore que Google peut utiliser vos données pour tous ses services présent et futur. De quoi vous faire réfléchir avant de donner votre confiance et vos données personnelles à tel ou tel site.


LES RESUTATS (Ratings) SONT TRES INTERESSANTS, VOIRE EDIFANTS. Voir le site http://tos-dr.info/ (encore provisoire, au stade de la collecte de données. vous pouvez contribuer. Avis aux amateurs.)

6. Un article du Monde :

Un site (TOS;DR ci dessus) veut mettre fin au "mensonge" des conditions d'utilisation sur Internet
Le Monde.fr | 14.08.2012 à 18h47 • Mis à jour le 15.08.2012 à 08h52 Par Franz Durupt

Extraits :
Un site tente de mettre fin au "plus grand leurre d'Internet", ciblant le processus auquel tout utilisateur s'étant inscrit à un service s'est plié en cochant la case se trouvant devant ces mots : "J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation."

Objectif : expliquer en quelques mots simples des pages et des pages de textes juridiques. Le projet, lancé en juin par Hugo Roy, un étudiant de Sciences Po, vise à mettre à la disposition des internautes des synthèses des conditions d'utilisation de nombreux sites ou services, en dévoilant les pièges cachés dans les plis de ces paragraphes empilés au bas des formulaires d'inscription ou dans des fenêtres pop-up.

7. Comparaisons 
Google 
NO CLASS YET
oWe haven't sufficiently reviewed the terms yet. Please contribute to our group: Get involved.
- Google can use your content for all their existing and future services
+ Limited copyright license to operate and improve all Google Services
+ Inform about data requests
+ Google posts notice of changes, with a 14-day ultimatum.
+ Transparency on law enforcement requests
→ Partial archives of their terms are available
→ Jurisdiction in California
→ (more info on the forum)

Read the full terms

Discussion (traduction) :
Hugo Roy :
Le mardi 14 août 2012 à 22:48 -0700, zer ... @ gmail.com a écrit:
"You retain ownership of any intellectual property rights that you hold in that content. In short, what belongs to you stays yours."
"Vous conservez la propriété de tout droit de propriété intellectuelle... En bref, ce qui vous appartient vous reste. "Cette phrase ne veut pas dire quoi que ce soit à mon humble avis. Ce qui est important est la
licence de copyright réelle et les droits accordés à Google.
Cela limite la capacité de Google à utiliser légalement votre contenu "de façon à ne pas violer vos droits de propriété intellectuelle ". Google ne pouvait pas faire autrement.  Choisir de promouvoir ses services en utilisant vos données d'une manière qui viole vos droits d'auteur, par exemple.
C'est toujours le cas. Google ne peut jamais utiliser votre contenu dans des «manières
qui violent vos droits de propriété intellectuelle "parce que c'est dans la loi :
c'est une violation du droit d'auteur, et c'est interdit, indépendamment du fait que
cette phrase soit là ou pas.
Encore une fois, pour moi, il ne veut vraiment rien dire." (Hugo Roy)


Par comparaison :
 

Dropbox 
No Class Yet
+ Transparency on law enforcement requests
+ Promise to inform about data requests
→ (more info on the forum)



***

"J’ai trouvé sur ce site et sur celui-là, le comparatif des CGU entre Google, Dropbox et Skydrive, c’est assez marquant. (la traduction n’est pas parfaite mais suffisamment parlante)"



DROPBOX
« En utilisant nos services, vous nous fournissez des informations, fichiers et dossiers que vous soumettez à Dropbox (l’ensemble étant nommé « your stuff » (vos effets, vos affaires, données… ). Vous conservez la pleine propriété de vos données. Nous ne prétendons à aucun droit de propriété ce qui nous est transmis. Ces conditions ne nous accordent pas de droits sur vos données ou sur la propriété intellectuelle, sauf pour les droits limités qui sont nécessaires pour exécuter les services, comme expliqué ci-dessous. 


SKYDRIVE
« Hormis les documents que nous vous concédons sous licence, nous ne revendiquons pas la propriété du contenu que vous fournissez sur le service. Votre contenu reste votre contenu. Nous ne contrôlons pas, ne vérifions pas, ni n’approuvons le contenu que vous et d’autres mettez à disposition sur le service ….Vous reconnaissez que dans la cadre de la fourniture du service, Microsoft est susceptible d’utiliser, de modifier, d’adapter, de reproduire, de distribuer et d’afficher le contenu publié sur le service, et vous autorisez Microsoft à effectuer ces opérations.

GOOGLE DRIVE
« Lorsque vous téléchargez ou soumettez un contenu à nos services, vous accordez à Google (et ceux avec qui nous travaillons) une licence mondiale  pour utiliser, héberger, stocker, reproduire, modifier, créer des œuvres dérivées (telles que celles résultant de traductions, adaptations ou d’autres changements que nous faisons, de sorte que votre contenu fonctionne mieux avec nos services), communiquer, publier, représenter, afficher et distribuer un tel contenu.  »




Mise à jour en ce qui concerne la polémique sur les CGU :

Pour le paragraphe qui fait polémique, voici la traduction exacte de Google : 

Certains de nos Services vous permettent de soumettre des contenus. Vous conservez tous vos droits de propriété intellectuelle sur ces contenus. Ce qui est à vous reste à vous.


En soumettant des contenus à nos Services, par importation ou par tout autre moyen, vous accordez à Google (et à toute personne travaillant avec Google) une licence, dans le monde entier, d’utilisation, d’hébergement, de stockage, de reproduction, de modification, de création d’œuvres dérivées (des traductions, des adaptations ou d’autres modifications destinées à améliorer le fonctionnement de vos contenus par le biais de nos Services), de communication, de publication, de représentation publique, d’affichage ou de distribution public desdits contenus. Les droits que vous accordez dans le cadre de cette licence sont limités à l’exploitation, la promotion ou à l’amélioration de nos Services, ou au développement de nouveaux Services. Cette autorisation demeure pour toute la durée légale de protection de votre contenu, même si vous cessez d’utiliser nos Services (par exemple, pour une fiche d’entreprise que vous avez ajoutée à Google Maps).
 


Suite à la polémique qui commence à se créer autour de cette affaire de CGU. Le site ZDNet (anglais) informe les lecteurs qu’ils ont tenté de contacter Google pour avoir les informations exactes. Ils n’ont obtenu aucune réponse pour le moment.


