07 novembre 2016

CETA, pour conclure ?


Bonjour,
Ayant envoyé, mon épouse et moi, un message de soutien à Paul Magnette au sujet du Ceta, nous avons reçu, comme tous les auteurs de messages de soutien, je suppose, la réponse qui suit.
Je la publie vu son intérêt, et je me permets de souligner (en bleu) quelques passages sur lesquels je trouve utile d'attirer l'attention du lecteur.
bonne lecture.
Michel Simonis


Chère Madame,
Cher Monsieur,

Votre message de soutien m’est bien parvenu et je tenais, à présent, à prendre le temps de vous écrire pour vous dire qu’avec de très nombreux autres témoignages de confiance et de sympathie, il a contribué à affermir ma position et celle du Gouvernement wallon au cours de ces importantes journées. Ce soutien m’a donné beaucoup d’énergie et de courage dans cette négociation qui a été très difficile. C’est grâce à lui que j’ai pu résister aux pressions et aux ultimatums et qu’aujourd’hui nous pouvons affirmer que ce combat en valait la peine.

Comme je l’ai dit d’emblée, notre action ne va pas à l’encontre d’un commerce loyal que nous souhaitons développer avec le pays partenaire et ami qu’est le Canada. Elle traduit, en revanche, la volonté d’établir ces échanges sur des bases saines, progressistes et durables, afin de faire de ce traité une référence en la matière, fixant les standards européens pour toutes les futures négociations avec les pays qui ont le même niveau de développement que nous. Grâce à cette mobilisation de la société civile et à la résistance constructive des autorités wallonnes, ce texte deviendra la nouvelle règle en la matière, ce qui signifie qu’on n’acceptera plus jamais un traité qui ne soit pas au moins aussi exigeant que celui-là.

Cette position, nous l’avons forgée sur base d’une analyse approfondie de ce projet d’accord commercial, menée depuis près de deux ans - avant même que le traité ne soit définitif - par notre Parlement, avec le concours de nombreux experts et en dialogue avec la société civile, largement mobilisée pour relayer les préoccupations des associations et des citoyens. Cette position, mûrement réfléchie, le Parlement de Wallonie l’a formalisée dans une résolution soutenue par une très large majorité, déposée dès le 2 octobre 2015, et nous l’avons exprimée à la Commission européenne depuis plus d’un an, en exposant en des termes clairs les problèmes que nous posait ce texte. Le Parlement wallon a fait son devoir démocratique, dans les cadres belge et européen qui lui confèrent cette prérogative, pour traduire les inquiétudes et les aspirations des citoyens.

Nos remarques n’ont commencé à être prises en compte que ces dernières semaines, ce que je regrette. Elles ont toutefois ouvert la voie à un dialogue, notamment avec le Canada, qui a permis d’engranger des acquis indéniables.

Ainsi, nous avons obtenu la clarification des termes du traité grâce à un « instrument interprétatif » conjoint tel que prévu à l’article 31 de la Convention de Vienne qui stipule que les instruments visant à préciser les intentions des parties ont force obligatoire. Une table de concordance des dispositions juridiques du Ceta et de l’instrument garantit cette interprétation.

Dans ce cadre, l’arbitrage privé - inacceptable pour nous - a été remplacé par un mécanisme public de règlement des différends entre États et investisseurs dont les formes ont été précisées. Il s’agira d’une Cour publique composée de juges totalement indépendants - semblables à ceux de la Cour de justice de l’Union européenne - et nommés par le Conseil européen, sur proposition des États membres. Ils seront, par ailleurs, soumis à un code de conduite strict prévenant tout conflit d’intérêts avant, pendant et après leur mandat. Les États pourront, en outre, contester les décisions de ce tribunal devant un Tribunal d’appel, qui présentera les mêmes garanties d’indépendance. Un système sera également institué pour permettre l’accès des PME à ce mécanisme. Pour garantir la mise en œuvre de tous ces éléments, les dispositions relatives au mécanisme de règlement des différends n’entreront pas en vigueur aussi longtemps que l’ensemble des procédures de ratification des parlements nationaux et régionaux ne seront pas clôturées. La Wallonie a d’ores et déjà indiqué que, si ce futur mécanisme ne correspond pas à ses ambitions, le Parlement wallon refusera la ratification du Ceta.

Autre point essentiel, nous avons préservé le droit des États à légiférer. L’instrument précise ainsi explicitement que les États pourront continuer à légiférer pour revoir à la hausse leurs normes en matière de protection et de promotion de la santé publique, de services sociaux et éducatifs, d’environnement, d’éthique, de protection des consommateurs, de la vie privée, des données et de la diversité culturelle et ce, sans craindre de devoir payer des indemnités à une entreprise qui s’estimerait préjudiciée dans ses bénéfices.
Il en va de même en matière de coopération réglementaire. Le traité laissait craindre la constitution d’un forum acquis aux multinationales, s’imposant comme une autorité régulatrice de substitution aux assemblées démocratiques. La Wallonie a obtenu que ce forum soit uniquement composé d’autorités publiques mais aussi que cette coopération se déroule exclusivement sur une base volontaire et que, si elle est utilisée, ses résultats ne soient également mis en œuvre que sur une base volontaire. En Belgique, cette faculté sera, en outre, conditionnée à un accord préalable des parlements.

Nous avons pu également éloigner le spectre du « cheval de Troie » qui planait sur l’ancien Ceta. Des entreprises multinationales américaines ne pourront pas utiliser un système de « boîte aux lettres » au Canada pour accéder au marché européen, dès lors que seules les entreprises ayant des activités économiques substantielles dans ce pays, telles que définies par le Traité de l’OMC sur le Commerce des services, pourront profiter des avantages offerts par le traité.

Les acquis sont également nombreux en matière de sauvegarde des services publics : services éducatifs, culturels, de santé, sociaux, de placement de personnel, de recherche et développement, de distribution d’eau, liés à l’énergie…   qui sont explicitement exclus de l’accord. La Wallonie a également obtenu la garantie explicite que nos services d’intérêt économique général seront protégés et que nos mutuelles pourront continuer à offrir un service accessible à tous, sans être mises en concurrence avec des assureurs privés. Personne ne pourra imposer la privatisation d’un service public, un État pourra renationaliser un service ouvert aux opérateurs privés sans crainte d’un recours devant le mécanisme de règlement des différends et la Belgique conservera le droit de définir et de protéger de nouveaux services dans l’intérêt général.

En matière d’agriculture, la Wallonie a obtenu le maintien des clauses de sauvegarde prévues par le traité du GATT. Ces clauses pourront être invoquées si l’augmentation des exportations d’un produit, telle que la viande de bœuf, risque de causer un préjudice important à notre sécurité alimentaire ou à la sauvegarde de la vie rurale, de la nature et de la biodiversité. Par ailleurs, les produits importés devront scrupuleusement respecter nos normes sanitaires, aussi bien belges qu’européennes. Le principe de précaution applicable en Wallonie est donc bien conservé et, dans ce cadre, la culture et la vente d’OGM ainsi que le recours aux hormones sont strictement interdits. La Belgique conservera également le droit de proposer ultérieurement de nouvelles appellations d’origine contrôlée.

Le texte fait aussi explicitement référence aux prescrits internationaux en matière de développement durable, de changement climatique (accords de Paris) et de protection des travailleurs (conventions de l’OIT). La Belgique et ses Régions conservent donc le droit d’édicter des normes ambitieuses dans ces matières. Tant la Belgique que la Wallonie garderont la possibilité de conditionner l’octroi d’un marché public à des clauses sociales et environnementales et le dumping social est explicitement interdit dans le texte.

Ces changements, ces précisions, ces clarifications et ces dissipations d’ambiguïtés dont nous savons combien elles sont dangereuses, la « petite » Wallonie les a obtenus seule, par l’implication sans égale de son Parlement et grâce à la vigilance précoce et la mobilisation exemplaire de la société civile européenne qui n’a guère trouvé d’autres relais institutionnels. Ce combat, la Wallonie ne l’a pas mené uniquement pour elle-même mais bien pour ces préoccupations communes et en faveur d’une Europe du progrès, conforme à ses aspirations originelles et aux attentes de ses populations.

Une chose est sûre, c’est que ce mouvement fera date. Une page est tournée dans la manière d’élaborer des traités. À l’avenir, on ne pourra plus les négocier de manière secrète. Nous avons de facto imposé l’obligation de le faire démocratiquement, dans un débat beaucoup plus précoce avec les citoyens.