La dernière phrase fait toute la différence, bien que ces droits soient destinés essentiellement à l’amélioration de google Drive et au développement de nouveaux services, la portée de l’utilisation n’est pas définie clairement et pourrait s’étendre plus loin que ce à quoi l’on pourrait penser.


Selon ces termes, Google ne peut pas posséder un code ou un produit qu’un utilisateur à téléchargé mais se réserve des droits quand à l’utilisation qu’elle pourrait en faire.


http://www.zdnet.com/blog/btl/how-far-does-google-drives-terms-go-in-owning-your-files/75228


Conclusion, pour le moment :
(…) »On peut donc retenir deux choses de ces termes. D’une part Google affirme clairement, dès l’entame du sujet, que vous restez propriétaire du contenu que vous déposez sur son service. D’autre part, le géant de Moutain View se garde le droit d’utiliser ces données afin d’améliorer ses services…  Une formulation volontairement vague qui ne définit pas précisément les limites de l’exploitation de vos données.

 
Il reste cependant peu probable que Google prenne l’initiative d’exploiter davantage les fichiers déposés par ses utilisateurs que ses concurrents. Les curieux qui auront pris le temps de s’attarder sur ces CGU pourraient néanmoins, décider de ne pas se rabattre sur Google pour rejoindre le cloud. »…

 
Voir aussi Google Chrome, qui est bien entendu concerné par la discussion :
Google Chrome ou la crainte d'un navigateur Big Brother ?
http://www.zdnet.fr/actualites/google-chrome-ou-la-crainte-d-un-navigateur-big-brother-39383035.htm


7. Et pour finir....


Comprendre les CGU, c'est reprendre du pouvoir
 
Créé le dimanche 16 septembre 2012  |  Mise à jour le mercredi 17 octobre 2012
Thot Cursus, Foramtion et culture numérique :
http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/18657/comprendre-les-cgu-est-reprendre-pouvoir/

Réguièrement sur Internet, nous proférons ce mensonge : «oui, j'ai bien lu les conditions générales d'utilisation (CGU)». En effet, peu de gens peuvent affirmer sincèrement avoir examiné chaque point de ces longs textes juridiques. Ceux qui s'y essaient abandonnent assez rapidement.

 

Et pourtant, l'acceptation automatique des conditions générales d'utilisation des divers services utilisés des conséquences sur l'utilisateur. Sans réellement connaître les règles d'utilisation d'un site ou d'un logiciel, il peut se retrouver à transgresser des règles ou, tout simplement, à fournir de nombreuses données personnelles qui peuvent être vendues à son insu.


Des contrats sournois

 

Il faut dire que les CGU ou Terms of Service en anglais ne donnent pas le choix à l'usager : soit il accepte tout pour avoir accès au service, soit il refuse et ne peut l'utiliser. Alors, il clique sur le bouton d'acceptation en espérant que les conditions ne cachent pas des politiques défavorables à son égard.


Autre problème éthique des CGU: elles changent périodiquement selon le bon vouloir du créateur du logiciel ou du site Internet. Au début de l'année 2012, Google a par exemple regrupé toutes les CGU de ses services en un seul texte. Certes, cela « simplifie les choses » pour les internautes, mais beaucoup d'organisations, dont la CNIL, se sont inquiétées de la préservation et de la confidentialité des données des utilisateurs dans un tel contexte.



Enfin, les textes décrivant les CGU sont terriblement longs à lire. Les CGU d'Apple, par exemple, font près de 46 pages! Le tout souvent écrit dans une syntaxe difficile, avec des termes à double sens et des phrases alambiquées qui obligeraient presque chaque internaute à demander conseil à un juriste pour être sûr du sens exact de ce qu'il lit . Or, nul n'est censé ignorer la loi et aucun internaute ne peut se servir de l'excuse de CGU incompréhensibles pour justifier d'un comportement qui ne les respecterait pas. 


S'informer, c'est la clé



Les utilisateurs doivent ainsi savoir dans quoi ils s'embarquent avant d'adhérer à un service en ligne et donc d'accepter ses CGU. Mais comment faire?


Heureusement pour nous, il existe depuis peu un site qui résume simplement les bons et les moins bons côtés des CGU de nombreux sites : Terms of Service, didn't Read. Les activistes ayant mis en place ce site classent les CGU en leur attribuant une lettre : de A (transparent et respectueux de l'usager, de ses données, de son anonymat) à E (inquiétant). Évidemment, le site étant né en juin 2012, énormément de CGU ne sont pas encore évaluées. c'est la cas des CGU des services massivement utilisés tels que Facebook, Twitter ou Google. D'ailleurs, les webmestres invitent les internautes qui possèdent des connaissances juridiques à éplucher ces contrats afin de les aider à les évaluer.




Après s'être informés, les utilisateurs peuvent aussi protester et s'unir contre des CGU estimées abusives, afin de les faire modifier. C'est ce que nous rappelle cet article du blogue S.I.Lex d'avril 2012. Par exemple, en 2009, lorsque Facebook avait annoncé que tous les contenus déposés sur leur site lui appartenaient à jamais, cela avait causé un tollé qui avait contraint les dirigeants de Facebook à reculer sur la question. Pinterest a vécu une situation semblable quand des dizaines de milliers d'usagers ont affiché le message suivant sur leur mur : « Changez vos conditions d'utilisation ou je pars! » Les conditions ont été modifiées et les dirigeants de Pinterest ne peuvent désormais plus vendre les contenus déposés par des utilisateurs à des tiers. 



Certains fournisseurs de services en ligne s'efforcent de donner un nouvel eprit aux CGU, à les rendre à la fois plus accessibles et plus favorables aux utilisateurs. Ils sont trop rares, mais ils existent. Par exemple, les créateurs de Tumblr ont proposé une version abrégée humoristique des points clés des CGU. En s'inspirant des icônes précisant les conditions des oeuvres placées sous licence Creative Commons, la fondation Mozilla a élaboré des Privacy Icons précisant les conditions d'échange ou de vente des données personnelles et leur durée de conservation sur le site.

Malheureusement, aucun site Internet n'a adopté ce code pour le moment. La transparence des conditions d'utilisation ne semble pas être une priorité dans le milieu du service en ligne. Cela doit changer. Pour cela, les utilisateurs devront défendre plus farouchement leurs droits et exiger des CGU compréhensibles.











03 septembre 2012

Derniers articles parus sur le site "larcenciel.be" (septembre 2012)

SEPTEMBRE 2012

La mécanique de l’orange, film de Eyal Sivan, Israélien juif. "Mon travail est une arme dans une lutte latente entre les deux peuples." L’histoire de l’orange de Jaffa devient aussi l’histoire de l’image et du conflit israélo-palestinien.
Présentation du film et 3 extraits vidéos à voir (une bonne partie du film).

 Je vous propose quelques Extraits du livre "Prospérité sans croissance",
LA TRANSITION VERS UNE ÉCONOMIE DURABLE, un livre de Tim Jackson, et de la préface.
voir la couverture du livre.

"Toute personne est porteuse de savoir"
Un petit extrait (à méditer) de la préface au livre de Tim Jackson : "PROSPéRITé sans CROISSANCE" : Lire...

Quand éolien rime avec citoyen
INITIATIVES ÉCO-CITOYENNES
Etre à la fois producteur et consommateur d’énergie, c’est le pari lancé par le mouvement des "éoliennes citoyennes" de l‘association Les Vents d‘Houyet.

• Du féminisme islamique, à partir d'un dossier de Jean Vogel dans "Secouez-vous les idées" (www.cesep.be)
• Qu’est-ce que le féminisme islamique ?
Quelques données historiques et théoriques (Extraits)
• "Il faut reconnaître aux autres qu’elles peuvent s’émanciper...
... EN SUIVANT DES VOIES QUI LEUR SONT PROPRES."


Un outil de prise de conscience : les 9 cases
par Michel Simonis
Pratiques pour l’environnement, la justice sociale et la vie intérieure. 
Consommer moins et/ou consommer mieux ? 
Combiner gestion de mon budget et éthique écologique...

Quelques balises sur l’aire de la génération digitale
PATRICK GILLY
Nécessaire implication des éducateurs pour guider l’enfant dans sa découverte des écrans. La tâche des parents est particulièrement ardue.

Ensemble, changeons la finance
par Michel Simonis
Dénoncer, tout le monde le fait. Agir est plus difficile. Dès maintenant, nous pouvons tous faire quelque chose. Ce que j’appelle "l’autre pouvoir d’achat", le pouvoir d’agir avec son porte-monnaie. Ca marche non seulement dans les supermarchés, mais aussi dans nos banques.

23 juillet 2012

Règlementation absurde... Les semences de variétés traditionnelles ne peuvent plus être commercialisées

La Cour de Justice de l’Union Européenne a confirmé le 12 juillet dernier l'interdiction de commercialiser les semences de variétés traditionnelles et diversifiées qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel européen. Ecolo propose une réforme de la réglementation, qualifiée d'"absurde".
Des associations comme Kokopelli ou Semailles se retrouvent dans l’illégalité: elles préservent et distribuent ces semences.

Pourtant, il suffirait d'inclure ces variétés anciennes au catalogue officiel pour les commercialiser en toute légalité. Seulement voilà, elles se trouvent dans le domaine public et après 20 ans, si personne ne les a réinscrit au catalogue, elles en sortent. Il faut pour cela payer assez cher, explique Catherine Andrianne de Semailles. "A cause de cette réglementation, il y a plus de 80% de la biodiversité qui a disparu", dit-elle.
Il ne suffit pas de payer pour inscrire une semence au catalogue officiel, il faut aussi que l'espèce réponde aux critères de Distinction, Homogénéité, Stabilité (DHS). Ces critères sont discriminants, selon Kokopelli, "puisqu’ils impliquent que les semences soient… très peu variées. Seules des variétés hybrides F1 ou des variétés lignées, quasi cloniques, répondent à ces critères, qui ont été établis dans le seul but d’augmenter la productivité selon des pratiques industrielles".
Malgré un assouplissement de ces critères pour les variétés dites de conservation, ceux-ci restent inadaptés pour les variété traditionnelles. Pour Nature & Progrès et les défenseurs des semences paysannes, "cette décision est un contresens historique grave qui s’apparente à un déni de la sélection végétale réalisée par l’être humain depuis 10 000 ans".

Certains producteurs alternatifs comme Semailles ne comptent pas arrêter la commercialisation de leurs semences, qu'ils considèrent comme un produit vivant et non un produit d'usine.
L'industrie, elle défend les variétés nouvelles: la réglementation permet de garantir le financement de la recherche. Pour le Prof. Bernard Bodson de Gembloux Agro Bio Tech ULg, les variétés issues de la recherche sont plus résistantes et plus productives.
De là à parler de concurrence déloyale, il y a peut-être un pas à ne pas franchir... On pourrait pourquoi pas classer les anciennes variétés au patrimoine naturel sans que cela ne gêne la création de nouvelles variétés plus standardisées pour les agriculteurs.

Ecolo réagit

"Ecolo, comme de nombreuses organisations agricoles et environnementales, juge pour l'heure cette réglementation parfaitement contraire à la sauvegarde de notre biodiversité et aux intérêts des cultivateurs. L'absurde rigidité du catalogue officiel des semences commercialisables menace en effet de nombreuses semences anciennes et semble tout simplement taillée sur mesure pour les quelques grandes multinationales du secteur", selon un communiqué.


Le parti écologiste entend "marquer son soutien plein et entier aux nombreuses associations qui, à l'instar de Kokopelli, luttent pour la sauvegarde de variétés anciennes ou locales, et permettent de nous offrir ainsi une alimentation variée et de qualité au quotidien". Ecolo compte peser au niveau européen et au niveau national pour faire modifier la législation.

RTBF Lundi 23 juillet 2012 - JFH avec Pascale Bollekens

Lire aussi : Portes ouvertes chez Kokopelli , qui fête la biodiversité semencière

06 juin 2012

Le 16 juin : ETEroclite à Kampana

Le 16 juin, ce sera ETEroclite, la fête de l’été et de la diversité à Kampana, l’occasion de découvrir notre projet à travers différents ateliers, chantiers et rencontres !

A cette occasion, je présenterai un atelier "pratique du mandala" le matin.

Pour les détails, voir le site de Kampana.

01 février 2012

L'AXE DE VIE


Identité et recherche personnelle.
En utilisant la peinture centrée spontanée comme outil de conscientisation, aller à la rencontre de notre PROJET DE VIE.
Faire le point sur notre vie ici et aujourd’hui. En faisant la synthèse de ce que nous savons, de ce que nous pouvons et de ce que nous aimons faire, nous nous connectons avec notre VOCATION.
Cette démarche implique parfois une remise en question de nos croyances, un dégagement de ce qui nous entrave et nous freine, pour pouvoir accueillir une meilleure conscience de QUI NOUS SOMMES et POUR QUOI FAIRE.