En vous remerciant une fois encore pour votre soutien et pour une mobilisation qui, seule, est porteuse de tous les espoirs, je vous prie de croire, chère Madame, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Paul Magnette
Paul.Magnette@gov.wallonie.be

24 octobre 2016

"CETA, C'EST ASSEZ ?"

titre le
Le Courrier (Genève)
Vendredi 21 octobre 2016
Philippe Bach

L’histoire pourrait être drôle. La petite région de Wallonie (3,5 millions de personnes) est en train de bloquer la mise sous toit d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Depuis hier soir se tient une réunion de la dernière chance des ambassadeurs des 28 Etats-membres de l’Union européenne pour tenter de sauver ce texte controversé qui devait être signé le 27 octobre.
Connu sous l’acronyme anglo-saxon de CETA, (pour Accord économique et commercial global) ce texte libéralise les échanges entre ces deux économies. Et surtout, assure une sécurité accrue aux investisseurs. Comme pour la plupart de ces traités liberticides et visant à priver l’Etat de sa capacité d’agir –TISA, AGCS et autres TTIP –, le CETA porte en lui le principe de primauté du privé.
Dans un marché libre et non faussé, des secteurs comme la santé,  l’éducation ou l’énergie ne doivent pas souffrir de l’ingérence de l’Etat. Et cela peut mener relativement loin. En Allemagne, la gauche ferraille contre ce texte, échaudée par une plainte déposée par la société suédoise Vattenfall contre l’Etat. Cette société, qui exploite deux centrales nucléaires outre-Rhin, demande compensation à la suite de la décision du gouvernement allemand en 2012 de sortir de l’atome.
Sentant le vent du boulet, les négociateurs de l’accord CETA ont certes prévu quelques garanties minimales. Les milieux altermondialistes estiment que trop de flou subsiste sur l’indépendance des futures juridictions chargées d’arbitrer les conflits.

C’est d’ailleurs toute la transition énergétique et le respect du Traité de Paris qui sont menacés par ce texte libre-échangiste.
Les pressions exercées sur la Wallonie sont considérables. Comment une petite région ose-t-elle prendre en otage le Grand marché européen de 500 millions de consommateurs, pardon, d’habitants? Cela porte un nom. C’est la démocratie. Et cette région belge exerce un droit fondamental. Saluons donc le courage de ces élus et relevons qu’un pays qui a pu fonctionner à satisfaction sans gouvernement pendant 194 jours (1) mérite sans doute d’être écouté.

http://www.lecourrier.ch/

(1) PS. A part qu'en 2011, la crise belge a duré un peu plus que 194 jours : "Après 541 jours de crise politique pendant lesquels le pays a été dirigé par le Premier ministre par intérim Yves Leterme, la Belgique s'est enfin dotée d'un gouvernement lundi..." 
194 jours, c'était en 2007-2008.

22 octobre 2016

NON WALLON AU CETA : La presse nuancée


1. Extrait de la Presse canadienne, ce WE : "Accord Canada-UE: la Wallonie «déçue» par la nouvelle proposition" - 23 octobre 2016
2. Extraits du journal LE TEMPS de Genève - vendredi 21 octobre 10h.
3. L'article du journal LIBERATION - vendredi 21 octobre 20h.

http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201610/23/01-5033355-accord-canada-ue-la-wallonie-decue-par-la-nouvelle-proposition.php

1. Accord Canada-UE: la Wallonie «déçue» par la nouvelle proposition
 

(Extraits)


"La Wallonie voit dans le CETA, qui concerne plus de 500 millions d'Européens, les prémices du traité TTIP (ou TAFTA), très impopulaire, que l'UE négocie très laborieusement avec les États-Unis, et réclame plus de garanties face aux puissantes multinationales."

(...) Les services de la Commission européenne ont de leur côté transmis dimanche matin deux textes - obtenus par l'AFP - au chef du gouvernement wallon, le socialiste Paul Magnette, et au représentant permanent de la Belgique auprès de l'UE, selon un diplomate européen.

Le premier texte d'une page et demie contient un projet de déclaration possible du Royaume de Belgique concernant la protection des investissements « qui contient toutes les réserves dont M. Magnette a fait part », a expliqué le diplomate.

Cette question est en effet l'une des plus sensibles du CETA : elle a trait à la possibilité donnée aux multinationales investissant dans un pays étranger de porter plainte contre un État adoptant une politique publique contraire à leurs intérêts.

Le traité prévoit la création d'un tribunal permanent composé de 15 juges professionnels nommés par l'UE et le Canada, dont toutes les auditions seraient publiques. Mais les ONG jugent que cette concession ne va pas assez loin et craignent que ces « pseudo-juges » soient des avocats d'affaires liés à des cabinets privés.

Et M. Magnette a répété vendredi - jour où la Belgique et l'UE espéraient un Oui wallon - qu'« il restait des difficultés à ce sujet ».

Le second texte transmis à M. Magnette est « un questions/réponses de quelques pages «qui répond dans une langue compréhensible à toutes les questions posées par le Parlement wallon», selon le même diplomate.

Les deux documents envoyés à Paul Magnette doivent être soumis ensuite au Parlement de Wallonie, spécifiquement devant la commission chargée des Affaires européennes de l'assemblée régionale, pour approbation.

Joint par l'AFP, le porte-parole du président du Parlement wallon a confirmé qu'aucune réunion n'était prévue pour l'instant dimanche.

Dans un entretien dimanche à la télévision belge RTL, le chef du Parti socialiste (PS) francophone belge et ex-premier ministre belge, Elio Di Rupo, qui est du même parti que M. Magnette, a déclaré : Je ne crois pas qu'il soit possible de signer le CETA jeudi »

La Wallonie voit dans le CETA, qui concerne plus de 500 millions d'Européens, les prémices du traité TTIP (ou TAFTA), très impopulaire, que l'UE négocie très laborieusement avec les États-Unis, et réclame plus de garanties face aux puissantes multinationales.

http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201610/23/01-5033355-accord-canada-ue-la-wallonie-decue-par-la-nouvelle-proposition.php

2. Article du journal LE TEMPS - 21 octobre 2016 - 11h.

(Extraits)

La Commission et les milieux d’affaires s’inquiètent, les antimondialistes exultent. D’ultimes négociations sont encore prévues tout le week-end. La presse est partagée

Le Soir : "Des progrès ont été faits mais pour nous à ce stade, les avancées ne sont pas suffisantes, notamment dans les questions qui concernent les entreprises américaines, par exemple, qui sont installées au Canada et qui bénéficieraient du système». Conclusion en forme d’éditorial du journal: Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères, peut ranger son stylo."

D’où les intenses pressions qu’a subies le Wallon. «Paul Magnette n’a pas fait mystère «des menaces à peine voilées» auxquelles la Wallonie est soumise, écrit «Le Soir». Mais c’est au nom des principes que la Région s’avère intransigeante: la démocratie mise à l’honneur au cours de nombreuses heures de débats parlementaires et le respect des attentes de la société civile dans un monde où la rupture entre les citoyens et la politique est largement consommée.

La presse altermondialiste exulte – comme Bastamag. Alors que la question est posée. Une petite région peut-elle s’opposer à 28 pays, même si c’est celle qui a donné Hergé et Magritte au monde? Le caillou wallon peut-il mettre à l’arrêt la chaussure européenne? «Il faut se rendre à l’évidence: la petite région belge s’est comportée en adulte, pas en victime consentante d’une Europe bulldozer. Cela force au moins le respect et cela inspirera peut-être d’autres autorités politiques» estime Le Soir. «La particularité wallonne, c’est que notre parlement a voulu utiliser ses prérogatives. Et que cela plaise ou non, cette assemblée a le même pouvoir constitutionnel qu’un Etat membre», se justifie le ministre-président toujours dans Le Monde, soulignant que «ce qui alimente aujourd’hui la crise de l’Europe, c’est la manière de négocier des textes d’une telle importance». Les francophones belges n’ont-ils pas trop tardé à exprimer leurs griefs? «Non. Nous avons reçu la version définitive il y a moins d’un an et j’ai alerté la commissaire sur tous les problèmes qu’il nous posait dès le 2 octobre 2015. La première réaction m’est parvenue le 4 octobre… 2016, à vingt-trois jours du sommet avec le Canada.» Ambiance… 

Faire l’histoire?

Sur la Toile en tout cas, où les antilibéraux sont traditionnellement très loquaces et organisés, le coup d’éclat des Wallons est salué. (...) Négociations opaques et donnant trop de pouvoir aux compagnies, rappel que 80 eurodéputés ont signé un appel en soutien des Wallons… «Vous faites l’Histoire… Ne cédez pas… Nous sommes avec vous» écrivent des centaines d’anonymes, qui diffusent des appels à signer des pétitions.

Il y a le fond du dossier, qui divise – le libre-échange est-il une bonne chose? Le CETA n’est-il pas un cheval de Troie du TAFTA (ou TTIP), l’accord de libre-échange avec les Américains? Les réponses divergent. Il y a aussi les analystes qui pointent les calculs de politique interne de Paul Magnette.
Mais sur la forme des négociations, les voix sont majoritaires pour dire qu’elles ont été opaques voire non démocratiques. Le Vif L’Express analyse: «En barrant le CETA, la Wallonie se la joue Astérix le Gaulois. Au-delà de l’image sympathique, cette opposition francophone, très critiquée par l’UE et le gouvernement canadien, constitue un révélateur de l’état de santé démocratique de l’Europe. Diagnostic: pas brillant […] Est-ce choquant de refuser d’avaliser un accord au moment de le signer? Pourquoi alors demander aux Etats (et aux régions qui les composent) de parapher un tel accord si la possibilité de dire «non, il faut continuer à discuter» semble si choquante? Cela revient à dire que l’exercice démocratique lui-même est choquant […] Ce sont donc plutôt les pressions, les ultimatums et les menaces à peine voilées, de la Commission européenne sur Paul Magnette qui s’avèrent indignes. Et surtout aveugles. Car les institutions européennes n’ont jamais semblé aussi éloignées des citoyens qu’aujourd’hui, le Brexit l’ayant démontré de manière remarquable.»

«C’est étonnant de voir que la Commission essaie de tordre le bras à la Wallonie alors qu’elle ne fait pas la moitié de ces efforts en Hongrie et en Pologne, où les valeurs européennes sont piétinées.

Ce n’est pas une façon de restaurer la confiance en l’Europe, commente à son tour le politologue Jean-Michel DeWaele sur le site Euractive. Si la Commission trouve un moyen légal pour passer outre la Wallonie, cela ne fera qu’éroder un peu plus la confiance en l’Europe dans une région traditionnellement europhile». Et de conseiller de renvoyer la signature à un peu plus tard, en décembre. «Les Wallons ont eu le culot d’examiner le texte à fond et d’en débattre, ils nous font à nous tous une faveur», estime l’économiste Paul de Clerck, des Amis de la Terre Europe, sur le même site.

https://www.letemps.ch/
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3. L'article du journal LIBERATION - vendredi 21 octobre 20h.

La région wallonne a mis son veto, vendredi, à la signature du traité entre l’Europe et le Canada. Un échec de l’UE et une victoire pour les opinions publiques.

Le cauchemar de la Commission a pris forme : la politique commerciale extérieure de l’Union européenne mise en péril par un petit Parlement subnational représentant moins de 1 % de la population européenne. La Wallonie, une des trois entités fédérées belges avec la Flandre et la région bruxelloise, a en effet, en dépit des intenses pressions de l’exécutif européen et des vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement réunis pour un sommet à Bruxelles jeudi et vendredi, fermement maintenu son veto à la signature, par le gouvernement belge, du Ceta, l’accord de libre-échange conclu avec le Canada.
Or il faut les vingt-huit signatures des Etats membres pour que l’Union et le Canada puissent le signer à leur tour, le 27 octobre, avant que la ronde des ratifications parlementaires ne commence. La crainte de la Wallonie est surtout que le Ceta soit le cheval de Troie des entreprises américaines ayant une filiale au Canada qui leur permettrait de disposer des avantages du futur Tafta, le traité de libre-échange en cour de négociation avec les Etats-Unis, mais sans les contraintes du Tafta…

«Moment de rupture»

«Nous ne bloquons pas pour le plaisir, mais parce que nous sommes dans un moment de rupture ou face à un saut qualitatif comme l’histoire de la démocratie en a connu», a plaidé Paul Magnette, le ministre président de la Wallonie, qui fut longtemps professeur de sciences politiques et l’un des meilleurs spécialistes de l’Union : «La question qui se pose ici est de savoir quelle mondialisation nous voulons. Ce traité est un précédent qui fixera les standards des futures négociations menées par l’Union avec les Etats-Unis ou le Japon, par exemple. Nous devons aller au bout des choses pour fixer des standards de très haut niveau.» De fait, le Ceta fait partie des accords dits de nouvelles générations (comme ceux conclus avec la Corée du Sud ou Singapour), qui visent à faciliter les échanges en harmonisant ou en reconnaissant mutuellement les normes (techniques, environnementales, sanitaires, phytosanitaires, etc.), et non plus seulement en abaissant les barrières tarifaires ou non tarifaires.

Sans la négociation du Tafta (TTIP), lancée en 2013, il est probable que le Ceta, conclu avec un pays proche des standards européens, serait passé comme une lettre à la poste. Mais le mastodonte américain a fait prendre conscience à une partie sans cesse plus importante des opinions publiques européennes des risques, justifiés ou non, que font peser ces accords sur leur modèle social, sanitaire ou environnemental. Le Ceta a été emporté par la vague anti-Tafta, comme le reconnaît d’ailleurs Magnette. La Commission et les Vingt-Huit ont beau assurer qu’ils veillent aux intérêts des citoyens et que le «soldat» Ceta doit être sauvé à tout prix… rien n’y a fait. Car leur bilan ne plaide pas en leur faveur : de l’admission de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à l’incapacité à se défendre face à la concurrence déloyale des émergents en passant par des promesses de lendemain qui chantent jamais concrétisées, tout cela a laissé des traces profondes en Europe, et pas seulement en France. S’ajoute à cela la résurgence de l’antiaméricanisme, notamment allemand, attisé par les affaires d’espionnage politique et industriel. Et, cerise sur le gâteau, la crise permanente entre francophones et néerlandophones de Belgique, qui accouche d’une réforme constitutionnelle tous les huit ans en moyenne, a encore compliqué la tâche des libre-échangistes. La sixième réforme de l’Etat, entrée en vigueur en 2014, a donné le pouvoir aux six Parlements des entités fédérées de s’opposer à la signature (mais aussi à la ratification ultérieure) des accords commerciaux touchant aux compétences des régions. C’est ainsi que la Wallonie s’est retrouvée aux commandes dans cette atmosphère délétère, avant même que les autres Parlements nationaux et régionaux de l’Union (une quarantaine) n’aient eu à ratifier le Ceta, puisqu’on n’en est pas encore à ce stade de la procédure. Elle n’a pas laissé passer l’occasion de faire parler d’elle.

«De plus en plus inquiets»

Le plus beau est que l’Union aurait pu éviter ce pataquès belgo-européo-canadien : c’est à la demande de certains Etats, notamment de la France et de l’Allemagne, que la Commission a accepté, en juillet, de qualifier le Ceta, d’accord «mixte», c’est-à-dire touchant à des compétences nationales, alors que selon elle ce n’est pas le cas (et donc il aurait au départ suffi d’un accord du Conseil des ministres et, depuis le traité de Lisbonne, du Parlement européen). Mais Berlin et Paris, qui voulaient impliquer leur Parlement national dans la boucle, ont oublié les parlements subnationaux… Et surtout, ils ne savaient pas qu’en Belgique, c’était la signature du traité lui-même qui pouvait être bloquée, ce qui empêche même son entrée en vigueur provisoire, comme cela est de coutume. Vendredi, François Hollande s’est donc employé à défendre comme un beau diable un traité qu’il a lui-même contribué à plomber… Devant la détermination wallonne, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a reconnu à contrecœur que «nos citoyens sont de plus en plus inquiets du fait de savoir si les accords commerciaux que nous négocions sont dans leur meilleur intérêt. Je crains que nous ne soyons plus en mesure de continuer à négocier si nous ne prouvons pas en pratique que nous prenons la protection des consommateurs très sérieusement». Si le Ceta, dont l’avenir semble compromis, est le prix à payer pour qu’enfin les dirigeants nationaux et européens comprennent qu’il y a un problème en Europe, ce ne sera pas cher payé. «Ce n’est pas parce qu’on est seul qu’on a forcément tort», a rappelé devant ses députés Paul Magnette.

Jean Quatremer Correspondant à Bruxelles
 http://www.liberation.fr/planete/2016/10/21/libre-echange-waterloo-pour-le-ceta_1523569
(note : c'est moi qui ai souligné certains passages MS) 

21 octobre 2016

Suite de l'article "Moment de vérité en Amazonie"

PS. Je reçois ce 21 octobre l'appel d'urgence [http://www.appel-urgence-foret-surui.com/->http://www.appel-urgence-foret-surui.com/] à SIGNER : "250.000 Ha de Forêt amazonienne en grave péril.
Donc au Brésil aussi, ça urge...

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A titre d'information, et bon à savoir :
(Voir la déclaration du Durban sur le REDD signée par des activistes et plus de 70 ONG internationales dont Les Amis de la Terre et Attac, "contre la privatisation et le pillage de la nature")

Moment de vérité en Amazonie


La rencontre avec José Gualinga ce 18 décembre 2016 à Liège a mis en évidence un phénomène qui va prendre de l’ampleur : les peuples autochtones comme celui de Sarayaku, qui représentent environ 3 % de la population mondiale, et qui sont menacés dans leur survie quasi partout, sont de fait les gestionnaires de 80 % de la biodiversité sur la planète.
C’est dire si leur existence - leur survie devrait-on dire - est essentielle pour l’avenir de notre planète, et donc pour notre avenir à tous.


1. La soirée-conférence avec JOSE GUALINGA
2. SARAYAKU, EL PUEBLO DEL MEDIO DIA.
3. LA MENACE
4. Et le REDD+ ?
5. Sarayaku se lance avec la CASA NICARAGUA
6. Et avec la Région Wallonne
7. Le projet FORET VIVANTE : le Kawsak Sacha

J'ai écrit "Ils sont les gestionnaires..."
Quand je dis "ils gèrent", il faut que je précise et que je nuance.
- Précision : ils sont seuls à même de gérer la forêt et sa biodiversité parce qu’ils sont les seuls à ne pas avoir perdu la connaissance qui est au coeur d’une relation intime et sacrée avec la nature, les plantes et les animaux.
- Nuance : ils ont les moyens de gérer, et essaient de le faire, tant qu’on ne leur met pas de bâtons dans les roues.

Et dieu sait s’il y a des empêcheurs de tout acabit, et pas seulement les multinationales pétrolières.
En effet, dans le cadre des négociations internationales visant à réduire les émissions de CO2 et à lutter contre le réchauffement climatique, la gestion des espaces forestiers de la planète risque de se faire aux dépends des populations qui y vivent. Que la COP 21 puisse détruire les espoirs, c’est bien un paradoxe que j’ai découvert ce soir-là et qu’il faudra expliquer (voir plus loin).
Il est donc urgent de donner aux peuples autochtones comme celui de Sarayaku des moyens d’agir à la hauteur de l’enjeu : garantir le maintien de leur présence sur leur territoire.
C’est ce que la Région wallonne a compris en aidant les projets "Forêt vivante" dont nous parlent la Casa Nicaragua.
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1. La soirée-conférence avec JOSE GUALINGA

Moment de vérité en Amazonie

 Le peuple de Sarayaku (Equateur) est connu mondialement pour sa lutte et sa persévérance pour la défense de la nature. Ce sont des irréductibles Amazoniens qui luttent depuis plus de 30 ans contre les compagnies pétrolières qui menacent leur territoire. Ils ont réussi en 2003 à chasser de leur terre une compagnie pétrolière et en 2012, à gagner un procès contre l’État équatorien pour violation de leur droits collectifs et humains.