• Atelier de trois jours. Résidentiel. Dates et lieux selon les demandes. Me contacter.

• Prix 175 € (matériel fourni) négociable en cas de besoin. Hébergement en sus.

• N’hésitez pas à me contacter en m'envoyant vos coordonnées (adresse, téléphone et courriel).
L'inscription est ferme dès réception d'un acompte de 60 € sur le compte Triodos 523-0454725-64 de L’arc en ciel A l’att. de Michel Simonis. 
(acompte non remboursable en cas de désistement sauf cas de force majeure).

Cet « AXE DE VIE » est ouvert à tous.

Michel Simonis est psychologue et animateur au Groupe belge d’Education nouvelle. 
Il a été formé à l’utilisation pédagogique du mandala par Marie Pré.

08 décembre 2011

Cinq milliards !

Ces jours-ci, les belges ont acheté massivement des bons d'Etat.
Pour cinq milliards sept cent millions et des poussières, soit en moyenne plus ou moins 50 € par habitant. (1)

Certains, comme moi, par internet, d'un simple clic. D'autres, à l'ancienne, sont allés déposer 200 € (ou plus) au guichet de la poste, comme on allait jadis déposer ses économies à la Caisse d'épargne. Ils ont parfois passé du temps dans de longues files d'attente, vu le succès.

Réflexe moutonnier ? Je ne pense pas.
Spéculation ? Sûrement pas.
Le calcul était simple. Trois ou quatre pour cents, ce n'est jamais que l'équivalent du taux actuel d'inflation en Belgique. C'était donc un moyen simple de protéger ses économies de l'érosion. Rien à voir avec de la spéculation.
ll y a eu aussi la conclusion de l’accord gouvernemental sur le budget et un appel du Premier ministre Yves Leterme au premier jour de l’émission, jeudi dernier, "qui a qui a été entendu comme un appel à la responsabilité citoyenne et "joué un rôle déclencheur d’un sentiment patriotique chez les épargnants". Et toc pour les Banques !
Et puis sans doute un effet Téléthon : les montants souscrits n’ont cessé de grimper jour après jour avec même un rush de dernière minute...
Au lieu de baisser les bras de désespoir et de continuer à râler depuis plus de 500 jours, "nous" avons plutôt choisi de faire un geste de solidarité et de citoyenneté.

Suis-je naïf ? Je vois cela comme un pied de nez aux spéculateurs, aux prêteurs, aux banques toutes puissantes.
Je trouve aussi que c'est un fameux pied de nez à Bart de Wever, lui qui souhaite ardemment  la disparition de la Belgique.

Petite analyse d'Yves Cavalier, qui écrit dans LLB de ce WE (de la Saint Nicolas) :

"Quelle plus belle preuve de confiance que d’accepter de miser ses économies sur la réussite d’un pays dont l’avenir institutionnel reste en grande mutation."

Inattendu, inespéré et même incompréhensible aux yeux des professionnels. Car, soyons sérieux : pourquoi se ruer sur un papier qui vous donne du 4 % de rendement (brut), alors que sur le marché secondaire, vu l’envolée des taux, on peut obtenir au minimum 100 à 150 points de base supplémentaires ?
Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Le "bon père de famille" belge en a ras le portefeuille de tous les produits plus ou moins sophistiqués qui lui permettent de glaner quelques miettes de plus à condition que En clair, la Bourse, les marchés sont en disgrâce, et on peut même se demander si les "conseilleurs", les intermédiaires ne subissent pas le même sort. Donc, un bon d’Etat. Au moins, c’est simple, c’est facile à comprendre. On n’y touche pas pendant 5 ans, et on encaisse les intérêts. Bref, c’est du béton. Comme l’étaient les bons de caisse des banques, avant qu’elles ne fassent faillite les unes après les autres.
Le message est celui-là : assez de risque, assez de spéculation. Et si, en outre, cette contribution peut avoir les allures d’un acte citoyen, tant mieux.
Le bon sens populaire finit par l’emporter, et ça, c’est la bonne nouvelle du jour." 


(Et si les autres pays de la zone Euro faisaient de même ?)


Et Yves Cavalier ajoute "Comment rétablir le cercle vertueux d’une épargne publique qui finance la croissance harmonieuse de l’économie ? Comment ramener les marchés à leur rôle de régulateur des flux de capitaux et non plus à celui centralisateur des flux spéculatifs ? Lorsqu’on sortira de cette crise - si on en sort un jour ! -, les marchés eux-mêmes devront se poser de sérieuses questions sur leur fonction et leur avenir."

Note positive pour finir : un petit mot sur les entreprises coopératives.

"Créé à ses origines pour offrir un contrepoids économique et social aux méfaits du capitalisme industriel de la fin du XVIIIe, l’entrepreneuriat coopératif contemporain reste un modèle crédible face aux excès du capitalisme financier dominant. Mais s’il ne se contrôle pas lui-même, il risque, par mimétisme, de se transformer en "coopitalisme".
(Jean-François Hoffelt Président honoraire du Conseil national de la coopération et secrétaire général de Febecoop, dans un article sur "Les enseignements du crash d'Arco"). Eviter les amalgames !

Le modèle d’entreprise coopératif - qui, aujourd’hui plus que jamais, reste porteur de sens - continue à rencontrer en Europe comme en Belgique un vif succès comme l’indiquent, à titre d’exemple, des entreprises comme Milcobel (laiterie), Crédit agricole, CPH (banque), Ecopower (éolien) sans parler des nombreuses nouvelles entreprises coopératives créées dans le domaine de l’aide aux personnes, de l’insertion socio-économique ou des métiers de l’environnement.
L’Onu a, quant à elle, déclaré 2012 "année internationale des coopératives", rendant ainsi hommage aux acteurs du mouvement coopératif du monde entier pour leur contribution à la réduction de la pauvreté, la création d’emplois et l’intégration sociale.
La pertinence du modèle d’entreprise coopératif - axé autour de valeurs et principes universellement reconnus (solidarité, responsabilité, engagement ), mais aussi démocratie économique (absence d’actionnaire dominant), non-lucrativité (constitution de patrimoines collectifs à long terme plutôt qu’enrichissement des membres à court terme), ancrage local et régional - reste le meilleur garant d’un développement économique et social, qui s’inscrit dans la durée.


Et demain ?

Il est intéressant de mettre quelques économies chez Triodos ou dans les coopératives éthiques : Crédal, micro-crédits et autres (Emission zéro, les éoliennes citoyennes, Energie 2030, Ecopower, Oxfam...)
Et parallèlement à la crise qui pointe, émerge un autre rapport à l'argent : les monnaies alternatives, les SEL...
Je vous en parlerai ailleurs. A suivre de près...

(1) Et curieusement cette somme est pratiquement la moitié des 11,3 milliards que l'ex- futur gouvernement devait absolument trouver, au forceps, pour le budget 2012 !

09 octobre 2011

OWNI, SOCIETE, POUVOIRS ET CULTURES NUMERIQUES

J'ai découvert récemment OWNI, et je vous partage ma découverte.

OWNI est un des sites d'information les plus consultés en France. Quotidien, sérieux, bien fait, et en "Creative common" (voir la charte éditoriale)

"OWNI est un groupe de médias innovants. OWNI.fr est édité par 22mars SAS.

OWNI est spécialiste du datajournalisme et pratique un journalisme augmenté des compétences des développeurs (du HTML5), des designers, et des "best practice" du web social.

OWNI a été honoré du "Prix d'Excellence Générale" en journalisme online par l'Online News Association (ONA, Washington, octobre 2010) et fut en final de l'accélérateur de SouthBySouthWest (SxSW, Austin, mars 2011).

OWNI compte 38 salariés, 45 associés, plus d'un millier d'auteurs et adresse son travail éditorial à un million et demi d'internautes, français pour la moitié d'entre-eux.

OWNI est également un laboratoire de R&D "News & technology" qui conçoit, design et développe des apps, webapps, sites web, plateforme de blogs et réseaux sociaux pour ses clients et des partenaires".

EN SAVOIR + : CHARTE ÉDITORIALE
 
OWNI (Présentation Wikipédia)

Voir aussi sur le site de l'arc en ciel, deux articles parus le 9 octobres 2011

08 octobre 2011

Activités et projets MANDALA


FORMATION PéDAGOGIQUE AU MANDALA
 
Je propose la formations 1 (Initiation) les samedi 18 et dimanche 19 août 2012 à Kampana,
la formation 2 (prolongements) en septembre 2012 (date à définir) et
la formation 3 (Approfondissement) courant du 4ème trimestre 2012.

Voir les détails sur le Blog-> 

Et aussi un "AXE DE VIE" selon la demande.


Michel Simonis, formé au Mandala 
avec Marie Pré, anime cette formation dans le cadre du Réseau "Pédagogie Marie Pré".
_________________________________

FORMATION  PEDAGOGIQUE
Premier niveau
Une formation initiale est assurée, en 4 sessions,
par les Formateurs pédagogiques du Réseau "Pédagogie Marie Pré".
Elle permet d'intégrer les notions indispensables
permettant d'introduire l'activité "Dessin Centré" 
dans l'animation de groupes, dans un cadre légal public ou privé.
 Elle permet d'acquérir une première expérience et une assurance personnelle,
mais ne peut, en aucun cas, sauf pour les thérapeutes confirmés, 
être considérée comme suffisante, en regard de l'impact profond
de cette pratique graphique sur l'évolution de la personnalité.
Second niveau
Le second niveau est assuré ensuite par Marie Pré elle-même,
dans une optique de consolidation, d'approfondissement et de synthèse.
Il permet de devenir membre du réseau "Pédagogie Marie Pré"
puis d'être inscrit, après validation, sur la liste publique des praticiens de ce réseau
qui proposent des ateliers selon cette pédagogie.
__________________________

FORMATION  INITIALE  PREMIER  NIVEAU
par les formateurs pédagogiques du réseau
en 4 sessions de 3 jours

Formation 1
Pédagogie générale - 1ère partie
Cette session doit permettre de commencer à expérimenter en sécurité.
  L'intégration des notions proposées se fera grâce à la pratique et sur le long terme.
Il restera indispensable de compléter cette première information
par la formation 2 avant de travailler avec des groupes constitués.
* Genèse de la recherche : une proposition de recentrage dynamique.
* Observations sur le terrain : un outil pour la conscience de soi.
* Inventaire des principaux modes d'approche de cet outil de recentrage.
* Approfondissement de la technique du coloriage pour tout public.


Formation 2
Pédagogie générale - 2ème partie
Pour aller plus avant dans l'expérimentation et aborder l'animation en groupe.
* Expérience du dessin à compléter sous ses différentes formes.
* Expérience du dessin géométrique et toute première approche de la création.
* Précisions pédagogiques générales.

07 octobre 2011

Suite du COLLQUE REGARD ET COOPéRATION

En savoir plus sur Arubuntu :
ARUBUNTU (voir fiche) qui veut dire en kirundi « A cet endroit, il y a de la valeur » est une initiative qui a pour objectif de mettre en lumière des porteurs d’espoir et créateurs de richesses africains. Ce sont des acteurs anonymes qui  font des choses extraordinaires ; par leur savoir-être, ils ouvrent de nouveaux horizons et mettent en place des projets pour la prospérité de l’Afrique
Ils ont en commun de
• Se libérer des pesanteurs sociales et d’ouvrir des espaces de libertés. Par leur projet, ils font avancer la société en proposant de nouvelles manière d’être et de faire ;
• De traverser les épreuves et de penser en termes d’alternatives pour leur vie ou leur projet ;
• De rassembler, de fédérer des gens et partenaires ;
• De tirer partir de leur environnement ; de s’appuyer sur des valeurs immatérielles durables ;
• De, par leur projet, répondre à leurs motivations profondes ;
• D’être porteur d’espoir pour leur communauté.

Quelques exemples passés de l'action d'Echos Communication, à découvrir en images sur ONG-TV...

La remise des prix Harubuntu 2010 a eu lieu début décembre (les 8 et 9/12/2010) à Bruxelles. Une demi-douzaine de lauréats ont été comme chaque année récompensés. Mais cette fois, Echos Communication a voulu aller plus loin dans son questionnement sur les dynamiques de développement, abordées en ateliers lors d’un colloque . En question et en débat: tout ce qui, dans le regard que nous portons sur nous-mêmes ou sur les autres, inhibe ou suscite ces dynamiques de développement, à un niveau individuel et systémique.