Face aux appétits pour le pétrole présent dans son espace de vie, le Peuple autochtone de Sarayaku ne cède à aucune intimidation.

Son secret? Une perspicacité rare, mêlant sens du sacré et sens du réel, ainsi qu’un fonctionnement démocratique radical : chacun-e participe librement aux délibérations et à la lutte, qui est permanente…

Pour Sarayaku, cette lutte s’inscrit dans la durée, avec panache : création d’une ceinture d’arbres à fleurs, qui sera visible du ciel sur des dizaines de kilomètres (« Frontière de Vie »); proposition à l’ONU d’un statut innovant pour les aires protégées (« Forêt Vivante »).

Depuis le cœur de l’Amazonie, Sarayaku se tient prêt pour les moments de vérités présents et à venir. Rencontrer ce peuple, c’est rencontrer un allié, indomptable et éclairant.
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2. SARAYAKU, EL PUEBLO DEL MEDIO DIA

 Un document de la Casa Nicaragua ([www.casanica.org->www.casanica.org])
PDF - 14.7 Mo
Cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf
Un document de la Casa Nicaragua (www.casanica.org)

C'est un combat de David contre Goliath: depuis des décennies, le Peuple autochtone Kichwa de Sarayaku se bat contre l'exploitation pétrolière des sous-sols de son territoire. Il lutte pour la préservation de sa forêt, un lieu de vie qui permet la vie, une forêt vivante. Il a déjà remporté plusieurs batailles comme face à la Cour interaméricaine des Droits de l'homme, qui condamna l'État équatorien à respecter les droits des populations autochtones. Mais les menaces d'exploitation de leur territoire ainsi que des territoires voisins sont toujours bien présentes ...

Le Peuple Sarayaku est situé en Équateur, dans la province amazonienne de Pastaza. La superficie de son territoire est d'environ 135.000 hectares dont 95% sont recouverts de forêts primaires riches en biodiversité et en ressources naturelles. Ce type de territoire, qui représente un important puits carbone, joue un rôle central dans la stabilisation du climat de la planète.

Dans de nombreuses régions du monde, particulièrement importantes pour l'équilibre climatique et environnemental, des Peuples autochtones résistent face à l'exploitation de leurs territoires, qui cause la misère, La violence, la perte d'identité, l'immigration au sein de leur communauté et la destruction de l'environnement.

Dans de nombreuses aires protégées uniquement par des normes environnementales, minimisées et vulnérables, sont développées des stratégies de déplacement et de discrédit des peuples autochtones, dévalorisant jusqu'à leur philosophie de vie (VOIR CI-DESSOUS, n° 3 et 4). Le mythe de grands espaces vides et opulents pousse à promouvoir des politiques de colonisation et des projets d'exploitation non tenables.

Face aux menaces, Sarayaku, par exemple, a lancé des actions de grande ampleur pour protéger son territoire et travaille constamment sur des stratégies pour la conservation durable de ses ressources naturelles et le renforcement de son organisation. (VOIR CI-DESSOUS, n° 6)Les forêts vivantes protégées et préservées sous leur gouvernance doivent être considérées comme libres de toute exploitation et industrie qui attenteraient à leur vie!

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3. LA MENACE

Comment protéger efficacement nos forêts sans renforcer les pressions commerciales sur la terre ?

Dans le cadre des négociations internationales visant à réduire les émissions de CO2 et à lutter contre le réchauffement climatique, la gestion des espaces forestiers de la planète se trouve souvent au cœur des débats.

La création de « puits carbone » n’incite-t-elle pas les investisseurs privés et les industries polluantes des pays industrialisés à « s’approprier » d’une façon ou d’une autre d’immenses étendues de forêts dans les pays du Sud, aux dépends des populations qui y vivent ?

Les forêts, dans le cadre du MDP (Mécanisme de Développement Propre) [1] ou sur les marchés volontaires, peuvent donc être utilisées pour compenser les émissions de gaz à effet de serre et créer des crédits échangeables sur les marchés carbone.

En plus de n’apporter aucun avantage réel dans la lutte contre le réchauffement climatique, les projets de puits carbone peuvent nuire à la conservation de la biodiversité. En effet, il est particulièrement tentant pour les pays industrialisés ou leurs industries d’investir dans des projets de reforestation au Sud qui se résumeraient en réalité à la plantation à bas coûts, sur de grandes surfaces, d’arbres à potentiel élevé de séquestration. Ces projets ne sont d’aucune utilité en termes de protection de la biodiversité ou de résilience des écosystèmes.

Par ailleurs, ces projets de reforestation nécessitent pour les investisseurs d’acquérir des droits sur les surfaces à reboiser. Les terres sur lesquelles des plantations sont établies dans ce cadre sont donc le plus souvent des terres sujettes à des conflits de propriété non résolus, ou des terres sur lesquels s’exerçaient des droits coutumiers non reconnus par le droit positif. L’établissement de projets de reforestation dans le cadre du MDP favorise donc directement l’exclusion des populations paysannes qui cultivaient les terres avant l’investissement, et la négation de leurs droits formels ou coutumiers.

« La préservation de l’Amazonie devient réellement un business. […] On monétise la forêt. Or, d’un point de vue éthique, on ne peut la réduire à un simple problème marchand ».

Les risques de privatisation de la forêt amazonienne sont d’autant plus importants qu’à terme, le but est bien de permettre aux propriétaires de « forêts préservées » d’obtenir des permis d’émissions carbone monnayables sur les marchés internationaux des crédit carbone.

Aujourd’hui, l’Incra [2] annonce que 5,5 millions d’hectares d’Amazonie sont déjà la propriété d’étrangers. Et la possibilité d’obtenir, à terme, des crédits carbones échangeables pour chaque hectare de forêt protégé augmente encore les pressions commerciales sur cette zone. Ana Paulina Aguiar Soares12, interrogée par Jacques Denis, déclare que « le crédit carbone revient à privatiser la forêt au profit des entreprises internationales. Sous couvert de protection de l’environnement, celles-ci deviennent propriétaires de parcelles. Que va-t-il se passer pour les habitants, les associations, les coopératives ? »

Cette nouvelle combinaison, dans laquelle l’Etat négocie des crédits carbone à l’étranger auprès d’entreprises qui peuvent obtenir ainsi des droits à polluer introduit donc un bénéficiaire nouveau, entreprise privée la plupart du temps, qui bénéficie de la nouvelle rente ainsi créée, et doit faire respecter la politique de protection dont l’Etat se dédouane pour protéger cette rente.

VOIR AUSSI
https://www.rtbf.be/info/dossier/cop21-les-negociations-climatiques-de-paris/detail_cop21-en-amazonie-un-marche-du-carbone-florissant?id=9152882
1/12/2015

ET
http://information.tv5monde.com/info/perou-en-amazonie-un-marche-du-carbone-florissant-61224
7/12/2015



Notes :
[1] Qu’est-ce que le Mécanisme de Développement Propre (MDP)  ?
Dans les pays industrialisés où le matériel utilisé dans l’industrie est globalement de bonne qualité, il est relativement difficile de réduire ses émissions de GES en rénovant et en améliorant les installations. Ainsi, pour permettre à ces pays industrialisés de respecter leur quota, on leur donne la possibilité d’investir dans des projets (appelés projets MDP) visant à réduire les émissions de GES dans les pays en voie de développement. En échange, ces pays riches obtiennent des crédits-carbone qui correspondent à une monnaie négociée en unités d’équivalent CO2 (plus précisément, ce sont des CER pour Certified Emission Reduction ou encore UREC pour Unités de Réductions d’Emissions Certifiées) qui leur permettront de remplir leurs propres objectifs ou même de vendre ces crédits sur le marché.
(Extrait d’un article "Marché carbone, une usine à gaz ?" (http://controverses.mines-paristech.fr/public/promo10/promo10_G15]/index91e3.html?page_id=470)



[2] http://www.agter.org/bdf/es/corpus_chemin/fiche-chemin-23.html#iref:11
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4. Et le REDD+ ?

(Voir la déclaration du Durban sur le REDD signée par des activistes et plus de 70 ONG internationales dont Les Amis de la Terre et Attac, "contre la privatisation et le pillage de la nature")

Avec ses millions d’hectares de forêt amazonienne, le Pérou est un des pays pilotes du mécanisme de financement de la lutte contre la déforestation (REDD+). Des multinationales comme Disney ou Microsoft se sont déjà lancées dans ce marché en achetant des crédits-carbone en Amazonie. De plus en plus d’entreprises nationales font également ce choix.

C’est en 2008, pour lutter contre le réchauffement climatique qu’est imaginé dans le cadre de mécanisme post-Kyoto le programme REDD. Un moyen, selon ses promoteurs, de baisser la pollution atmosphérique en permettant à des entreprises ou à des Etats de compenser leurs émissions de CO2 en investissant dans des projets de protection de la forêt ou de reboisement.