Ainsi, en partant des réalités de terrain et expériences rencontrées par les lauréats du prix HARUBUNTU, nous avons proposé aux participants d’expérimenter des outils, des méthodes, différentes paires de lunettes pour un changement de regard.

28 septembre 2011

cinq extraits d’entretiens avec Pierre Rabhi : 18 juin 2010

Entretien avec Pierre Rabhi: Histoire, Peur, Connaissance, Education (1/5 ) (9:44)

Entretien avec Pierre Rabhi: Economie, Croissance, Dérives, Valeurs (2/5) (7:23)

Entretien avec Pierre Rabhi: Agriculture, Ecologie, Proximité, Santé (3/5) (5:33)

Entretien avec Pierre Rabhi: Ecologie, Spiritualité (4/5) (7:37)

Entretien avec Pierre Rabhi: Révolution humaine, Sobriété heureuse (5/5) (7:28)

L'ensemble des entretiens est regroupé sur YouTube : http://youtu.be/jhbKrqg2_Vs

Agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l'agriculture biologique. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d'Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Il est aujourd'hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l'élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il est l'initiateur du Mouvement pour la Terre et l'Humanisme. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Paroles de Terre, du Sahara aux Cévennes, Conscience et Environnement ou Graines de Possibles, co-signé avec Nicolas Hulot.

Auteur, philosophe et conférencier, il appelle à l'"insurrection des consciences" pour fédérer ce que l'humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions. Devant l'échec de la condition générale de l'humanité et les dommages considérables infligés à la Nature, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l'importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une « sobriété heureuse ».

30 novembre 2010

Une vie plus simple, une société plus durable

Conférence donnée à Saint-Gérard le 26 avril 2010, par Patrick Viveret docteur en études politiques, philosophe, économiste, ancien conseiller à la Cour de Comptes à Paris, essayiste, conférencier…

1. Extraits (LIRE, ci-dessous, le début de la conférence)

2. Pour lire le texte complet de la conférence ou pour télécharger le document :
http://www.gben.be/ecrire/?exec=articles&id_article=170

3. Vidéos, par exemple :
         • Une conférence de 95 min."la sobriété heureuse".
         • Un entretien avec Patrick Viveret e Philippe Meirieu.
Et, tout simplement, VOIR sur ce blog.

Extrait ° 1 : INTRODUCTION
Une crise à plusieurs facettes
Je vais vous parler du rapport entre les enjeux de la simplicité et ceux d’une société plus durable.  Mais pour introduire cette part positive de mon propos, je crois important de montrer d'abord en quoi le modèle économique, social et même politique dominant, qui est celui de nos sociétés, est effectivement non durable, insoutenable comme on le dit souvent.

C’est important de bien voir les raisons de cette insoutenabilité, de les voir aussi bien dans les différentes facettes de la crise :
- la facette écologique, 
- la facette financière, 
- la facette sociale, 
- la facette politique aussi.
Si on dissocie ces différents aspects, on a ce à quoi on a assisté au cours de l’année 2009, c’est-à-dire une situation où on tronçonne les différents problèmes. Par exemple, comment répond-on à la crise financière ? Là, on est capable de trouver des milliards de dollars pour faire face à cette crise financière mais d’un autre côté, face aux problèmes sociaux, ou face aux problèmes écologiques, on continue à nous dire que les caisses sont vides.
Si on veut éviter cette situation, c’est important de bien comprendre ce qui fait le lien entre les différentes facettes de cette fameuse crise dans laquelle nous sommes entrés.
Mais la crise n’est elle-même, d’une certaine façon, que la loupe grossissante de mutations qui sont beaucoup plus profondes. Comme toujours, la partie grise, énorme, c’est la partie immergée donc invisible de l’iceberg.

Un élément clé : la démesure

Or l’un des éléments clés que l’on trouve aussi bien du côté du défi écologique, du côté social, du côté financier, que du côté politique, c’est la question de la démesure. La démesure, l’excès, ce que les grecs appelaient "lubris", c’est une vieille question dans l’histoire des sociétés.
1. La démesure, c’est ce qui crée, par exemple sur le plan écologique, un rapport complètement déséquilibré à la nature : là où la nature a pu mettre des dizaines, voire des centaines de millions d’années pour accumuler des ressources naturelles, en 4 ou 5 générations on est en train de les épuiser.
Le rapport qui se trouve derrière des enjeux tels le dérèglement climatique, ou les risques concernant la biodiversité sont fondamentalement liés à des logiques de démesure dans le rapport à la nature.  Au lieu d’habiter nos écosystèmes, nous sommes dans des rapports guerriers à la nature. Cette démesure est à la racine du défi écologique sous ses différentes formes.
2. Mais la démesure vous la trouvez aussi à l’échelle sociale mondiale : la fortune personnelle de 225 personnes (ce n’est pas beaucoup 225 personnes), est égale aux revenus cumulés de 2,5 milliards d’êtres humains. Vous voyez l’immensité de la disproportion et de la démesure.
3. La démesure on la trouve aussi à l’origine de la crise financière et de l’insoutenabilité financière du modèle dans lequel nous sommes depuis une trentaine d’années. Il y a un chiffre particulièrement éclairant qui la met en évidence.  c’est à un ancien responsable de la Banque Centrale de Belgique, BERNARD LIETAER, qu'on la doit. Il avait mis en évidence, avant la faillite de la banque Lehmann Brother, à l’automne 2008, que sur les 3200 milliards de $ qui s’échangeaient quotidiennement sur les marchés financiers, la part qui correspondait à des biens et des  services réels qui s’échangeaient, qui correspondaient donc à l’économie réelle, par  rapport à l’économie spéculative, c’était  moins de 3% des échanges, 2,7% exactement. Cela c’est aussi de la démesure.
Un système qui vit de la démesure est un système insoutenable et un jour ou l’autre ce système finit par s’effondrer.