En mars 2013, Walt Disney a ainsi acheté 3,5 millions de dollars de crédits-carbone en Amazonie, équivalant à 437 000 tonnes de CO2. " La compagnie a payé les crédits sept fois plus que leur valeur sur le marché " se félicite le gouvernement péruvien sur le site du Ministère de l’Environnement.

Mais ce qui inquiète le plus au Pérou, ce sont les répercussions sur le droit des populations indigènes. Alberto Pizango, l’ex-président de l’AIDESEP – association interethnique de développement de l’Amazonie - compare l’engouement du REDD et de ses crédits-carbone à la fièvre du caoutchouc au début du XXème siècle et dénonce la " piraterie du carbone ".

Il y voit une nouvelle pression sur le territoire alors que 75% de l’Amazonie péruvienne est déjà sous concession pétrolière ou gazière. Des concessions qui empiètent sur des zones d’une immense biodiversité où vivent des communautés indigènes. " Il y a un problème juridique, le droit sur le carbone se superpose au droit international, national et aux droits des populations indigènes. […] On assiste à une forme de dépossession territoriale" . Les organisations autochtones ont publié un document intitulé " REDD+ Indigène " pour définir leurs propres règles. Un programme de lutte contre la déforestation qui serait strictement déconnecté du marché du carbone.

Cf. http://www.agter.org/bdf/es/corpus_chemin/fiche-chemin-23.html#iref:11
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5. Sarayaku se lance avec la CASA NICARAGUA !

logo de la Casa Nica

C’est un combat d’Indiens contre des Géants du pétrole : depuis des décennies, le Peuple autochtone Kichwa de Sarayaku se bat contre l’exploitation pétrolière des sous-sols de son territoire. Il lutte pour la préservation de sa forêt, un lieu de vie qui permet la vie, une forêt vivante. Il a déjà remporté plusieurs batailles comme celle face à la Cour interaméricaine des Droits de l’homme qui condamna l’État équatorien et le força à respecter les droits des populations autochtones. Mais les menaces d’exploitation de leur territoire ainsi que des territoires voisins sont toujours bien présentes…

La Casa Nica est depuis 30 ans un lieu où se rencontrent et s’écoutent des activistes du monde entier. Invités par des associations amies telles qu’Identité Amérique indienne, Amnesty international ou Frontière de vie, elle a eu le plaisir d’accueillir plusieurs membres du Peuple Kichwa de Sarayaku, luttant farouchement pour la préservation de leur territoire, de leur culture, de leurs savoirs, de leur vie quotidienne au cœur de la forêt amazonienne.

Des liens se sont tissés et renforcés. Une membre de la Casa a fini par se rendre sur place, tout simplement pour faire connaissance. Une fois puis deux, pour la fête de la Uyantza. C’est là que l’idée a surgi avec l’association des femmes de Sarayaku, Kuriñampi, d’organiser une tournée de femmes en Belgique. Une idée qui est devenue réalité par l’action collective, une « minga » comme on dirait là-bas, de 14 associations wallonnes, fin octobre 2015.

Puis tout s’enclenche très vite… surgit un appel à projets de la Région wallonne dans le cadre de la Solidarité climatique de l’Agence wallonne pour l’Air et le Climat(AwAC), et c’est parti !
Un projet de coopération Sarayaku-Casa Nica-Wallonie, intitulé localement Sumak Allpa, Plan de vie, voit le jour…

Conservation durable du territoire du Peuple Sarayaku, Amazonie équatorienne, et renforcement de ses plans de gestion et d’administration.

Le Peuple Originaire Kichwa de Sarayaku est situé en Équateur, dans la province amazonienne de Pastaza. La superficie totale de son territoire est d’environ 135.000 hectares dont 95% sont recouverts de forêts primaires qui constituent un écosystème riche en biodiversité et en ressources naturelles. Ce type de territoire, qui représente un important puits carbone, joue un rôle central dans la stabilisation du climat de la planète.
Face aux menaces, Sarayaku a lancé des actions de grandes ampleurs pour protéger son territoire et travaille constamment sur des stratégies pour la conservation durable de son territoire et le renforcement de ses plans de gestion et d’administration.
L’un d’elle, la Frontière de Vie, le Sisa Ñambi, est un chemin de fleurs démarré il y a plus de 10 ans. De vastes cercles d’arbres à fleurs géants sont plantés sur tout le pourtour du territoire, soit sur plus de 300 km. En grandissant, ils deviendront visibles du ciel et marqueront la présence des hommes et des femmes immergés dans cette forêt et leur volonté de la préserver.

Los Descendientes del Jaguar d’Eriberto Gualinga
(à voir sur Youtube, sous-titré seulement en espagnol)

Un autre enjeu important de la lutte de Sarayaku est de faire reconnaître l’autorité et les droits de ses habitants sur l’administration de son territoire selon un concept innovant d’aire protégée : le Kawsak Sacha ou Forêt vivante.
Les priorités du Peuple Sarayaku et de son conseil de gouvernement, le Tayjasaruta, sont toutes liées à la protection du territoire et des droits collectifs des populations autochtones, au renforcement et à la valorisation de la culture, à la protection et à la conservation des ressources naturelles, à la valorisation du modèle d’éducation, de la science et de la médecine traditionnels kichwas. C’est dans cette optique qu’interviennent notre collaboration et notre appui, centrés sur 3 aspects.

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6. Le projet
SARAYAKU - CASA NICARAGUA - SOLIDARITÉ CLIMATIQUE
de la RÉGION WALLONNE

Conservation durable du territoire du Peuple Sarayaku, Amazonie équatorienne, et renforcement de ses plans de gestion et d'administration.

Elaboration de stratégies innovantes pour déclarer le territoire "Aire protégée par les populations qui y vivent" incluant la vision et les droits des peuples autochtones: la Forêt vivante, le "Kawsak Sacha"

Le projet veut renforcer les instruments qui permettraient au Peuple de Sarayaku d'exercer pleinement son droit à conserver ses espaces de vie, Il veut promouvoir le rôle des populations indigènes dans les préceptes qui régulent les systèmes des aires naturelles protégées, Dans le cadre de la lutte pour la réduction des émissions de GES et la préservation des puits carbone, il devient également impératif de soumettre ces thèmes à la communauté internationale,

• Planification de la gestion du territoire et de ses ressources naturelles adaptée aux conséquences du dérèglement climatique et à l'impact des activités humaines: le "Sumak Allpa"

• Diffusion du projet au sein de la population locale et avoisinante au sein d'instances nationales internationales:     la "Kampana Kaparik"
    
• Renforcement d'une équipe de gardes forestiers traditionnels et mise en œuvre de ses propres plans de conservation du territoire : les  "Kaskirunas"

• Plantation d'un grand chemin d'arbres à fleurs aux limites du territoire: le "Sisa Nambi", la Frontière de vie, symbole de l'existence et de la résistance des peuples vivant dans ces forêts.

Les partenaires:
Tayjasaruta, Casa Nicaragua, AwAC, Frontière de vie
et Oro Verde www, casanica.org 
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7. La forêt vivante : le Kawsak Sacha

La protection durable de l’environnement et du mode de vie de Sarayaku : proposer et promouvoir la création d’une aire naturelle protégée novatrice qui englobe les droits et les visions des populations qui y vivent, renforce et reconnaît leur rôle dans sa gestion et son administration.
Dans de nombreuses régions du monde, particulièrement importantes pour l’équilibre climatique et environnemental, des Peuples autochtones résistent face aux menaces que représente l’exploitation de leurs territoires, amenant la misère, la violence, la perte d’identité, l’immigration au sein de leur communauté et la destruction de l’environnement.
Dans de nombreuses aires protégées uniquement par des normes environnementales minimisées et vulnérables sont développées des stratégies de déplacement et de discrédit des peuples originaires, dévalorisant jusqu’à leur philosophie de vie. Le mythe de grands espaces vides et opulents pousse les décideurs à promouvoir des politiques de colonisation et des projets d’exploitation non tenables.
Les pressions sont fortes pour les convaincre que leur mode de vie est caduc et qu’il est temps pour eux de se convertir en femmes et hommes « modernes et civilisés », participant à l’enrichissement de leur pays. Ces peuples - et nous ! - sommes cependant convaincus que leur participation réelle au développement de la nation et au bien-être commun tient précisément dans la préservation de la richesse et de la diversité naturelle et culturelle qu’offrent ces forêts et ses habitants. De leur initiative surgissent des modèles alternatifs propres à leur pensée et à leur mode de vie.

Le projet propose de renforcer cette définition en y apportant de nouveaux concepts issus de la culture et de la philosophie kichwas de « Forêt vivante » qui incorporent des dimensions supplémentaires dans la protection de ces espaces. Il veut trouver les instruments qui permettraient au Peuple de Sarayaku d’exercer pleinement son droit à conserver ses espaces de vie. Il veut promouvoir le rôle des populations indigènes dans les préceptes qui régulent les systèmes des aires naturelles protégées. Les forêts vivantes protégées et préservées sous leur administration doivent être considérées comme libres de toute exploitation et industrie qui atteindraient à leur vie. Dans le cadre de la lutte pour la réduction des émissions de GES et la préservation des puits carbone, il devient également impératif de soumettre ces thèmes à la communauté internationale.

Soutenir le projet

Voir aussi
Facebook Sarayaku
Site de Sarayaku

Frontière de vie et Oro Verde-Allemagne.

Voir ou revoir le film "Le chant de la fleur" et les vidéos d’Eriberto Gualinga.

Un lien vers une présentation détaillée du projet Forêt vivante se trouve sur mon site de larcenciel.be


19 octobre 2016

Sortir par le haut de l'imbroglio CETA

Extraits d'une opinion de Pierre Defraigne, directeur exécutif du centre Madariaga-Collège d'Europe et directeur général honoraire à la commission européenne. 

18 octobre 2016

Le veto mis par le Parlement de Wallonie à la signature du Ceta est une décision à la fois légale, légitime et responsable. Elle pose néanmoins de graves questions de fond qui doivent trouver une solution. Il n’y a toutefois pas le feu au lac. La cérémonie de signature peut attendre. Circonscrivons les difficultés.

(...)
Comment faire reproche au Parlement wallon, avec le PS aiguillonné cette fois par le CDH et par les Verts, d’avoir perçu et mis en évidence le lien entre le TTIP et le Ceta qui est précisément ce qui fait problème aujourd’hui ? Car si le Ceta peut sans doute soulever de vraies questions quant à l’accès effectif aux marchés respectifs, il est relativement équilibré et sûrement pas bradé d’un point de vue européen. Le vrai problème tient moins du difficile équilibre entre les avancées et des concessions pour chaque région qu’à l’absence anormale d’un mécanisme financier européen effectif de solidarité, comme l’est le budget canadien ou américain. Il faut le renforcer.

La majorité au Parlement de Wallonie a bien déjoué le piège du Ceta. D’accord commercial de libre-échange avantageux pour les parties, entre deux partenaires commerciaux qui sont très proches, politiquement et culturellement (le Canada et l’Europe, la Wallonie et le Québec), il est aussi devenu le véhicule de deux innovations dangereuses pour le modèle européen : la corégulation d’un côté et les tribunaux spéciaux ouverts aux multinationales étrangères de l’autre. Le Ceta représente sur ces deux points un dangereux précédent pour la négociation du TTIP tellement controversé. La Commission a pris le risque d’utiliser le Ceta comme poisson pilote pour le TTIP, en vue précisément de préempter ces graves questions de principe : anodines avec le Canada, ces deux clauses - corégulation et tribunaux spéciaux - se révéleraient de redoutables outils de contrôle du marché intérieur transatlantique par les lobbies américains dans le TTIP. En chargeant inutilement la barque du Ceta, la Commission a choisi de prendre le risque de la faire couler. La responsabilité lui en incombe.

Troisièmement, conserver l’accord commercial et l’alléger des deux clauses controversées, auxquelles tiennent surtout les filiales canadiennes des multinationales américaines et quelques groupes miniers ou agro-industriels canadiens, ne devrait pas poser de problème au citoyen canadien moyen. Une renégociation est possible et souhaitable quoi qu’en disent les négociateurs aujourd’hui exaspérés et qui, du coup, préféreraient passer en force.
Enfin et pour tout dire : la Wallonie vaut bien le Danemark qui obtenu un opt-out pour l’euro. Elle vaut bien l’Irlande qui bloque l’harmonisation fiscale, autrement critique pour la croissance et l’emploi en Europe que le Ceta, et nous a imposé une Commission surnuméraire de 28 membres. Et que dire du Royaume-Uni qui s’apprête à signer le Ceta alors qu’il en renégociera un autre avec le Canada sitôt acquis le Brexit ? Cessons de crier haro sur le baudet wallon. Gardons notre sang-froid. Renégocions. Les Européens nous en saurons gré.

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A savoir :
Ceta: afflux inhabituel de messages personnels de soutien à Paul Magnette
 Belga Publié le mercredi 19 octobre 2016 à 16h12 - Mis à jour le mercredi 19 octobre 2016 à 16h12
Le ministre-président wallon Paul Magnette a reçu ces derniers jours un afflux inhabituel de messages personnels de soutien en raison de son opposition au traité commercial de libre-échange UE-Canada (CETA), selon son cabinet.
Plus d'un millier de messages personnels sont ainsi parvenus ces derniers jours sur sa boîte mail personnelle, sur sa messagerie de réseau social ou via l'adresse de son porte-parole. Le "flux constant" s'est "nettement accéléré" depuis mardi et l'échéance posée par la Commission européenne pour que la Belgique donne sa réponse vendredi. Ces messages, qui parviennent aussi via le groupe parlementaire, le parti ou l'administration, ne sont pas ceux des traditionnels collectifs et lobbies divers, mais bien de citoyens en leurs noms propres.
Le ministre-président Paul Magnette réfute régulièrement que la Wallonie soit isolée sur le CETA comme le font valoir le gouvernement fédéral et les institutions européennes, et fonde notamment la persistance de son opposition sur le soutien de la société civile.


Pour en savoir plus sur le TTIP et le CETA, voir notamment mes Perles sur le sujet : (http://www.pearltrees.com/michelsim/accords-libre-echange-enjeux/id12732181)

03 octobre 2016

José Gualinga en Belgique

Voir l'article que j'ai écrit suite au passage de José Gualinga à Bruxelles et Liège.

Porte-parole officiel de son peuple Kichwa de Sarayaku en Equateur, Amazonie, José Gualinga défend les peuples autochtones en résistance...



http://www.frontieredevie.net/actualites/sarayaku_bl.html

Voir le site de Frontière de Vie et les articles de l'Arcenciel sur Sarayaku

27 septembre 2016

Trop, c'est trop !

Barer Barroso et ses petits jeux avec Goldman Sachs

Pour d'autres informations VOIR AUSSI...

27 août 2016

FORMATION A L'UTILISATION DU MANDALA

INTRODUCTION
Les mandalas de toutes sortes fleurissent dans les rayons des librairies.
Si cette mode très présente offre à tous le plaisir de colorier et apporte d'indéniables bénéfices, elle peut nous faire passer à côté de l'essentiel. La pratique du mandala n'est pas anodine.
Le mandala permet un cheminement personnel en profondeur. C'est un outil très pertinent pour favoriser l'équilibre cérébral et l'équilibre psychique. Il offre, dans l'éducation, des vertus précieuses pour les apprenants de tous âges.
Mettre des mandalas en couleurs nécessite quelques indications de base importantes pour bénéficier des bienfaits et donner du sens profond à cette pratique.
C'est la raison d'être des journées "Découverte".

L'envie de partager ce plaisir émerge souvent assez vite, surtout si nous sommes en relation de par notre travail ou nos engagements  avec un public : enfants, adolescents, personnes âgées ou personnes en  difficultés.
C'est pourquoi, des formations sont mises en place.
Pour partager vraiment cette activité de manière publique, il convient d'approfondir sa pratique par une formation pour être au plus juste dans ses propositions et de ne pas risquer de passer à côté de l'essentiel. En effet, le mandala est un outil pédagogique dont il est important de connaître les enjeux.
C'est la raison d'être de la formation qui prolonge les journées "Découverte".
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Journées DECOUVERTE
1 - samedi 24 septembre 2016
2 - samedi 8 octobre 2016

9h.30 à 17h.



FORMATION A L'UTILISATION DU MANDALA
SELON LA PEDAGOGIE MARIE PRE 

avec Michel SIMONIS

Du la mise en couleur à la création, diverses mises en oeuvres permettront de découvrir l’efficacité du Mandala comme outil de recentrage, de détente, de prises de conscience.

 
Cette approche du "recentrage graphique", 
 mise au point par Marie Pré, 
s’adresse à toute personne  qui souhaite approfondir la pratique du mandala, 
en vue de son propre cheminement personnel ou dans une relation d’aide.

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Deuxième étape :


 La journées DECOUVERTE
 sera suivie d'une journée complémentaire d'
APPROFONDISSEMENT
PREPARATOIRE à la formation

dimanche 9 octobre 2016

Cette journée préparatoire aura lieu 
le lendemain de la seconde journée DECOUVERTE.
Elle forme donc avec elle le premier niveau de la formation.


Le stage de FORMATION deuxième niveau sera accessible aux personnes ayant participé aux deux premiers jours.

Les dates des niveaux 2 et 3 de la formation seront décidées avec les stagiaires.
 Vous trouverez  toutes les informations dans le document ci-dessous,
et sur mon site.

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25 juillet 2016

L'ARBRE DE L'ENFANCE. Aux racines de l'être

Le film est une invitation à une autre présence à l’enfance.
L’arbre de l’enfance, aux racines de l’être, est la rencontre avec des jeunes de 10 à 25 ans autour de la question : qu’est-ce que grandir ? Comment la bienveillance ou la violence éducative construisent ce que sera l’adulte de demain ? Des adultes, parents, pédagogues, scientifiques posent leur regard sur ce qui se joue dans ce temps crucial de l’enfance.

L’ÉQUIPE DU FILM

Anne Barth est franco-québécoise et a réalisé et produit plusieurs films depuis 1992. Sa filmographie est disponible ici.
Anne détient une maitrise en psychologie ; elle est formatrice, animatrice et consultante depuis 40 ans. Elle a enseigné 30 ans à l’Université du Québec à Montréal. Son profil est disponible ici .
En septembre 2015, elle a associé aux tournages le réalisateur Nicolas Gayraud, à la caméra pour ce film et un complice précieux.
Laure Baudouin, accompagne fidèlement Anne depuis plusieurs années. Productrice exécutive durant les tournages et aussi parfois à la perche, Laure apporte une contribution considérable au graphisme et à la communication du film.