4. C’est vrai sur le plan économique mais c’est vrai aussi sur le plan politique. Vous avez là un autre exemple de démesure, cette fois dans le rapport au pouvoir qui aboutit à un autre effondrement. Celui de l’Empire Soviétique il y a une vingtaine d’années.
A l’échelle de l’Histoire, on peut considérer  qu'il y a deux grands effondrements. D'une part, ce qu’on vit depuis trente ans, c'est une espèce de logique de dérégulation à outrance. On assiste à l’effondrement du modèle de ce qu’on pourrait appeler l’ultra capitalisme (qui n’a rien à voir avec une économie régulée).
Et d'autre part, l’effondrement du modèle ultra dirigiste qui était représenté par le système soviétique. Dans les deux cas vous avez de la démesure.
Dans un cas c’est de la démesure dans le rapport à la nature, à la richesse, dans l’autre cas c’est de la démesure dans le rapport au pouvoir.
Quand il y a démesure, à terme, on sait qu’un système va s’effondrer. On ne sait pas quand, on ne sait pas quelle est l’allumette va mettre le feu à la plaine, mais la plaine est sèche. On sait qu’un jour ou l’autre le système va s’effondrer.
Dans l’Histoire des civilisations vous avez toujours eu des phénomènes de même nature. Mais ce qui est intéressant c’est de voir que cette démesure est elle-même liée à des formes de mal-être, à des formes de mal de vivre, à des formes de maltraitance. C'est un point important. En effet, si nous voulons introduire la partie positive de l’art de vivre, des changements de mode de vie, de production, mais aussi de changement de relations, de changement de rapport à la richesse, au pouvoir, à la vie elle-même, à la nature, il faut bien comprendre en quoi le mal de vivre, le mal-être et la maltraitance sont elles-mêmes au cœur de la démesure.

La démesure au niveau planétaire

Pour le montrer, je partirai d’abord des chiffres des Nations-Unies. Dans le rapport mondial sur le développement humain, le programme des Nations-Unies pour le développement avait mis ces chiffres en évidence d’une façon particulièrement significative. Le rapport date de 1998 et les chiffres ont bien sûr bougé au cours de ces vingt dernières années, mais les proportions sont restées les mêmes.
Que disait ce rapport ? Une mise en évidence de ce que, d’un côté, il faudrait faire pour s’attaquer aux grands maux de l’humanité :
- le problème de la faim, 
- le problème de l’accès à l’eau potable, 
- le problème du logement,
- le problème des soins de base.
Donc ce qui fait qu’il y a des situations totalement inacceptables pour plusieurs milliards d’êtres humains. Et le programme des Nations-Unies est arrivé à la conclusion que ces problèmes étaient parfaitement solubles.
Qu’on pouvait nourrir, qu’on pouvait permettre l’accès à l’eau potable, qu’on pouvait assurer un logement décent et  qu’on pouvait soigner la plupart des grandes maladies mortelles avec un programme qui était relativement peu coûteux.
Les ressources existaient, les techniques existaient, la possibilité de groupes humains sur place capables de les appliquer existaient, et sur le plan strictement monétaire, ils avaient estimé, qu’il fallait, à l’époque, 40 milliards de $ supplémentaires par rapport aux 40 milliards qui existaient déjà sous la forme d’aide publique.
Avec ces 40 milliards supplémentaires, il était possible 
    d’éradiquer la faim, 
   de permettre l’accès à l’eau potable, 
  d’assurer des logements décents pour les 6 milliards d’êtres humains de l’époque.
Et comme évidemment, tout le monde s’écriait : "Vous ne vous rendez pas compte, 40 milliards où va-t-on les trouver ?", le rapport des Nations-Unies avait eu l’idée de mettre en évidence 3 grands budgets. C’était le budget des  dépenses annuelles de la publicité, dans le domaine de la drogue et des stupéfiants et dans le domaine de l’armement. Le résultat était extrêmement éloquent.
• Rien que pour la publicité on dépensait en 1998, 400 milliards de $ annuels, donc dix fois plus que les sommes que l’on recherchait et qu’on prétendait ne pas trouver pour la faim, l’eau potable, les soins de base et le logement.
Quelque soit l’admiration que l’on peut avoir pour la créativité des publicitaires et des communicants, il est difficile de faire croire que la publicité est un besoin vital qui prime sur celui de la faim ou de l’accès à l’eau potable, mais rien que la publicité c’était déjà 10 fois plus.
• L’économie de la drogue et des stupéfiants c’était aussi 10 fois plus : 400 milliards de $ en 1998, (et c'est un minimum, parce qu’on sait bien que la part souterraine de l’économie de la drogue est très importante).
• Enfin, du côté des budgets de défense et d’armement, les politiques guerrières au sens large du terme, là, on battait tous les records puisque c’était 20 fois plus. C’était 800 milliards de $ à l’époque.

Mal-être, maltraitance et mal de vivre.

Or quand vous regardez ce qui se passe dans ces trois budgets, mon hypothèse c’est que ce sont des dépenses liées à du mal-être, à de la maltraitance et au mal de vivre.
• Du côté de la drogue et de l’économie des stupéfiants c’est une évidence, on ne se drogue pas durablement et avec des drogues dures par curiosité intellectuelle. L'idée même de se droguer durablement avec des drogues dures, c’est quand on ne va pas bien que cela se passe ! L’économie mondiale de la drogue, par exemple, repose sur 5 millions de drogués lourds aux USA et de drogués durables. Ce sont de gens qui ne vont pas bien. L’économie de la drogue, c’est massivement une économie du mal-être du mal de vivre.
• L’économie de la guerre, c’est la même chose. Que fait-on avec ces 800 milliards de $ (qui entre-temps sont devenus aujourd'hui plutôt 1200 à 1300 milliards de $) ? Eh bien pour l’essentiel on gère des logiques de peur, de domination et de maltraitance. On sait bien, hélas, que les budgets militaires servent très peu là où ce serait nécessaire c’est-à-dire à assurer des formes effectives de protection. La plupart du temps, on est dans des logiques de course aux armements. Et ce qui motive une course aux armements, c’est la peur de l’agression de l’autre dont on se défend en se donnant la capacité de mener des guerres dites préventives, qui persuadent du coup les autres qu’ils ont aussi des raisons de s’inquiéter.
C’est comme ça que les courses aux armements se sont engendrées dans l’Histoire de l’humanité.
Donc on peut dire que le gros paquet de ces 800 milliards de $ de 1998, de ces 12 à 13 milliards actuels, c’est aussi des formes de maltraitance, des formes de domination, de peurs.
On est aussi dans une forme de mal de vivre.
• Prenons maintenant la publicité. Qu’est-ce qui se joue dans la publicité ? L’essentiel de la publicité n’est pas de l’information sur des produits nécessaires pour répondre à ses besoins vitaux. D'ailleurs, si c’était le cas, l’essentiel de la publicité serait destiné à vanter les mérites de choses essentielles, par exemple à donner de l’information sur les grandes campagnes sur l’eau, sur la lutte contre la faim, sur l’appui aux organisations humanitaires. Mais on sait bien que ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit. L’essentiel de la publicité, l’essentiel de ces 400 milliards de $, qui sont aujourd’hui plutôt 600 ou 650 milliards de $ de dépense annuelle, ce sont des financements qui tournent en rond dans des sociétés que l’on appelle des sociétés de consommation, qui sont de plus en plus des sociétés de "consolation", comme le signifiait le lapsus d'un intervenant dans un débat à Lille. Ce lapsus était tout à fait révélateur et pointait un élément fondamental des sociétés du stress, de la course, de la compétition, de la destruction écologique.
Nous avons une publicité qui va nous parler de quoi ? Qui va nous parler de beauté, qui va nous parler d’amour, qui va nous parler de bonheur, qui va nous parler de sérénité. Ce sont toujours des paysages magnifiques, des gens souriants et sereins, qui vous donnent envie d’accéder à leur propre joie de vivre c’est-à-dire que la publicité vous vend de la joie de vivre.

Donc, si l'on pense aux trois grandes aspirations d’un être humain :
- sa capacité d’harmonie avec la nature, la beauté,
- sa capacité d’harmonie avec ses semblables, l’amour, l’amitié, la paix ou
- sa capacité d’harmonie intérieure, la sérénité, l’authenticité, 
ces trois grandes promesses, nous sont proposées par la publicité. Mais elles le sont dans des conditions totalement perverses et mensongères et qui vont produire un double effet pervers.
D'une part, un effet pervers du côté du consommateur qui évidemment après un bref moment de satisfaction va retrouver le chemin de la frustration et de la déception. On lui promet du bonheur, de la beauté, de l’amour etc. mais dans ce qu'on  lui propose, le bonheur, la beauté et l’amour sont loin d’être au rendez-vous.
Mais comme le message est de dire : "Si vous n’êtes pas satisfait c’est que vous n’en n’avez pas pris assez", on est dans une logique du toujours plus, qui n’est rien d’autre qu’une logique de l’addiction. Il y a un rapport assez étroit avec ce qui se passe dans l’économie des stupéfiants, ça entraîne une boulimie de consommation qui elle-même va générer de nouvelles frustrations.

D'autre part, ce toujours plus à un pôle génère un toujours moins à un autre pôle. Quand vous prenez les problèmes vus du côté de la malnutrition, l’accès à l’eau potable, aux soins de base, etc. vous voyez bien le lien qu’il y a à l’échelle planétaire entre ce qu’on pourrait appeler les deux misères : la misère matérielle à un bout de la chaîne, qui est elle-même liée à la misère éthique, affective, spirituelle, (je prends le mot spirituel au sens laïque du terme, il y a des spiritualités athées ou agnostiques) à l’autre bout.

Quand un être humain, et c’est aussi vrai individuellement que collectivement, ne peut pas vivre pleinement sa qualité de conscience et sa vie de l’esprit, c’est une misère, c’est une souffrance.
Cette misère spirituelle, affective, à un pôle et cette misère matérielle à un autre pôle s’entretiennent, elles ont un rapport systémique. Et d’une certaine façon les chiffres des Nations-Unies que je vous commente à l’instant viennent apporter la démonstration à une phrase de Gandhi qui disait : "Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous,. En revanche il n’y en a pas assez s’il s’agit de satisfaire l’avidité, la cupidité, le désir de possession de quelques-uns".

Désir et besoin

Pourquoi ce phénomène ? Là on touche à un enjeu à la fois d’ordre philosophique, et en même temps directement  d’ordre politique et social. C’est que derrière ce désir illimité, vous avez une question que tous les êtres humains rencontrent et qui est tout simplement notre rapport à la mort, question rarement évoquée et pourtant centrale.
Qu’est-ce qui caractérise l’humanité ?  C’est que nous sommes des animaux conscients, et conscients de notre propre finitude. Donc fondamentalement, ce qui nous spécifie dans l’univers, c’est ce couple formé par la conscience de la mort et la conscience de notre propre finitude.
Qu’est-ce qu’on fait quand on a conscience de la mort, même si cette conscience est souterraine et qu’on a mis des pelletées de terre dessus, parce qu’en nous se déclenche la lutte contre la mort ?

Qu’est-ce que la lutte contre la mort? 
Un autre nom du désir.
                                                                                                            
Le désir est limité dans son énergie, le besoin, lui, est autorégulé par la satisfaction.
J’ai faim. Après avoir mangé un plat délicieux, si on m'en propose d'autres, il y a un moment où je ne pourrai plus parce que les besoins sont autorégulés par la satisfaction.
Le désir, lui, qui est dans son rapport avec la mort, n’a pas de limites. Il a une énergie extraordinaire.
C’est avec le désir au sens propre comme au sens figuré que l’humanité est capable de déplacer des montagne.
Lorsque le désir est dans l’ordre de l’être, il n’y a pas de problème, vous pouvez avoir un désir illimité de beauté, de paix, de sérénité, non seulement ça vous fait du bien mais ça fera du bien aussi à autrui.
Mais si vous le transférez ce désir illimité dans l’ordre de l’avoir, alors là vous allez créer de la rareté artificielle parce que vous avez beau poursuivre votre désir à vous, vous serez toujours insatisfait et votre désir du toujours plus dans l’ordre de l’avoir va créer effectivement de la misère à l’autre bout de la chaîne.

La réalité du désir d'avoir en profondeur, c’est en fait le rapport à la mort. Et tant que l’on n’a pas fait face à cette situation, qu’on n’a pas découvert que la meilleure façon, face au rapport à la mort, c’est de vivre intensément sa propre vie, tant que l’on croit que c’est dans la course à l’avoir que l’on va y répondre, eh bien, on est  dans cette situation de double misère que j’évoquais à l’instant.

C’est vrai sur le plan individuel mais c’est vrai aussi sur le plan collectif, sur le plan de l’Histoire des sociétés. Quand on a rassemblé ces divers éléments, la question de la démesure, qui est à la fois dans le défi écologique, dans le défi social,  dans le défi de la crise financière ou dans le défi politique, la question du mal-être et du mal de vivre, c’est la démesure.

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