CE QU’EN DISENT…

Brigitte Oriol, Catherine Gueguen, Cyril Dion, Gaëlle Baldassari, Isabelle Peloux, Marc Vella, Nadia Slim, Nathanaël Coste, Olivier Maurel, Pierre Rabhi, Thomas d’Ansembourg

LE FINANCEMENT DU FILM

Entre 2010 et 2015, le film a été auto-financé par la réalisatrice.
En 2015, une campagne de levée de fonds a permis de financer la finalisation des tournages. Maintenant nous devons financer la post-production du film, sa distribution en festivals et en salles,  l’édition des DVD, etc.


12 juillet 2016

La réponse capitaliste au défi climatique : DANGERS ET ALTERNATIVES


PAR DANIEL TANURO,
MEMBRE DE CLIMAT ET JUSTICE SOCIALE


Extraits d'un article paru dans Esperluette, périodique du CIEP/MOC, n° 88 - avril, mai, juin  2016

On croit savoir, on a déjà tellment écrit sur le sujet. 
Pourtant, j'ai découvert une synthèse simple, accessible, permettant de mieux comprendre les enjeux profonds et de clairement se situer dans la réflexion et l'action. Je vous propose quelques extraits mais je vous invite à lire tout le texte, que j'ai mis en entier sur mon site. Il se trouve aussi dans mes "perles" : http://www.pearltrees.com/michelsim/societe-nouvelle-economie/id13086236/item180440519
MS

Pour lire l'article entier voir mon site www.larcenciel.be, le dossier Esperluette n° 88 en ligne ou lire le livre de Daniel DANURO.

 "Un capitalisme sans croissance est une contradiction dans les
termes" : cette citation de l'économiste J, Schumpeter éclaire les difficultés majeures éprouvées par le système pour relever les défis écologiques, En dernière instance, en effet, tous ces défis - biodiversité, climat, empoisonnement chimique, perturbation des cycles de l'eau, du phosphore et de l'azote, destruction de la couche d'ozone, épuisement des sols et des ressources halieutiques, etc. - s'aiguisent du fait de l'opposition croissante entre les limites de la planète et la tendance constante du capital à dépasser ces limites.

Cette tendance est inscrite dans la définition même du capital : un rapport social d'exploitation axé sur la production de valeur dans un contexte de concurrence entre propriétaires des moyens de production. (...)
Le pillage de la nature et l'exploitation de la force de travail progressent donc en parallèle comme deux conséquences jumelles de la course au profit.

Ce progrès destructif est réglé quasi automatiquement par les exigences du marché. Aucun mécanisme économique endogène ne peut l'empêcher de se poursuivre. Tout capitaliste qui tenterait de s'y opposer, serait condamné à la mort économique. En fait, la logique immanente du capital implique que la destruction continue tant qu'il y a des ressources à piller et de la force de travail à exploiter : ce sont les seules limites susceptibles de s'imposer d'eux-mêmes au système. Une inflexion ne peut venir que de décisions politiques et celles-ci, pour être efficaces, impliquent de contester les lois du développement capitaliste. Evidemment, de telles décisions se heurtent à la résistance des puissants milieux d'affaires puisque les mesures à prendre menacent leurs intérêts.

Dans le dossier climatique, la résistance a été - et est toujours d'une redoutable efficacité : les avertissements scientifiques remontent à plus de cinquante ans; la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée en 1992; cinq rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) n'ont fait que confirmer la menace avec une précision accrue... et rien, ou presque, n'a été entrepris.
(...)
Cependant, l'inquiétude face aux conséquences des changements climatiques gagne du terrain, y compris parmi certains serviteurs du système capitaliste. Des personnalités, comme l'ex·vice-président et homme d'affaires US Al Gore, l'ex-économiste en chef de la Banque Mondiale Nicholas Stern, ou l'actuel gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney, disent en substance: "lutter contre le changement climatique coûtera cher, oui; mais le réchauffement "anthropique" est une réalité et, si nous ne faisons rien, cela coutera beaucoup, beaucoup plus cher; à terme, cela peut même créer une situation ingérable, mettant en danger l'ordre capitaliste lui-même". Certains secteurs économiques, notamment les compagnies d'assurances, sont très sensibles à cette argumentation (1).

MALGRÉ DES ACCORDS INTERNATIONAUX, EN ROUTE POUR PLUS DE 2°C

Au cours des dernières années, le vent a tourné, les climato-négationnistes ont perdu du terrain et une majorité au sein de la classe dominante mondiale se rallie à AI Gore et Cie.

Cependant, en dépit de tout le battage médiatique, la partie active de l'accord conclu à la COP21 de Paris est constituée des plans climat des États (3), dont l'impact cumulé signifie un réchauffement de 2,7 à 3,7°C  - au moins. A côté de cela, l'accord inclut certes une promesse de ne pas dépasser 2°C, voire 1,5°. Mais celle-ci n'est assortie d'aucune mesure et la nécessité de sortir des combustibles fossiles n'est même pas évoquée. Ce n'est qu'une déclaration d'intentions pour donner à l'opinion publique l'impression que la situation est sous contrôle. Or, la situation n'est pas du tout sous contrôle. A très long terme, un réchauffement de 3°C signifie une hausse possible du niveau des océans de dix mètres. D'autres impacts plus immédiats sont déjà observés sur la production agricole, la biodiversité, la santé, etc. L'urgence est donc maximale. Il suffit de jeter un œil sur les estimations relatives au "budget carbone", à savoir la quantité de carbone qui peut encore être envoyée dans l'atmosphère au cours de ce siècle (...)
Ces simulations sont toutefois biaisées: elles incluent le recours massif à des technologies hypothétiques censées retirer du carbone de l'atmosphère (ce sont les TEN, "technologies à émissions négatives"). Si on ne tient pas compte de ces TEN, le budget carbone pour 2°C est épuisé depuis... 2010. En vérité, nous sommes déjà en route vers plus de 2°C.

Dans la logique du système, le recours aux TEN apparait comme le seul moyen de tenter de concilier la sacro-sainte croissance capitaliste (donc de limiter au maximum "Ia bulle de carbone") et la (très) relative stabilisation du climat de la Terre à un coût estimé comme acceptable pour le capitalisme. Mais c'est peu dire qu'il s'agit de moyens d'apprentis sorciers.

La plus mûre des TEN consiste à brûler massivement de la biomasse à la place des fossiles en captant le CO2, à la sortie des centrales électriques, pour l'enfouir dans des couches géologiques profondes. Les dangers écologiques et sociaux seraient redoutables: concurrence avec les cultures vivrières dans l'utilisation des sols, plantation de gigantesques monocultures industrielles d'arbres à croissance rapide, alignement des prix des produits agricoles sur ceux de l'énergie, expropriation de populations rurales et de peuples indigènes... Sans compter le risque que le CO2 enfoui ressorte des réservoirs à la faveur de tremblements de terre... que le stockage géologique pourrait d'ailleurs provoquer.

Inquiétante, cette réponse capitaliste au défi climatique ne tombe pas du ciel : elle a été élaborée conjointement par les représentants des multinationales et les décideurs politiques des principaux pays. Pour ce faire, lors de la COP20 à Lima, ceux-ci ont institué un "dialogue flexible de haut niveau" avec les grands groupes. L'astuce de la COP21 : "un accord sur 2° à l,5°C pour la galerie, un accord sur 2,7° à 3,7°C pour de vrai, et un accord implicite sur les TEN pour tenter de combler le fossé entre les deux" a été conçu dans le cadre discret de ce "dialogue". Hors de tout contrôle et débat démocratique. Les travailleurs, les paysans, les jeunes, les femmes, les peuples indigènes sont ainsi dépossédés. Le seul moyen pour eux d'avoir prise sur la politique climatique est de mettre du sable dans les engrenages capitalistes et de construire leurs alternatives, par la convergence des luttes écologiques et sociales. Car, en fait, ces deux luttes n'en font qu'une.

(1) La Lloyd's a commandité une étude sur les coûts assuranciels de l'ouragan Sandy qui a ravagé NewYork en 2012. Conclusion des experts : les 20 cm d'élévation du niveau des océans que le réchauffement a provoqués au XXe siècle expliquent 30% de la facture!


Pour en savoir plus:
Daniel Taouro. L'impossible capitalisme vert, Paris, La Découverte, 2010.

http://www.ciep.be/images/publications/esperluette/2016/Esper88.pdf

19 décembre 2015

LE PROJET DE NEWB et la CARTE DE PAIEMENT DURABLE


Le projet de création d'une Banque coopérative en Belgique prend de la consistance avec le lancement de la NewB Card. Elle se distingue de 9 manières différentes et permet aux coopérateurs d'avoir une autre approche des cartes de paiement.

 

Par exemple, avec la NewB Card, vous n'achetez jamais à crédit, vous préservez votre vie privée et vous contrôlez vous-même ce qui est permis ou pas (par exemple pour vos enfants). Voir sur YouTube


Un cadeau durable, éthique et participatif ? Pour vous-même, ou un cadeau original pour les fêtes de fin d'année. Si vous êtes déjà coopérateur, faites-vous également plaisir avec quelques parts supplémentaires.
Et offrir quelques parts de NewB à vos enfants, aux membres de votre famille, à vos amis et connaissances ?


Fin 2015, NewB compte 134 organisations et presque 50 000 citoyens qui veulent construire une nouvelle banque coopérative. Pourquoi ? Pour être en mesure d’affronter les défis financiers de demain. Ceux-ci nécessitent une banque par nous et pour nous, une banque totalement transparente et extrêmement sobre. Une banque qui investisse notre argent dans l’économie réelle et qui œuvre à une société plus durable. Voulez-vous participer ? Devenir coopérateur
Les 12 valeurs et l'identité de NewB

Elles sont l'ADN de NewB et sont inscrites dans les statuts de la coopérative:

- Insertion sociale : à travers des dizaines d'associations et des dizaines de milliers de coopérateurs.
- Simplicité : les produits et services proposés aux clients sont simples à comprendre.
- Sécurité: à travers des investissements dans l'économie réelle. Le gain n'est pas un objectif en soi.
- Durabilité: la banque exclut tout produit ou projet nuisible à l'environnement et à la société.
- Transparence: dans toutes les activités de la banque.
- Innovation: solutions innovantes pour une économie sociale et écologique.
- Participation: le client a son mot à dire.
- Honnêteté: partage équilibré des bénéfices entre les dépôts et les coopérateurs.
- Inclusion:  accès au service pour tous.         
- Sobriété: par une gestion économique et appropriée.
- Diversité: attention pour les différences entre les personnes.
- Proximité: proche des gens.


Good Pay, la carte de paiement durable
 
La NewB Card n’est pas une simple carte de paiement. Elle est unique, car elle ne contient pas moins de 9 Goodies, c’est-à-dire 9 caractéristiques qui feront la différence en termes de la durabilité. Nous sommes fiers de vous les présenter sous le nom commun de GoodPay.

Bon pour la Terre

  • 1. Carte biodégradable
  • 2. Empreinte écologique de chaque paiement
Bon pour l’Homme    
  • 3. Pas de crédit, le solde de la carte est votre budget
  • 4. Paiements anonymes pour une protection totale de votre vie privée
  • 5. Contrôle étendu (montant maximal, désactivation, etc.)
Bon pour la Société    
  • 6. 5 cents versés à une bonne cause pour chaque paiement – sans qu’il vous en coûte
  • 7. Commande de la carte dans les 10 langues les plus utilisées en Belgique
Bon pour l’Economie    
  • 8. Fait partie des cartes prépayées les moins chères en Belgique
  • 9. Prime si vous ne retirez pas de cash en Belgique pendant un an


La NewB Prepaid MasterCard est émise par Prepaid Financial Services Limited conformément à la licence de MasterCard International Incorporated. Prepaid Financial Services Limited est réglementé et autorisé par la Financial Conduct Authority, numéro d’enregistrement 900036. Siège social: 36 Carnaby Street, London, W1F 7DR.



NewB
16 décembre 2015 :
"Jamais le marché belge d’épargne et de placements durables n'a été aussi grand. En 2014, le capital investi de manière durable a augmenté de presque 4 milliards d’euros, bien que l’offre de produits financiers durables aie été plus restreinte. De même, l’épargne durable convainc de plus en plus, comme l’indique le nouveau rapport de Forum ETHIBEL à la demande de MIRA[1]" (Rapports environnementaux Flandre, Vlaamse Milieumaatschappij).
 Duurzaam beleggen bereikt hoogste peil ooit 
http://www.milieurapport.be

https://www.newb.coop/fr/propos-de-newbPROJET

Cadeaux alternatifs #1 : un bout d’éolienne pour 5 €

Je partage les bons tuyaux dont je profite déjà...

Et si vous (vous) offriez un bout d’éolienne ? 
Dans le cadre de sa participation à l’implantation d’ un parc éolien entre Beauraing, Dinant, Hastière et Houyet à Mesnil-Saint-Blaise, la coopérative Enercoop propose aux citoyens d’investir dans ce projet (et ceux qui suivront à partir de 2016) en prenant des parts de 5 € (on peut même aller jusqu’à 1000 parts par personne, soit 5.000 € !). 
Il est possible d’acquérir des parts pour des enfants ou petits enfants, ce qui leur fait un magnifique cadeau tourné vers l’avenir… La coopérative propose en retour un dividende de maximum 6%, accompagné de nombreux avantages dans la centrale d’achats pour le mazout, le bois, les pellets. En devenant coopérateur d’Enercoop, il est ainsi possible de réduire sa facture annuelle de gaz et/ou d’électricité de 5 à 20%.

La coopérative Enercoop.be a pour objectif de gérer des projets de production d’énergie à partir de sources renouvelables : éolien, hydraulique, biomasse, solaire… Elle mutualise les moyens d’investissement pour financer des projets industriels et réaliser des économies en centralisant la consommation et les achats de ses membres. 


Ce qui me parait intéressant à promouvoir, c'est quelle permet le développement d'une participation citoyenne dans des projets d’énergies renouvelables. De cette façon, les pouvoirs publics et les citoyens peuvent se réapproprier les ressources locales, et ne pas les laisser aux mains des multinationales qui font la course pour s'en emparer. 
L'objectif d'Enercoop est de rassembler 10.000 membres et de lever 15 millions d'€ dans les 3 prochaines années.
Plus il y aura de citoyens ayant leur mot à dire dans les coopératives, plus la démocatie sera assurée dans le partage de l'énergie.

Envie de participer à ce projet citoyen et durable ? Toutes les modalités d’achat de parts et la philosophie du projet sont détaillées sur le site d’Enercoop.be!


Voir aussi, dans le même ordre d'idée, la prise de parts coopératives dans le projet de la banque NewB, qui va très bientôt lancer sa carte de banque de toute nouvelle conception.  
Voir...

02 décembre 2015

DEMAIN




Le film DEMAIN, réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent et coproduit par Colibris, sort officiellement en salle ce 2 décembre 2015. 

>>> Connaître les horaires des séances près de chez vous
 
Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ?

Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…


http://www.demain-lefilm.com/

01 décembre 2015

La plus grande mobilisation pour le climat de l'Histoire - Les photos

 Même avec l'annulation de notre événement phare à Paris, la Marche Mondiale pour le Climat de ce week-end a battu tous les records et est devenue la plus grande mobilisation pour le climat de l'Histoire! De São Paulo à Sydney, nous avons été 785 000 à faire trembler le sol de nos pas lors de plus de 2300 évènements dans 175 pays, unis et demandant d'une même voix un avenir fondé sur des énergies 100% propres et renouvelables, qui sauvera tout ce que nous aimons. Nous étions à la une de tous les médias, et l'impact de notre mobilisation commence déjà à se faire ressentir à Paris.

Les mots me manquent pour rendre pleinement justice à la puissance, la beauté et la diversité de l'humanité qui s'est révélée hier, mais ces photos en disent long...

Avaaz, 30 novembre 2015

https://avaaz.org/fr/climate_march_report_back_loc/

27 mars 2015

Vers un enseignement multi-sensoriel


http://fr.euronews.com/2015/03/13/vers-un-enseignement-multisensoriel/

10 janvier 2015

Je suis CHARLIE

Le LIEN (Lien international d'Education nouvelle) et Jean-Paul Quioc ont réalisé cette composition avec près de 60 langues.
(Cliquer pour agrandir)
Voir aussi, à ce sujet, la page d'accueil de mon site www.larcenciel.be
Michel

28 octobre 2014

Niche écologique

«Trouver sa niche», en fonction de ce que nous sommes, de nos aptitudes et aspirations, c'est identifier notre juste place. Se relier, vivre et créer ensemble, entreprendre :  ce sont de nouveaux modes de gouvernance et d’échanges à inventer.

Depuis son commencement, la permaculture ne cesse d’évoluer et de s’enrichir. Du savoir-faire au savoir-être, elle devient un savoir-vivre. Selon Bernard Alonso, professeur certifié en permaculture, elle est maintenant définie comme une approche pour la conception des lieux de vie humaine qui s'inscrivent dans les écosystèmes qui les entourent. Elle propose une culture humaine épanouie, en lien avec sa place dans la nature. Par l’éducation active, la permaculture rend cette approche accessible à tous. L’intention est qu’on puisse réapprendre à observer les cycles naturels et les relations existantes entre chaque élément dans son environnement. Le but est de se laisser inspirer par ces processus naturels pour recréer des milieux de vie abondants dans le respect des tous les êtres impliqués.

Bernard Alonso fait découvrir la permaculture par le développement du cerveau droit intuitif. En constatant les relations des êtres autour de nous, il nous incite à percevoir que l’être humain est lui-même un écosystème en interrelation. L’humain, en tant qu’écosystème naturel, a besoin pour vivre d’interagir constamment avec les autres êtres humains et avec les autres systèmes vivants qui l’entourent.

Chacun peut trouver, par l’auto-observation, sa place dans son écosystème : les lieux et activités où il s’épanouit le mieux. Pour un groupe, trouver sa niche, c’est trouver la fonction du groupe et les besoins qui y sont rattachés, puisqu’un groupe, c’est un écosystème interrelationnel.

La permaculture permet à chaque individu et à chaque groupe de travailler dans sa spécificité en intégrant son environnement, à l'image des écosystèmes naturels. Chacun trouve sa place et le rôle qu'il a à jouer en vue de s’accepter et d’interagir pour vivre ensemble.


VOIR AUSSI Le Passe-jardin